Vous avez collaboré avec un certain nombre de musiciens français, que vous les ayez remixés vous (Sébastien Tellier) ou que eux vous aient remixés (Chateau Marmont). Vous avez l'impression qu'il règne une proximité musicale particulière entre les milieux électro français et australien ?

Andrew : Oui, probablement. Mais surtout il y a quelques années, je dirais. A l'époque où l'on a commencé, vers 2006, nous étions beaucoup d'Australiens à être directement influencés par des groupes comme les Daft Punk et, de toute évidence, les sons français ont pas mal imprégné toute la scène australienne. Nous, personnellement, on a sorti nos premières releases sur des labels français comme Kitsuné et ses compilations, ou encore Institubes… Ici, on a rencontré énormément de gens avec qui on a travaillé et du coup, la France était à un certain moment presque devenue notre deuxième patrie. Mais d'une manière générale, oui, l'Australie et la France ont en matière d'électro pas mal en commun. Et puis il semblerait que les deux nations s'apprécient bien musicalement, puisque les Français marchent bien chez nous, et que votre public réserve également un très bon accueil à nos musiciens...

 

 

N'avez vous-pas l'impression que plus ou moins à la suite de votre premier album, le monde de l'électro est entré dans une longue phase de sons rétro-eighties synthétiques dont le public a été bombardé jusqu'à l'overdose totale ? Vous qui avez bien dû évoluer depuis le succès de Dystopia, vous n'avez jamais eu peur que votre son soit catalogué "so 2009" à tout jamais ?

Vincenzi : Oui, je vois ce dont tu veux parler. Mais il faut dire que nous, nous nous sommes toujours perçus comme des petits mecs à part qui font leur tambouille dans leur coin. Nous ne nous sommes jamais réclamés d'une quelconque mouvance. Justement, quand on sort des morceaux, le public attend très souvent de nous que ceux-ci correspondent à un certain type de son, alors nous prenons un malin plaisir à ne jamais vraiment répondre à ces attentes ; musicalement parlant, nous aimons prendre la tangente d'un morceau à un autre. On expérimente. Pour notre deuxième album par exemple, beaucoup de monde nous réclamait un opus très orienté synth-pop rétro, c'est-à-dire collant parfaitement à ce que tu viens de décrire. Mais nous, ce qu'on souhaitait, c'était réaliser un album qui ait un son qui se rapproche plutôt d'une session d'impro live. Au final, c'est donc ce qu'on a fait. Et pour Uncanny Valley, c'est encore différent pour nous. Ceci dit, vu de l'extérieur, je comprends ta question, elle décrit un phénomène qui a effectivement eu lieu - mais qui ne nous a jamais vraiment préoccupé.

Andrew : Evidemment, on est toujours influencé par son environnement. Par exemple quand la vague Justice & co. a déferlé, tout le monde ne parlait que d'eux autour de nous. Trouver un équilibre entre un "son personnel" et un son "à la mode" est difficile quand on est environné de la musique du moment. C'est un travail de tous les jours. Bien sûr, nous étions tentés instinctivement de reproduire les sons que nous entendions en permanence, que nous aimions et qui étaient alors à la mode ; mais justement, nous nous sommes forcés à nous en démarquer, à ne pas produire un son juste parce qu'il est en vogue, ce qui demande un vrai travail pour garder son propre cap tout en restant lucide. Mais en même temps, plus nous nous sommes mis à nous frayer notre propre voie, plus notre direction musicale propre s'est imposée avec clarté.

Vincenzi : Et puis on a toujours aimé travailler tout seuls, dans une optique très DIY.

Andrew : Oui, et puis pour revenir à notre deuxième album, les gens s'attendaient plutôt à y trouver des hymnes club. Résultat ? Le disque ne comporte pas vraiment de morceau du genre "gros kick - grosse basse". Et ça, c'était précisément une décision de notre part, d'aller à contre-courant de cette attente. Parfois, on choisit une direction, un concept, et toute la difficulté est de s'y tenir tout du long - du moins tout le long d'un album.

