Vous avez toujours travaillé ensemble en tant que duo ? Est-ce que ce n’est pas compliqué de travailler avec son frère ?

Andrew : Oui, on a toujours travaillé ensemble et non, ça n’est pas vraiment compliqué, car d’aussi loin qu’on s'en souvienne, on a toujours écouté et fait de la musique ensemble. A la maison, nous avons été sensibilisés très tôt à la musique.

 

Qu’est-ce que vos parents écoutaient lorsque vous étiez plus jeunes ?

Daniel : Ils écoutaient beaucoup de Motown, de soul, Marvin Gaye et beaucoup de jazz.

 

 

Daniel, il parait que tu as travaillé avec Beyoncé. Est-elle aussi géniale qu’on le croit ?

Daniel : J’étais musicien de tournée et je jouais avec Robin Thicke qui faisait la première partie pour elle. Je l’ai rencontré à plusieurs reprises mais de manière assez rapide, je dirais même que je l’ai juste croisée ; je ne peux pas dire que je la connais, mais elle avait l’air super sympa.

 

Avez toujours été à fond dans le R’n’B ?

Oui, on écoutait beaucoup de soul. D’Angelo a été une grande influence. Mais en même temps, on écoutait beaucoup de jazz et de rock - peut être que la soul est la colonne vertébrale de notre musique.

 

Qui étaient vos idoles quand vous étiez jeunes ?

Andrew : Quand j’étais jeune, vers 8 ans, j’étais obsédé par Elton John, j’écoutais sa cassette tout le temps.

Daniel : Quand il était petit, on s’est même demandé s’il était gay car tout ce qui l’intéressait c’était de jouer du piano, d’écouter Elton john et de jouer avec son chat (rires). En fait, il a toujours un mode de vie très gay actuellement, il est maniaque et il adore faire à manger... en gros, il est gay, sauf pour les choses qui font de toi un gay ! (rires)

 

Mais tu as finalement travaillé avec lui ? 

Andrew : C’était fabuleux, je n’ai pas été déçu, au contraire. Il m’a inspiré bien plus que je n’aurais pu l’imaginer. C’est une personne vraiment généreuse, en tant qu’être humain mais aussi en tant qu’artiste.

Daniel : Il a dit de mon frère que c’était l’un des meilleurs joueurs de basse qu’il n'ait jamais entendu !

 

 

Et toi, quelle était ton idole ultime ?

Daniel : Moi, c’était 2Pac et Kurt Cobain (rires), c’est des icônes beaucoup plus straights ! (rires)

Andrew : Humm, c’est pas sûr pour 2Pac !

 

Pourquoi ? Tu penses que Tupac était gay ?

Andrew : Je ne sais pas, mais il y a une vidéo sur YouTube de Tupac quand il a 17 ans où il fait très gay, très flamboyant. En tous cas, il y a de quoi se poser la question si tu vois ce que je veux dire.

 

Mais le R’nB’ n’est pas une musique particulièrment masculine non ?

Daniel : Ca dépend, c’est ambigu, tu prends D’Angelo, il a une apparence très masculine. Prince pouvait jouer sur l’androgynie, mais tu sais quand même que c’est un mec, que c'est lui qui mène la barque. Je suis assez fasciné par l’anima, cette part féminine chez l’homme que je trouve très intéressante. La vulnérabilité aussi est fort intéressante chez un homme, elle peut également s'avérer un trait tout-à-fait masculin - comme chez James Brown par exemple.

 

 

Comment se fait-il que vous travaillez avec de telles stars à un si jeune âge ?

Daniel : On a eu de bonnes opportunités, c’est tout. Puis, avec l’expérience, on a réalisé que nous étions véritablement faits pour faire de la musique notre métier. 

 

Et quand avez vous décidé de vous concentrer sur votre propre musique ?

Daniel : En 2009. C'est à ce moment-là que j'ai réalisé que j'étais un artiste à part entière, je n'en avais pas pris conscience auparavant. C’était un processus long à accepter. 

 

Il semblerait qu'on assiste en ce moment à un gros revival R’n’B. Vous confirmez ? Avez-vous remarqué un regain d’intérêt pour cette musique ?

Andrew : Je ne sais pas, car nous, on en a toujours écouté. Je pense au contraire qu’il y a un déclin du R’n’B : en 2002-2003 par exemple, Erykah Badu et D’Angelo étaient au top. Et dans les années 90, c’etait le R’n'B qui régnait, or j'ai l'impression que depuis au moins 5 ans, il n’y a plus de R’n’B.

Daniel : Personnellement, ce qui m'a le plus inspiré c’est le grunge. Rien ne m’a parlé depuis Nirvana. Moi, je pense qu’on est plus rock que R’n'B, du moins dans l’esprit.

Andrew : On sentait que Kurt Cobain était guidé par un besoin irrépressible de faire sa musique, comme nous. Nous, nous ne nous sentons pas R'n'B dans l’esprit et la philosophie, c’est plus notre musique qui se retrouve véhiculée par le R'n'B.

 

 

Vous ne croyez pas que la nostalgie des 90’s revient au galop en ce moment ?

Daniel : Oui, ça fonctionne toujours comme ca, il y a 10 ans, il y eu un revival des années 80. Moi, j’ai hâte qu’on remontre très, très loin. Le philosophe Terence Mckenna a une théorie, « l'archaic revival », qui stipule qu’on reviendra à un moment ou un autre à des temps archaïques.

 

La Californie où vous êtes nés vous inspire-t-elle d'une manière ou d'une autre ? 

Andrew : Notre musique vient de notre coeur, notre localisation ne nous impacte pas. Le message reste le même où que nous soyons.

 

Vous vous êtes d'abord faits connaitre en tant que producteurs. Quel est votre producteur préféré ? 

On aime bien les producteurs de musique de films. On aime la façon dont Terrence Malick utilise la musique dans ses oeuvres. Il peut faire sortir des choses grandioses et magnifiques de petits riens.

 

Accepteriez-vous une troisième personne autour de vous ?

Daniel : On a établi quelque chose qui fonctionne bien à deux, mais on ne sait jamais.

Andrew : En fait, on n'a jamais vraiment essayé. Ce serait éventuellement quelque chose à tenter dans le futur.

Daniel : Si, on a déjà essayé, mais ça n'a pas vraiment fonctionné. Il faut trouver une véritable alchimie... disons qu'il faut que tout s'emboîte.

 

++ Le site officiel et le compte Facebook de Inc.
++ Leur premier album, No World, sera disponible à partir du 19 février prochain.

 

 

Sarah Dahan.