Vous avez déclaré avoir monté un groupe pour vous marrer entre potes, ce n'était donc  pas pour séduire les filles (comme 99% des autres groupes) ?

Sam : Si, cette théorie s’applique pour Will notre batteur, il nous pique toutes les filles - surtout les Françaises, car il parle bien français. Je pense qu’il fera bientôt la couverture du Rolling Stone français, et nous, nous serons à l’arrière plan, tout flous.

 

Comment vous êtes-vous rencontrés ? 

Sam : On s’est rencontrés dans une école bizarre à la campagne, à une heure de route de Londres. J’ai plus tard rencontré Chili a Reading en 2009, j’étais ivre, je jouais de la guitare comme un hippie tout pourri et lui aussi était saoul. Il m’a dit qu’il aimait bien ce que je jouais, qu’il était manager et qu’il voulait travailler avec moi. J’ai bien ri car il fait encore plus jeune que moi physiquement, donc je ne l’ai pas pris au sérieux une seule seconde mais je l’ai trouvé drôle. C’est comme ça que notre amitié est née. Evidemment il est musicien, et on a immédiatement partagé la même passion pour la musique, on savait ce qu’on voulait faire ensemble et ce dont la musique manque actuellement à nos yeux. En gros, ça fait des années que rien ne se passe, qu’on se fait chier, sauf pour WU LYF qui étaient géniaux.

 

C’est quoi l’école bizarre où vous vous-êtes connus ?  

Sam : En gros, c’est une école perdue dans la campagne où toutes les personnes qui y rentrent sont à peu-près normales, mais qui en ressortent complètement tarées. C'est comme une école privée mais pas totalement, les frais de scolarité se paient selon les revenus des parents. Il y a même un mur autour de l’école qui t’empêche de t’échapper. C’était une atmosphère extrêmement oppressante, on était sans arrêt scrutés, on avait l’impression d’être dans Big Brother ! 

Pete : C’est bien pour ça qu’on a développé notre intérêt et notre amour pour la musique, qui nous a grosso modo sauvé de la folie.

 

 

Il paraît  que The Libertines ont eu une grande influence sur vous, c’est vrai ? 

Sam : Oui les Libertines ont été une très grande influence pour moi, ils ont ouvert les portes d’un nouveau monde. C’est par eux que j’ai découvert les Smiths, les Clash,ça a été totalement bouleversant. Pete Doherty est quelqu’un qui tient une place très importante dans la musique en Angleterre. Mon premier souvenir de concert, c’était les Babyshambles à Clapham Common (un quartier de Londres, ndlr) il y avait une telle énergie, c’était électrique, c’était du vrai, du pur rock'n'roll où il était question de vie ou de mort. Depuis lors, je n’ai vu ça nulle part ailleurs.

 

Vous avez été très rapidement signés chez Rough Trade, qui est un label mythique. Comment ça s’est passé ? 

Pete : Oui, on répétait dans un studio, le 180, et le buzz est arrivé assez rapidement, ce qui fait que tous les A&R (dénicheurs de nouveaux talents, ndlr) de la ville se pressaient pour venir nous voir. En fait, on leur disait de venir et on jouait pour eux dans notre studio, comme ça au moins on ne se déplaçait pas. Et puis c’est moins traumatisant que de jouer dans un bureau devant un parterre de gens assis les bras croisés face à toi.

Sam : On a aussi interdit aux gens des maisons de disque de venir avec leurs téléphones portables.

 

Pourquoi avoir signé chez Rough Trade si toutes les maisons de disques se battaient pour vous ? 

Sam : Car elle a été la première qui a voulu nous signer, et on sentait que c’était sincère. C'est de plus un label historique : les Smiths, les Strokes, Arcade Fire, tous sont passés par Rough Trade. C’est le label rock'n'roll par excellence.

 

 

Bon, et sinon ça fait quoi de lire que le NME dit de vous que vous êtes le meilleur groupe d'Angleterre

Sam : Oh, on ne s’en fait pas, ils le disent très régulièrement à propos d’autres personnes. On les remercie, mais il ne faut pas non plus prendre ça trop au sérieux, sinon c’est fini pour nous. 