Vincenzi : En tout cas, on a fermement l'intention de continuer à expérimenter et à surprendre notre public ! Ces deux dernières années, on a ainsi consacré pas mal de temps à des side-projects assez singuliers. On a bricolé des bandes-sons bizarroïdes pour des films d'Art et d'essai et des installations audiovisuelles expérimentales, des trucs d'avant-garde vraiment étranges. Et si on l'a fait, c'est aussi parce que ça permet de garder l'inspiration sans trop s'essouffler. Je suppose que ça s'entend un peu dans Uncanny Valley - enfin, ça devrait vraiment s'entendre dans nos prochaines sorties.

 

 

Quand vous avez formé le groupe il y a environ huit ans de cela, vous aviez déjà les idées claires concernant la direction musicale que vous souhaitiez emprunter ?

Andrew : C'est intéressant d'y repenser parce qu'au début, le groupe, c'était juste Vince et moi. Nous nous étions rencontrés à l'école et on partait dans tous les sens, mais vraiment. On faisait du thrash, des trucs presque punks et on écoutait de la pop…et puis au bout d'un moment, on s'est mis à fond dans l'électro. Et là, la question qui s'est très rapidement posée, c'était : comment exploiter au maximum les possibilités d'un groupe composé de seulement deux personnes ? Et toute notre musique était conditionnée par ce que nous avions alors sous la main. En tant que duo, nous disposions d'un sampler, d'une guitare, d'un clavier et d'un micro, point barre. Nous nous évertuions à sortir le maximum de ce petit matériel. Au début, on n'a donc pas vraiment "développé" de son propre - ça, c'est une thématique qui s'est imposée plus tard -, nous étions encore vraiment dans de l'aléatoire, de l'expérimentation tous azimuts, le tout dans une ambiance de grande excitation liée à la découverte d'un univers entièrement nouveau pour nous. On distordait nos sons de guitare en mettant une boîte à rythmes en boucles sur le sampler, on branchait et on débranchait l'ampli… Et en ce sens oui, notre approche était assez punk. Si on devait résumer les sons qu'on sortait, je dirais qu'ils révélaient assez bien nos influences de l'époque : metal et pop FM ! Tout ce qu'on voulait, c'était être sur scène. On aurait pu devenir un groupe de tout et n'importe quoi, quand on y repense. Parfois, on se prend justement à songer à tous les genres musicaux qu'on aimerait explorer encore aujourd'hui. De la pop 60's vintage ? De la synth-pop hardcore ? Ou alors un truc club vraiment lourd et massif ? Peut-être qu'on arrivera à tout ça en fin de carrière…

Vincenzi : En un sens, je suppose qu'on peut dire qu'on a toujours fait de la musique. En ce qui me concerne, j'ai commencé par faire du violon quand j'avais 7 ans, et à cette époque je jouais dans un quatuor à cordes aux mariages et aux enterrements ! J'ai rencontré Andrew vers 12 ou 13 ans, et je suppose qu'on peut qualifier notre première formation de "groupe à guitares". A cet âge-là, j'écoutais du Slayer…

Andrew : Et en Australie, quand on était enfants, on vivait un peu dans une bulle quand même, même si on avait pas mal de musique de qualité. On n'avait pas encore internet à l'époque, donc je pense qu'on était assez isolés malgré tout. L'Europe, ça nous paraissait très, très loin. On fantasmait pas mal sur "la musique d'ailleurs".

 

Quand est-ce que vous avez pris la décision de ne faire plus que de la musique pour vivre, et rien d'autre ?

Andrew : A peu près au moment où Dystopia est sorti, je dirais.

Vincenzi : Oui, et puis on était en permanence en tournée à ce moment-là.

Andrew : On jouait en Australie, en Europe, aux Etats-Unis… Même si on l'avait souhaité, ils nous aurait alors été quasiment impossible de mener de front une autre activité professionnelle. Du coup, cette décision fut prise assez rapidement. Et puis c'était notre premier album, certes, mais pas notre première sortie : on avait déjà quelques morceaux édités en France. Pourtant, ce n'était pas évident, parce que juste avant que tout ça décolle, on était vraiment très, très justes niveau ressources financières.

