Les vinyles, c’est un peu du fétichisme. C’est plus joli qu’un CD, plus grand. Même quand j’écoute des trucs sur mon ordi, pouvoir mater la pochette en énorme, c’est un truc qui me semble important. Ce vinyle en particulier, je l’ai acheté d’occasion aux puces de Vanves. J’adore cette période de Bowie. Et j’ai découvert une deuxième partie de Heroes en français. Je connaissais déjà la version allemande, mais je n’avais jamais entendu parler de quoi que ce soit en français. C’est assez merdique en fait, Bowie a un accent plutôt pathétique. Mais j’ai demandé à des gens fans de Bowie autour de moi, et ils ne connaissaient pas non plus. Ce n’est même pas écrit sur la pochette... Bizarre.

 

 

 

Morrissey, je suis assez fan de tout ce qu’il fait. Quand j’étais petit, mon père écoutait les Smiths, puis j’ai écouté sa carrière solo, et j’ai un peu appris sur la mythologie dingue de Morrissey : on m'a dit que lorsque les Smiths se sont séparés, ça a déclenché plus de suicides que la rupture des Beatles et la mort de John Lennon réunies. Et j’ai vu Morrissey à Los Angeles, il y a trois, quatre ans. J’y ai vu de gros Mexicains, ultra-tatoués, se tabasser dans la salle. Ces mecs-là, des mecs de gangs, sont fans de Morrissey, parce qu’il parle des minorités, etc. Mais c’est quand même ultra-étrange ce mélange de pop anglaise un peu raffinée, de ce mec végétarien et pseudo-gay, et des chicanos qui se battent à coups de couteaux.

 

 

 

 

Le bouquin de Laurent Garnier. Je l’avais dévoré parce que je m’intéresse pas mal à l’histoire de la musique. Quand j’étais ado, pour moi, il n’y avait qu’un DJ. Laurent était le seul DJ français largement médiatisé. Les autres, c’était un truc un peu plus underground. S’il fallait appeler un DJ à la télé, c’était Laurent Garnier. Donc pour moi, c’était le DJ. Ce qui correspondait pas mal à la réalité, je crois, finalement. Donc il m’a toujours pas mal fasciné, je considère encore aujourd’hui certains de ses morceaux comme des classiques. C’est presque lui qui m’a fait glisser du rock à la musique électronique. Passé un certain temps, t’as l’impression que certaines époques, le début de la techno etc., sont devenues un peu mythologiques, presque fictives. Quand tu lis ça, tu te rends compte que le mec a tout vécu, c’est assez impressionnant. Et à chaque chapitre dédié à une époque, il a mis des petites playlists. Il faudrait que je le relise.

 

 

François Mitterrand, parce que j’ai des parents hyper à gauche, qui étaient journaliste et photographe à Libé quand j’étais môme. Je suis né en 1982, donc je suis clairement de la génération Mitterrand. Depuis, j’ai l’impression qu’on n’a pas vraiment fait de jolies choses pour la France. Je ne suis pas vraiment un ultra-fanboy, mais je suis né là-dedans. Quand je rencontre les kids en soirée qui me disent n’en avoir rien à foutre, je trouve ça un peu navrant. C’est important d’avoir une conscience politique. Je crois que nos parents, de gauche ou de droite, étaient tous un peu plus engagés. Mon père était photographe pour Jack Lang au moment où il était Ministre de la Culture, donc je me sens plus ou moins proche de ce pouvoir-là.

 

 

 

 

Ca, c’est un Theremin. C’est un synthé un peu magique. Tu contrôles ce synthé sans le toucher : ça fait un peu générique de Star Trek. Des sons un peu space, des sortes de violons synthétiques. C’est considéré comme un des instruments les plus durs à jouer au monde ; autant te dire que je ne suis pas un pro de ce truc là. Mais ça me fascine depuis longtemps, je trouve assez magique – à l’époque du tactile, ça reste futuriste. Et puis, il y a marqué Moog dessus. Je me suis en quelque sorte offert un pan de l’histoire de la musique électronique en m’achetant ça. Je l’ai un peu utilisé sur mes disques, même si j’aurais voulu l’utiliser plus.

