Tu as grandi dans le New-Jersey. Tu écoutais quel type de musique dans ta jeunesse ?

Romanthony : J'écoutais de tout.

 

Ca ressemblait à quoi le milieu musical de l'époque ?

La scène house était bien plus underground qu'aujourd'hui.

 

Et dans les clubs ? Quelles étaient les grosse boîtes de nuit locales, et avaient-elles quelque chose à envier à celles des grandes villes ?

Dans le New-Jersey, il y avait surtout le Club 12 et le Club Zanzibar à Newark. C'était pareil que dans les villes, si ce n'est mieux.

 

 

Qui étaient tes DJs préférés à l'époque ?

Les Latin Rascals, Tony Humphries, Timmy Regisford...

 

Et aujourd'hui, qui sont-ils ?

Tony & Timmy.

 

Qu'est ce qui fait un bon DJ ?

Savoir choisir les bons morceaux à jouer au bon moment et, dans l'idéal, permettre ainsi à l'auditeur ou au danseur d'avoir une véritable épiphanie.

 

Tu joues de la guitare et des claviers. Qu'est ce que ça a apporté à ta musique, d'après toi ?

Une meilleure compréhension de la théorie musicale, indispensable pour composer.

 

 

Alors que penses-tu des producteurs d'électro qui n'ont jamais appris à jouer d'un seul instrument ?

Je n'en pense rien du tout.

 

Ton héros musical, ce ne serait pas Prince par hasard ?

Je dirais plutôt James Brown, Rick James et Jimi Hendrix.

 

Tu as refusé de donner des interviews pendant de longues années. Pourquoi donc ?

J'étais occupé à étoffer mon répertoire, et j'avais le sentiment que je n'était pas assez érudit pour avoir beaucoup de choses à dire.

 

Alors qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ?

J'ai eu l'impression d'être compris, et que mon univers musical était reconnu.

 

 

Tu en penses quoi de cette nouvelle mode qui consiste à considérer les DJs comme des rockstars ?

Je pense que c'est le cas.

 

Tu penses quoi de quelqu'un comme David Guetta ?

Il fait ce qu'il a à faire.

 

Et du phénomène Skrillex ?

Du sang neuf apporte toujours une nouvelle énergie, mais seul le temps pourra confirmer si c'est une tendance de fond ou pas.

 

Dans les années 90, comment es-tu entré en contact avec les Daft Punk ?

Je les ai rencontrés à une conférence musicale à Miami.

 

 

Certains déclarent que ça a bouleversé ta vie. Est-ce le cas, et si oui, en quoi ?

Ca a surtout donné une certaine légitimité à mon action, qui était d'intégralement consacrer ma vie à la musique club.

 

Comment s'est effectuée cette collaboration qui t'a amené à co-produire et à chanter sur deux titres de Discovery ?

Ce qui l'a rendue possible, c'est tout simplement un grand respect mutuel.

 

Sur One More Time, ta voix est autotunée. C'était pour faire comme Cher ?

C'était surtout l'idée de Thomas (Bangalter, ndlr).

 

Qu'est ce que tu en penses justement, de l'actuel engouement sans limite pour Autotune ?

Les évolutions techniques appartiennent à tous, à chacun de s'en servir comme il le souhaite.

 

 

C'est comment de travailler avec les Daft Punk ?

Tellement instinctif qu'on confine à la télépathie.

 

Et de faire la fête avec eux ?

Formidable, ils sont irréprochables de A jusqu'à Z.

 

Tu as joué à la Respect Party au Queen Club à Paris. Quel souvenir gardes-tu de cette soirée ?

C'était une expérience vraiment privilégiée, je me suis senti vraiment très bien accueilli sur les Champs-Elysées.

 

Quel a été l'apport des Daft à la musique selon toi ?
Ils ont tout changé, et même plus que ça. Ils ont apporté un aspect visuel unique à la culture club.

 

En toute franchise, qu'as tu pensé de la bande-son de Tron : Legacy ?

Elle correspond bien au film, et je pense qu'ils ont réussi un sacré défi. Et ce qui est génial, c'est à quel point leur image de robots s'intègre bien à l'univers du film.

 

 

Tu as fondé ton propre label, Black Male Records. Quel était le but de mettre sur pied une telle entreprise ?

Pouvoir livrer ma musique de manière authentique et sans compromis.

 

Pourquoi n'as tu pas sorti d'album depuis l'an 2000 ?

Il n'y a pas de raison particulière à ça.
 

Que penses-tu de l'industrie musicale actuelle ?

Elle est toute ma vie, donc d'une manière ou d'une autre, il faut bien que je m'en accommode et que j'en tire le meilleur parti.

 

Tu es plus connu en Europe qu'aux Etats-Unis. Comment l'expliques-tu ?

Je ne l'explique pas, je l'accepte.

 

Quel est le meilleur morceau que tu aies jamais produit d'après toi ?

Un morceau qui n'est pas encore sorti et qui s'appellera Stay Up 4 Eva.

 

Est-ce vrai que Prince a déclaré être jaloux de ta musique en disant "mais pourquoi je ne fais pas ça, moi" ?

Je n'en suis pas entièrement sûr, mais il est l'une de mes influences principales, donc je serais très heureux qu'il puisse retirer quelque chose de ma musique, autant que moi j'ai pu en retirer de la sienne.

 

Quels sont tes projets à l'heure actuelle ?

J'essaie de m'améliorer dans tous les domaines et de concrétiser du mieux que je peux ma vision de l'existence, avant que le monde doive se farcir la prochaine phase de ma carrière.