 

 

Pour revenir aux phénomènes de mode, on a aussi l'impression que tout ce qui faisait la singularité de votre esthétique (et de celle de quelques-uns de vos confrères) il y a 5 ans est désormais devenu le mainstream hipster absolu : voûtes étoilées, formes géométriques dans le ciel, couleurs de l'arc-en-ciel etc. Ce qui aurait pu être votre album art de l'époque est maintenant imprimé partout sur n'importe quel t-shirt Urban Outfitters. Cette sorte de récupération par la production de masse de ce qui était ultra-branchouille à l'époque, ça vous énerve ? Ca vous déçoit ? Ca vous amuse ?

(Andrew et Vincenzi sourient d'un air entendu et opinent du chef)

Vincenzi : Oui, c'est bizarre de voir les codes visuels de notre milieu d'alors étalés sur des t-shirts H&M dans toutes les déclinaisons possibles ! J'essaie de ne plus trop y penser, mais c'est vrai que c'est un peu douloureux en un sens… J'ai décidé de ne plus me prendre la tête dessus, désormais, je demande à ma mère de m'habiller ! (Tous les deux rigolent) J'essaie d'arrêter de réfléchir à des questions de mode, s'habiller branché, c'est un combat trop complexe à livrer maintenant ! Tant que ma mère veut bien faire office de styliste personnel, ça me va parfaitement - c'est tout ce qu'il me reste en tout cas ! (Rires)

Andrew : Non, mais c'est une vraie question, hein ! Quand on sort un album, on est vraiment obligés de se prendre la tête sur la direction artistique, sur les pochettes… C'est vrai qu'à l'heure actuelle, c'est loin d'être évident de se démarquer. Mais on ne va pas pour autant renier tout ce qu'on aime graphiquement depuis le début et qui continue de nous intéresser. Evidemment, personne ne souhaite devenir une caricature. Mais quand on voit que beaucoup de nos propres critères sont devenus des clichés, la recherche graphique devient plus ardue, oui. Ceci dit, comme on le précisait plus haut, on a toujours été intéressés par plein d'idées musicales à la fois. Donc si on explore différentes choses musicalement, on ne va pas non plus se priver d'évolutions visuelles ! Et au final c'est pas plus mal, parce qu'aussi bien sur le plan sonore qu'esthétique, on a ainsi pu prendre une direction différente avec Uncanny Valley. Personnellement, j'ai progressivement pris mes distances avec l'imagerie et les thématiques de nos débuts. (Pensif) Mais c'est quand même difficile de devoir laisser d'autres gens décider à ta place de ce à quoi tu dois ressembler…

 

Et alors, vous avez une idée de ce qui va être "le pointu" de ces prochaines années ?

Vincenzi : (Amusé) C'est difficile à dire. Je ne sais pas, parfois je cherche juste à prendre du recul et à ne pas m'investir esthétiquement histoire de porter un regard neutre sur toutes ces évolutions, en les suivant de loin, et parfois je suis quand même bien obligé de prendre parti, en donnant mon avis sur nos visuels. Par exemple, il m'arrive souvent d'écarter telle ou telle proposition parce qu'elle ressemble trop à du déjà-vu. Une fois de plus, il s'agit là d'un équilibre complexe à maintenir parce que oui, il est vraiment primordial pour nous de garder des codes visuels qui nous sont propres. Et confrontés à tout ce qu'on voit en magasin…

Andrew : Pour revenir à ta question, moi j'ai le sentiment que les années 90 reviennent en force pour leur côté un peu crado, déglingué. Ca, c'est la grosse mode j'ai l'impression. Alors nous de notre côté, avec Uncanny Valley, on s'est intéressé visuellement à… comment dire… une version revisitée du futur tel qu'on aurait pu le concevoir dans les années 20.

Vincenzi : Oui, par rapport à tout ça, on est dans une optique assez "back to basics" en ce moment, ce qui explique peut-être mon accoutrement d'aujourd'hui ! (il est habillé dans un style plutôt BCBG, en blazer assorti d'une petite cravate rouge sombre, ndlr). Mais bon, parfois, si on est habillés d'une certaine manière sur scène… ben en fait, c'est souvent simplement que le concert est sponsorisé par telle ou telle marque de vêtements.

