Quelles sont vos grandes qualités ?
Gabriel : On est très propres.
Oscar : De bonne compagnie.
Gabriel : On fait des concerts marrants.
Joseph : Et on est ponctuels aussi.

Vous aviez quand même 20 minutes de retard au rendez-vous..
Joseph : Ce sont les organisateurs qui sont responsables… (sourire)

De quoi parlent vos chansons ?
Joseph : Je ne me suis jamais vraiment posé la la question, mais au final, je dirais qu'elles parlent de filles… de filles qui dansent.
Gabriel : Ce sont un peu des histoires d'amour.

Vous faites quoi comme musique ?
Gabriel : Garage électro.
Joseph : C'est juste de la pop, je crois que c'est ce qu'on devrait dire : on fait de la pop music. C'est sensé en être. Mais bon, ça peut être mal connoté.
Gabriel : Il y a quelque chose qui ne va pas avec cette appellation.
Joseph : Ouais. Certains disent new rave, certains disent électro, je ne sais pas trop en fait. Je serais heureux que les gens disent que c'est de la pop.
Oscar : Moi je considère que je suis dans un groupe pop.



Comment avez-vous commencé à faire de la musique ?
Joseph : J'ai commencé en prenant des cours de batterie à l'école, puis vers onze ans, j'ai pris des cours de guitare. On s'est tous retrouvé à Brighton, je composais des trucs, on pensait pas vraiment que ça deviendrait un truc sérieux et qu'on jouerait vraiment ensemble.

Vous écoutiez quoi quand vous étiez jeunes ?
Joseph : On écoutait tous les Beatles, Nirvana. On a tous les trois été dans des groupes à faire des reprises de Nirvana quand on avait dix-huit ans. On écoutait pas mal de Led Zeppelin, de la pop, on a aussi eu des phases hip hop, grunge, acid jazz. On aime un peu tout, toutes les bonnes mélodies, les belles voix. Ça s'entend plus dans notre second album, il est un peu plus pop que le précédent, avec plus de mélodies, plus de voix.

Comment tu écris tes chansons, Joseph ?
Joseph : J'écris mes chansons avec un petit budget : juste mon ordinateur et moi. Par exemple, pour la chanson Heartbreaker, j'avais une vieille ligne de basse qui traînait sur mon ordinateur depuis trois ans. Un jour, je suis tombé dessus et j'en ai fait une chanson. C'est un peu le bordel dans mon ordinateur. J'explore les dossiers et parfois, je tombe sur un bon truc que je retravaille. C'est un peu de l'archéologie. J'essaye d'imaginer l'état d'esprit dans lequel j'étais au moment où je composais le truc.

Tu as fait beaucoup de remixes, tu en as d'autres qui vont sortir bientôt ?
Joseph : Un remix de Goldfrapp que j'ai fait avec Micheal des Teenagers, il fait des voix dessus, il sort en Angleterre bientôt. Je participe aussi à un projet de remix de la musique du film Tron.

Tu as déjà refusé une offre de remix ?
Joseph : Plusieurs fois.
Gabriel : Robbie Williams !
Joseph : Ouais, je croyais que je pouvais lui faire un remix ; j'ai commencé à bosser dessus, mais je me suis rendu compte que sa voix est chiante. Je n'arrivais pas à le faire. Il y a eu aussi des groupes qui m'ont demandé de leur faire un remix, juste parce qu'ils trouvaient ça cool de se faire remixer, mais quand ça ne m'intéresse pas, je ne le fais pas.

