Vous avez déclaré que ce deuxième album était une mission que vous deviez accomplir. Pensez-vous que vous avez le pouvoir de guérir le monde ?
Nick Littlemore : Nous allons essayer. «Healing scars with my guitar » comme nous le disions dans la chanson Tiger By My Side.


Il paraît qu’il y a énormément de personnes qui se sont apparemment mariées sur Walking On A Dream. Le but avec cet album est qu’ils fassent des enfants dessus ?
Luke Steele : Oui ! « Welcome To Baby Town ». J’ai une idée pour que l’album se vende à des millions d’exemplaires : on colle un sticker sur la couv de l’album qui dit que les femmes peuvent tomber enceintes grâce à notre musique. (Rires)


Est-ce que vous êtes considérés comme des dieux en Australie ?
Luke : Complètement. Quand on marche dans la rue en Australie les filles tombent enceintes rien qu’en nous regardant. (Rires)
Nick (il regarde autour de lui, l’air inquiet) : Cet hôtel est très bizarre (Nous faisons l’interview dans la cour du Kube Hotel, ndlr). Moi je voulais aller à l’Hôtel, à Saint Germain des près, c’est beaucoup plus cosy qu’ici. Je ne comprends pas ce choix étrange.


Vous pouvez me parler de ces rumeurs qui disaient que Nick voulait quitter le groupe car son contrat n’était pas assez intéressant financièrement parlant ?
Nick : Tu sais c’est Public Enemy qui le disait le mieux : « Don’t believe the hype ».


Vous avez dit que vos chansons étaient un mix entre Fleetwood Mac et Daft Punk, ce ne sont pas les pires références. Pouvez-vous expliciter s’il vous plaît ?
Nick : Je crois qu’on a effectivement dit ça mais il y a un moment déjà. Aujourd’hui j’aimerais pouvoir dire qu’on a notre propre son qui est inspiré par la vie, l’univers, les planètes, l’art culinaire mais aussi les mauvais hôtels.
Luke : Attends je tiens une chanson «  I’m in a bad hotel, nothing works in this bad hotel. The bathroom’s funny, the bar is empty ».  (Rires).

 


La dernière fois que je vous ai interviewés vous m’aviez dit que vos influences étaient le ski, le badminton et l’art naïf, c’est toujours le cas aujourd’hui ?
Luke : Aujourd’hui je te dirais le surf et la pêche. Je pêche beaucoup près du lac à côté de ma maison en Nouvelle-Zélande et ma nouvelle passion est le barbecue. J’aime beaucoup faire griller le poisson que j’ai pêché au barbecue, ça me procure beaucoup de plaisir.

 

Tu as une spécialité ?
Luke : La dorade dans de la croûte de sel, avec du jus de citron et de la mayonnaise. J’avais même pensé rapporter mon barbecue portatif au studio pour déguster du bon saumon entre deux prises de son.
Nick : Avec une petite purée de pommes de terres aux truffes, c’est yummy.


Vous aimez vraiment les arts culinaires alors ?
Nick : J’adore la bouffe !
Luke : On a dîné au Chateaubriand hier c’était tellement bon. On a mangé un plateau de fruits de mer qui a coûté très cher.
Nick : Oui et la tarte tatin olala.
Luke (s’inquiètant du bureau de la réception qui trône en plein milieu de la cour de l’hôtel) : Vous avez vu comme ce bureau est gros ? Pourquoi ? C’est tellement ghetto. C’est bizarre.
Nick : Oui et tu as vu le bar ? Tu vois toutes les bouteilles derrière le comptoir ? Et bien il n’y a rien dedans. C’est très inquiétant.


Vous n’êtes vraiment pas contents de votre hôtel on dirait.
Nick : Mais je te jure il y a des vibes très étranges ici. Franchement on aurait été mieux à L’Hôtel, sur la petite terrasse là.


Oui c’est vrai et puis c’est très sombre à l’intérieur et il faut prendre un ascenseur pour aller aux toilettes…
Nick : C’est sombre pour que les gens ne voient pas la saleté je suis sûr ! Mais en réalité je crois que c’est encore plus grave que cela. Toi qui est journaliste tu te dois t’enquêter sur cet hôtel et les vibes étranges qui s’en émanent.

 


Tu penses que de mauvaises choses se sont passées ici ?
Nick : Je ne sais pas mais tu nous le diras. C’est très mystérieux en tous cas.


Il semble que vous avez pris du recul par rapport au premier album où vous aimiez vous présenter en tant que Lord Littlemore et Emperor Steele. Aujourd’hui j’ai face à moi Luke et Nick, à l’époque vous étiez déguisés et dans la peau de vos personnages pour l’interview..
Luke : Lord Littlemore et Emperor Steele sont nés et ils vivent désormais leurs vies. Nous les avons laissés s’envoler vers leurs propres aventures.

 

Êtes-vous bipolaires ?
Nick : Humm je trouve que le terme « bipolaire » a une connotation assez négative.