 

 

Pour parler de votre dernier album proprement dit, comment le décririez-vous en trois mots ?

Vincenzi : (Il réfléchit) Je dirais que c'est un album un peu tordu, un album de… "pop pervertie". On l'a enregistré dans une église des bords de Loire reconvertie en studio d'enregistrement. Si on a procédé ainsi, c'est parce qu'on voulait se retrouver dans un environnement tout à fait nouveau, un environnement dans lequel on s'immergerait pendant plusieurs semaines, tous téléphones éteints, déconnectés du monde, en apnée dans la musique. (Il marque une pause) Du moins, c'était ça l'idée à la base : pouvoir se concentrer sur la musique et la laisser évoluer librement sans être dérangés par quoi que ce soit d'extérieur. Et effectivement, c'est en un sens ce qui a eu lieu, mais… hmm… (pensif, se tournant vers Andrew) non mais c'est vrai, comment on le décrit, cet album ?

 

Je ne sais pas, est-ce que vous pensez qu'on peut dire que c'est un concept-album par exemple ? A l'écoute, on a ainsi l'impression qu'est développée une progression cohérente : on passe de sons "humains" à des sons de plus en plus mécaniques et robotisés, non ?

Vincenzi : (Concentré) Oui… oui. De fait, on peut dire que c'est un concept-album rien qu'au niveau du titre : la "vallée de l'étrange", ça évoque cet univers intermédiaire et inquiétant qui surgit juste avant d'atteindre la perfection. Un univers que nous nous plaisons à explorer, bien sûr. On inspecte effectivement l'insaisissable rapport entre l'homme et la machine qui se fait jour à cet instant-là, ce qui explique pas mal de choses sur nos sons en même temps...

 

A propos de "vallée de l'étrange", vous avez probablement vu Electroma des Daft Punk, où les deux robots se font faire des masques de latex grotesques qui les transforment en caricatures d'êtres humains. Cette image correspond un peu à votre propre conception de cette fameuse vallée ?

Andrew : Oui, je l'ai vu. C'est un film que j'ai beaucoup aimé, mais je dois dire que je n'y ai pas du tout pensé quand on a produit Uncanny Valley. Cette histoire de robots, bien que très bien réalisée, est beaucoup plus littérale que notre conception à nous de ce qui est "uncanny". Nous, on traite plus de musique et de tentatives d'atteindre la perfection par la musique, on s'intéresse moins au devenir-humain. On cherche à rendre l'idée qu'on essaie toujours d'atteindre quelque chose d'inatteignable. Et puis surtout, ça représente bien cet album, précisément parce qu'on a mis très longtemps à le faire ! C'était une vraie bataille que de le sortir, celui-là. Alors oui, on travaille avec des machines, et oui, on essaie d'humaniser leurs sons au maximum, mais l'idée, c'était plutôt de déterminer pourquoi on n'était jamais satisfaits. Je suis un perfectionniste acharné, donc la question qui sous-tend l'album est bien : qu'est ce que la quasi-perfection ? (Rires)

 

 

Et vous pensez qu'on peut encore faire de la pop sans utiliser de machines aujourd'hui ?

Andrew : Je pense que c'est encore possible, mais comme la pop est très "électronifiée" aujourd'hui, c'est devenu beaucoup plus dur. La frontière entre la pop et l'électro est de plus en plus floue. Et puis il est devenu tellement facile d'obtenir un "son pop" aujourd'hui, c'est presque comme si avec quelques presets sur Ableton, on pouvait produire à la chaîne des hits passe-partout qui ressemblent à n'importe quel titre issu du top 10. Disons que la musique générique se fabrique aujourd'hui très facilement. Face à toute cette production bas de gamme, il est donc d'autant plus important d'avoir une approche radicalement différente de la pop, à mon sens. (Rires)

 

En vous écoutant, j'ai l'impression que vous vous situez toujours à la limite du kitsch. Toujours à la limite du synthé un peu trop lourd, de la reverb un peu trop présente, du violon un peu trop grandiloquent… Un peu comme quand on écoute Chrome Canyon par exemple, vous évitez parfois tout juste le "plaisir coupable". Ce serait quoi alors, votre définition du kitsch ?