 

 

Tu pourrais remixer n'importe quelle musique ?
Joseph : Ouais, je crois que je pourrais faire n'importe quel style. Je ferais d'abord un essai pour voir si ce serait possible, comme pour Robbie.
Gabriel : T'avais pas dit que t'aimerais bien faire un remix des Girls Aloud (groupe de 5 bimbos vainqueurs de Popstars en 2002 au Royaume-Uni, ndlr) ?
Joseph : Ouais, c'est vrai, j'aimerais bien les remixer celles-là…

Tu as remixé de nombreux groupes, mais tu aimes bien qu'on te remixe ?
Joseph : J'ai pas beaucoup été remixé. Sur le EP My Heart Rate Rapid, le remix de Primary One est assez bon. Il a pris un petit bout de la chanson et il en a écrit une assez différente de l'originale ; elle est cool celle-là. C'est assez bizarre d'imaginer ce que le mec va te rendre et de constater que c'est complètement différent de ce que t'avais imaginé. C'est sympa quand on te fait un bon remix.

Sur scène vous êtes habillés en noir avec un gros rond blanc sur la poitrine, c'est quoi ?
Gabriel : J'aurais bien aimé te dire que ça représente quelque chose, mais en fait c'est juste des lumières super cheap qu'on a trouvées dans un « pound store » (boutique où tout coûte une livre, ndlr). On voulait faire quelque chose pour que nos shows soient plus visuels, plus divertissants. C'est toujours dans notre philosophie low budget, mais bon, c'est pas les trucs les plus résistants qui soient.
Oscar : Ce serait intéressant de savoir combien on en a utilisé. On a fait plus de 200 shows, on a dû en utiliser des douzaines. On a dû dépenser au moins 100 livres dans ces trucs, surtout pour les piles qu'elles contiennent. C'est ça qui coûte cher. On voudrait utiliser d'avantage d'éclairages cheap qu'on achèterait aussi dans les « pound store ». La philosophie de Metronomy, c'est d'utiliser le plus possible d'objets cheap. J'ai acheté des lumières pour ceinture de sécurité l'autre jour, elles sont assez lumineuses, c'est pas mal.
Gabriel : On aimerait bien avoir la pyramide Daft Punk, mais il faut bien commencer quelque part. Pour l'instant, on a des lumières à une livre et des éclairages pour ceinture de sécurité.

Vos impressions sur les concerts que vous avez faits en France ?
Gabriel : On aime beaucoup jouer en France et on est très heureux de revenir jouer ici pour la « We Love » de demain (« We Love », Samedi 22 mars, cité de la Musique à Paris, ndlr).
Joseph : Pour les Transmusicales (2007), j'étais très surpris de la qualité du public, ça s'est super bien passé. C'est différent en Angleterre. Je crois qu'en ce qui concerne l'Europe continentale, les gens vont aux concerts pour s'amuser et danser. En Angleterre, j'ai l'impression que la foule ne bouge pas autant.
Oscar : Ici les gens sont plus ouverts quand c'est la première fois qu'ils te voient en concert, contrairement à l'Angleterre.
Joseph : Je crois que le public Anglais est assez difficile. Même pour les groupes étrangers, c'est assez dur de jouer en Angleterre.
Gabriel : Sauf pour Justice !


 
Quels groupes français connaissez-vous ?
Joseph : Les Teenagers sont des amis à nous.
Gabriel : Tout ce qui est Ed Banger est très populaire en Angleterre.
Oscar : Je devais voir The Shoes l'autre jour, mais je les ai manqués.
Joseph : J'aime bien Kap Bambino, un mec et une fille qui hurlent. Ils viennent de Bordeaux, ils sont vraiment bons. Un peu comme les Crystal Castles, mais en plus rapides.
Gabriel : Poney Poney.
Joseph : Tahiti Boy and the Palmtree Family. J'adore, c'est très 70's, calme, chaleureux, rock. C'est assez mainstream.

Que diriez-vous de votre nouvel album ?
Joseph : C'est un bon album. Il est plus pop que le précédent.
Gabriel : Il y a une chanson sur cet album qu'Oscar n'aime pas, mais à vous, lecteurs, de trouver laquelle.
Oscar : Non, c'est faux.
Joseph : Je crois que les gens vont l'apprécier, il est fun. C'est un album à écouter en conduisant sa voiture, pour un trajet de 45 minutes.
++ www.myspace.com/metronomy

Par Gaetan Boussand // Photos : Nicolas Brasseur.