 

Alors selon vous, qui sera dans un mois le meilleur groupe du pays pour le NME ?

Pete : Childhood sans hésitation. Il sera le meilleur groupe du mois et sûrement des dix prochaines années à venir, à vrai dire.

 

Du coup, vous prévoyez de péter les plombs à quel moment ? 

Pete : Nan, c'est pas vraiment notre genre, c’est plus nos amis qui changent d’attitude envers nous et qui nous disent que NOUS avons changé ! Alors qu’ils sont bien contents d’avoir des potes dans un groupe !

 

 

Ca veut dire quoi, qu’ils peuvent draguer grâce à vous ? 

Sam : Tu ne crois pas si bien dire, récemment on a un copain qui est sorti avec une fille grâce à nous, il lui a dit qu’on était ses potes et comme la fille est fan du groupe il l’a emmené à un de nos concerts et il l’a emballé comme ça - on est un service d’utilité publique en fait ! Mais nous, on n’a pas droit à ça .

 

Mais vous n’en avez pas besoin, vous faites partie du groupe…

Sam : Mais ce genre de situations n’arrive jamais ! Et si on se pointait devant une fille en disant «salut, on joue dans Palma Violets», on aurait juste l’air de gros cons.

 

Vous avez dit que le live est ce qu’il y a de plus important pour vous. Quel est le concert ultime qui vous a le plus marqué ? 

Sam : Les Pixies sans aucun doute, c’était au Troxy, à l’est de Londres, une très vieille salle un peu art déco. C’était un vrai mur de son, un truc de dingue.

 

 

Ah bon ? Moi, je les avais vus à Rock en Seine, et je n’avais malheureusement pas été très emballée...

Sam : C’est peut être à cause du problème de la limite de décibels imposée en France ; c’est d’ailleurs pour cette raison qu’on n'a pas encore fait de vrai concert en France, je pense. On a joué au MIDI Festival mais c’était une catastrophe ! On a une guitare qui nous a pété entre les doigts, du coup, j’ai demandé aux gens du public si à tout hasard ils en avaient une, mais personne ne parlait bien anglais !

 

Alors vous avez fait quoi ? Des claquettes en attendant que ça passe ? 

Sam : Bah, en fait nous sommes plutôt bons danseurs. Il n’y a pas très longtemps, nous étions dans un bar à Camden et on a fait croire à toute une bande d’Allemandes que nous étions danseurs professionnels : elles nous ont cru, il me semble que notre niveau les a impressionné.

 

Quel est votre meilleur souvenir avec Palma Violets jusqu'à présent ?

Sam : Je ne sais pas pourquoi, mais l’enregistrement de l’émission avec Jools Holland (figure emblématique de la télévision et de la musique au Royaume-Uni, ndlr) a été une expérience magique.

Pete : Quand tu vois l’émission à la télé, tu as l’impression que le rythme est hyper-rapide, limite épileptique, alors qu'en réalité c’est hyper-relax. Et en plus tu enregistres avec tous les plus grands groupes du monde à côté de toi, donc c’est vraiment génial.

 

 

Et si vous n’aviez pas été signés par une maison de disques, y aurait-il eu d’autres options pour vous à part la musique ?  

Sam : Non, c’était la musique et rien d’autre. Bien sûr, nous avions des petits boulots pour financer nos sessions de répétitions, mais ce n’était pas envisageable à long terme. Je ne sais rien faire d’autre de toutes façons. Ah si, je suis un bon joueur de cricket.

 

Vous lisez les critiques sur vous ? 

Pete : Nous non, mais je sais que Chili, le bassiste, le fait constamment, il est tout le temps sur Twitter. Mais apparemment, il y a des gens qui écrivent des articles sur le fait qu’on a gâché leur vie, comme quoi on est peut être importants après tout !

 

++ Le site officiel, le compte Twitter et le profil Facebook de Palma Violets.

++ 180, leur premier album, est disponible depuis hier, lundi 25 février.

 

 

Sarah Dahan // Crédit Photos : Tom Beard.