Je suis désolée, je ne voulais pas vous blesser.
Luke (se tournant vers une porte qui donne sur la cour) : Il y a un fantôme ici, la porte vient juste de s’ouvrir.
Nick : Viens découvrir avec nous ce qui se cache derrière cette porte, lève toi et nous parlerons de bipolarité tout en marchant.


D’accord. (Nous nous levons tous les trois pour voir de quoi il s’agit : derrière la porte se trouve une salle de conférence dans laquelle des gens en costume regardent un rétroprojecteur sur lequel passe un power point avec plein de graphiques et de camemberts. Il n’y a pas de fantôme. Nous nous rasseyons)
Nick : Si tu veux on peut parler de bipolarité mais ma famille a été touchée par ce problème, et ce n’est pas franchement drôle. J’aimerais plutôt qu’on évoque des choses positives ensemble.


Ok. Revenons à votre mission alors.
Nick : Sur notre premier album, nous rêvions d’avoir des fans et nous les avons obtenus. Donc pour ce second album, nous voulions leur rendre hommage et faire quelque chose qui ait de la valeur a leurs yeux. Quelque chose de vraiment bien.

 


Vous avez déclaré que vos chansons viennent directement des cieux...
Nick : Disons qu’on canalise quelque chose qui vient de plus haut que nous. C’est le processus créatif en d’autres termes.
Luke : C’est un peu la chasse aux trésors le processus créatif. Si tu veux on travaille 24h/24 car l’inspiration peut venir a n’importe quel moment. Tu dois être en stand by

Mieux encore, tu dois être On call.


Nick : Exactement ! Comme un médecin, sur le qui-vive.
Luke : Tu dois être un pêcheur qui a faim !


Tu aimes beaucoup la mer Luke j’ai l’impression.
Nick : Oui je suis Australien. Mais je préfère la culture du surf en Californie bizarrement.


Le premier album a tellement bien marché que vous vous deviez de faire aussi bien pour celui-ci n’est-ce pas ?
Nick : Oui, mais c’est un voyage, ça a pris du temps et de l’énergie. On prend les choses au sérieux.


Est-ce qu’il y aura des hologrammes lors de vos prochains concerts qui jusqu’à présent étaient plutôt grandiloquents ?
Nick : Oui j’adore les hologrammes. Ils sont de retour. Ils sont partout à vrai dire. L’autre fois à l’aéroport à Londres, il y avait une femme en hologramme au niveau de la sécurité, c’était complètement taré ! Un hologramme qui prenait la forme d’une policière en charge de la sécurité.


Et que pourra-t-on attendre de ces concerts ?
Nick : Tu dois attendre. Wait and see ! Le mystère peut être super tu sais.

 

 


Ok ok mais alors que pouvez-vous me raconter ?
Nick : Tu veux de la poésie ? Nous sommes en train de travailler à une chanson en ce moment. C’est un beau message. Ce  sera un duo avec une chanteuse qui n’est pas connue. Elle s’appelle Are You Going To Be In My Life ? C’est vraiment un beau message, tu ne trouves pas ?


Oui. La plupart de vos chansons parlent d’amour mais toujours de manière positive. Or la plupart des artistes disent qu’ils sont plus inspirés quand ils sont malheureux, pas vous ?
Nick : L’amour est positif. Je pense que c’est important de délivrer un message optimiste et positif dans une période aussi sombre et incertaine.


Mais l’amour peut être triste aussi, parfois.
Nick : Alors ce n’est pas de l’amour. L’amour est une chose positive, qui te porte, t’emporte, qui t’exalte et te transcende. The power of love.
Luke : Quand on s’est rencontrés avec Nick, on voulait joindre nos forces pour faire quelque chose d’euphorique. C’est plus de l’ordre du concept que du groupe. On voulait rendre les gens heureux, tout simplement.
Nick : On veut élever les gens.
Luke : Mon père me disait qu’en 3 minutes tu pouvais donner clairement ta vision du monde. Et bien moi en 3 minutes, le temps d’une chanson, j’ai envie d’exalter les gens et de leur passer de bonnes vibes.

 


Sebastien Tellier pour son dernier album a lancé le concept de l’Alliance Bleue où en gros le public financerait ses rêves les plus fous, comme un parc d’attractions et toutes sortes de choses…
Luke : C’est marrant, j’ai toujours rêvé de monter mon parc d’attractions en Californie.


Mais un parc à thèmes Empire of the Sun ?
Luke : Oui pourquoi pas, il faut que j’en parle avec Nick.


Luke tu travailles avec Daniel Johns (l’ancien chanteur de Silverchair, ndlr) aussi, quand est-ce qu’on pourra entendre quelque chose de cette collaboration ?
Luke : Hum ca fait dix ans qu’on bosse dessus, donc je pense que tu pourras l’entendre dans dix ans à peu près (Rires).


 

++ La page Facebook et le compte Twitter d' Empire of the Sun.
++ L'album Ice On The Dune sorti chez EMI est disponible depuis  le 14 juin 2013.

 

Sarah Dahan // Photos : Debaser et David Homer.