Cet album est résolument pop, chaque chanson pourrait être un single, c’était ton envie ?

Twin Shadow : Oui c’est toujours mon intention, pas de manière franchement consciente mais je donne toujours tout à chaque chanson, car j’estime que chacune d’entre elles doit aussi être importante que l’autre.

 

Confess est à la fois mélancolique et sexy, tu avais des références en tête ?

Twin Shadow : Pas vraiment, je crois surtout que Confess est plus énergique que Forget, l’album précédent, et ça vient directement du fait que j’ai tourné avec mon groupe pendant un an et demi non stop. J’ai naturellement voulu captiver l’énergie de la scène.

 

 

L’album se nomme Confess, et il est en effet très sincère, très honnête, limite naïf. C’est important la sincérité pour toi dans la pop ?

Twin Shadow : La sincérité c’est comme l’amour, il faut la trouver et c’est de plus en rare. Les gens ne sont plus sincères, les vrais sentiments sont toujours enfouis sous des masques, des postures, des faux discours. Pour moi c’est primordial de savoir rester sincère.

 

Tu as enregistré Confess à Los Angeles et après l’écoute du disque ça paraît évident. C'est le côté ville des rêves inachevé et des illusions perdues qui t'a séduit ?

Twin Shadow : Le choix de Los Angeles est en fait beaucoup plus factuel. Je me suis acheté une nouvelle moto, et quand l’hiver est arrivé j’ai réalisé que je ne pourrais pas la conduire à New York où il fait beaucoup trop froid. Il était hors de question de la mettre au garage car c’était devenu un besoin vital pour moi de l’enfourcher et de faire de la route. Alors j’ai décidé de m’installer dans un coin au soleil, j’ai hésité avec le Texas mais mon choix s’est finalement porté sur la Californie. Je voulais juste rouler, rouler, rouler !

 

En quoi la ville t’a inspiré ?

Twin Shadow : L.A est une ville ouverte et immense, tu as l’océan et puis si tu conduis une heure tu es à la montagne, le désert n’est pas loin non plus, il y a peu de villes qui offrent de telles possibilités. Tout ça peut te permettre de te ressourcer et de créer. J’ai tourné pendant deux ans non stop, je n’en pouvais plus, j’avais vraiment besoin de me reposer, de me retrouver. J’avais besoin de faire le vide, c’est-à-dire plus de fêtes ni de music business pendant un certain temps.

 

Est-ce que ces deux années de tournée t’ont inspiré pour l’album ?

Twin Shadow : Oui définitivement, plein de « crazy shit » se sont passées pendant cette tournée, j’ai beaucoup vécu, beaucoup appris, c’était un tourbillon d’expériences. Beaucoup de rencontres, beaucoup de déchirements, de fêtes, de solitude.
 

Des anecdotes ?

Twin Shadow : Il s’est passé tellement de choses, mais je me souviens d’avoir dansé toute une nuit sur un bateau à Zurich avec mon groupe. On jouait à un jeu, personne ne pouvait quitter la boite avant d’avoir galoché quelqu’un.

 

 

La presse t’as beaucoup comparé à Morrissey et il paraît que tu en as marre. Moi je t’avoue que je ne vois pas le rapport…

Twin Shadow : C’est plus les gens qui en ont marre je pense ! Personnellement je pense que cette comparaison n’a pas lieu d’être effectivement.
 

Pour moi, ton look et ton côté un peu suave me font penser à Prince…

Twin Shadow : Non moi je veux être Jim Morrison ! (rires)

 

 

Confess parle d’amour du début à la fin, c’est quoi la chanson d’amour ultime pour toi ?

Twin Shadow : C’est trop dur comme question (rires) mais j’aurais envie de te dire One More Try de George Michael.
 

Et c’est quoi l’élément nécessaire à une bonne chanson d’amour ?

Twin Shadow : La sincérité, on y revient ! Une chanson d’amour c’est comme dire «  je t’aime »  à quelqu’un. C’est quelque chose de fort, plein de gens le disent mais ne le pensent pas. Quand il y a de l’honnêteté dans une chanson d’amour comme dans une histoire d’amour, ça fonctionne, tout simplement.
 

C’est vrai que ta mère est coiffeuse ?

Twin Shadow : Oui

 

C’est pour ça que tu aimes autant expérimenter avec tes cheveux ?

Twin Shadow : Oui je pense que tout le monde doit essayer d’être charismatique et stylé, ça rend le quotidien plus beau.

 

Kimberly Shaw // Photos: DR.