Vincenzi : (Très amusé) Nous, on aime toute la musique, tant qu'elle réussit à provoquer des émotions dignes d'intérêt ! Il y a beaucoup de musique vraiment kitsch que j'adore sans complexe, parce qu'elle réussit à entrer en communion avec son public. Mais on essaie avant tout de pervertir un peu le genre. On aime bien aussi s'amuser avec des références pas forcément de très bon goût, mais on tente toujours d'emmener ces références vers un ailleurs musical qui leur donne une nouvelle dimension. Moi, j'écoute tout et n'importe quoi, même des trucs très cheesy. Parfois, je me plonge dans de la musique dite plus "sérieuse", et parfois, j'apprécie tout autant de me laisser emporter par des sonorités faciles. (Sourires)

 

 

Déjà, enregistrer un album dans une cathédrale, c'est du lourd dans sa catégorie... Si vous avez procédé ainsi, c'est quand même aussi pour donner une dimension hors-normes à l'album, non ? Pour instaurer une sorte de petite mythologie autour, par exemple ?

Andrew : Probablement, oui ! Mais je pense que justement, il est important qu'un album ait une histoire propre. Effectivement, il se dégage une atmosphère un peu too much de l'album, mais ça ne me dérange pas, au contraire, j'adore. Et puis ça lui confère également un côté cinématographique, une atmosphère grandiose qu'on n'hésite pas à exploiter dans toute sa démesure, même si on peut nous reprocher d'aller parfois trop loin. Moi, je suis fasciné par les ambiances qui cherchent à évoquer des univers lointains. C'est très subjectif en un sens, mais il est intéressant de voir ce que ça provoque comme réactions variées.

Vincenzi : Et puis cette histoire d'église-studio, à la base, c'est simplement par un ami qu'on est tombé dessus : c'est Jono Ma du groupe Jagwar Ma qui connaissait l'endroit, c'était le studio d'un ami à lui. Et on a adoré l'idée de jouer du piano avec un max de reverb sous des voûtes immenses. Tout l'environnement était dingue : c'était près d'un lac et d'un château abandonné… Je ne me rappelle plus du nom de l'endroit, en revanche.

 

Alors pour résumer : quel est le credo des Midnight Juggernauts ?

Vincenzi : (Pensif et amusé) Ouh… Il faut sortir un truc profond, là !

Andrew : C'est vrai ça, on croit en quoi nous ? (Rires)

Vincenzi : Moi, je crois en la confiance qu'on porte à nos frères humains. (Rires) MAIS, mais c'est très probablement dû au jetlag ! Parce qu'en fait, juste avant de venir ici, on était en pleine tournée en Amérique du Sud et on n'arrêtait pas de faire de très longs vols. Et alors que j'étais dans l'un de ces vols interminables, je me suis dit : "je n'ai aucune idée comment cet avion fonctionne, mais je lui porte une confiance aveugle. J'ai énormément confiance en vous, les ingénieurs qui me transportez à des milliers de mètres d'altitude sans que j'ai à me soucier de ma sécurité, j'ai foi en l'intelligence humaine !" (Rires)

Andrew : Et puis il faut préciser que Daniel a raté cette interview parce que deux heures après le décollage de son avion depuis New-York, en pleine mer et à dix kilomètres d'altitude, le pilote a annoncé aux passagers que quelque chose avait percuté l'un des moteurs, et qu'il leur fallait faire demi-tour. Et, bloqué là-bas, il vient de nous confier que sur le chemin du retour, l'atmosphère dans l'avion était extrêmement pesante, comme si… comme si tout le monde ressentait qu'ils étaient peut-être sur le point de mourir. Du coup… voilà notre réponse ! (Rires)

 

++ Le site officiel et la page Facebook des Midnight Juggernauts.

++ Sorti chez Siberia Records, Uncanny Valley est disponible depuis fin juin. Tout comme le reste de leur discographie, l'album est également en écoute complète sur Deezer.

 

 

Scae.