 

 

 

Les PEZ, j’en fais collection. C’est très "pop culture" - à laquelle je suis complètement accro. Je trouve que c’est une collection assez cool à constituer. Avec ma copine, on s’est dit que le jour où on en aurait assez, on remplirait un pan de mur avec ça. C’est une collection qui ne coûte pas cher, et puis ça se trouve du Monop' en bas de chez moi jusqu’aux Etats-Unis. Ca fait marrer mon fils aussi. Limite, j’ai plus de jouets que lui. Il y a quelques magasins dans Paris qui font des jouets anciens, mais ils sont assez cher. J’aime bien essayer de pas dépenser trop de thunes pour ça : les enchères à Drouot, etc... ça reste des jouets, quoi.

 

 

 

 

Je suis né avec le cinéma américain, accessible à tout le monde. Ca, c’est un film Troma, la boite de production qui a fait The Toxic Avenger. C’est très mauvais, mais assez jouissif : c’est l’allégorie de l’histoire d’amour entre Adolf Hitler et Eva Braun, mais adapté au surf. J’ai aussi Les Mémés Cannibales, dans le genre. Ces films sont nuls, mais ils sont attachants. Le même mec est derrière tout, il a soixante-dix balais, il est complètement timbré. Je l’ai vu une fois : à l’époque de Myspace, il avait vu que je m’appelais comme ça, il m’avait convoqué, et ça me faisait un peu flipper parce qu’il avait refusé à quatre groupes de prendre ce nom-là. En l’occurrence, il m’a dit oui, et il est même venu avec une équipe à mon concert à New-York ; ils étaient habillés en Toxic Avenger et ont foutu un bordel pas possible. Ils m’ont filé des accessoires du film, je ne sais plus où je les ai mis... Le mec a soixante-dix balais, court encore à poil dans les couloirs de sa société… voilà.

 

 

 

Mon Hoverboard. Il ne s'agit pas de la reproduction que Mattel a ressortie récemment et qui est un peu merdique. Celle-ci est assez fidèle et elle doit bien peser dans les trois-quatre kilos. Je l’ai achetée à un passionné qui l’a faite. Retour vers le Futur, c’est le sommet de la popcorn culture américaine. Tu ne peux pas faire plus que ça. J’espère qu’un jour, avant de mourir, je pourrai monter sur un truc comme ça, même si malheureusement il ne ressemblera peut-être pas à l'idée qu'on s'en fait. Je peux me tromper, mais pour moi, c’est le rêve de tous les gens qui ont eu dix ans au début des années quatre-vingt-dix. C’est un fantasme ultime. Le film est encore génial aujourd’hui, je l’ai maté vingt fois. Et puis ça fait surtout tripper mes potes quand ils viennent ici.

 

 

 

Ma Super Nes : Elle est sortie quand j’avais dix ans. C’était le summum de la technologie à l'époque, et aujourd'hui encore, elle reste la meilleure console avec le meilleur catalogue de jeux qui soit. Tu ne pourras jamais tester Street Fighter 2 ou Super Mario World ! Ces jeux-là ont vingt ans, et je peux encore passer la soirée à jouer dessus avec mes potes. Aucune autre console ne fait ça ! En comparaison, rejouer à des jeux de Playstation par exemple, c’est horrible. J’ai testé Tomb Raider sur PSOne l’autre jour, c’est injouable. J’adore les jeux vidéos, je n’y joue pas énormément mais j’ai un truc de Zelda tatoué sur le bras, je fais parfois des émissions sur Game One. Ma copine est un peu pareille et mes potes aussi.

 

 

 

 

On enregistre des trucs ici. En fait, à côté de la maison, il y a un mec qui vend des chaînes hi-fi et son magasin s’appelle «Alain Choukroun, haute-fidélité». C’est devenu une blague avec des potes ; ça nous fait rire à chaque fois d'imaginer le mec déposer le nom de son magasin. En plus, ses chaînes coûtent une blinde.

 

 

 

Rockyrama, ça part d’un site internet et là, ils en ont fait une version papier. C’est un peu un catalogue de tous mes objets réunis dans un magazine. Je trouve la maquette super jolie, et il n'y a que des trucs de plutôt bon goût... Ca ne va sûrement pas se vendre.

 

 

 

Je me suis découvert une passion pour le vin à l’orée de mes trente ans (que j'ai eus il n'y a pas très longtemps). Quand j’étais petit, que mon père me filait du chocolat et que je me rendais compte que c’était la barre Suchard au chocolat noir, j’étais dégoûté et mon père me disait : «tu verras quand t’auras trente ans, quand tu seras grand, t’aimeras le chocolat noir, t’aimeras le vin rouge et t’aimeras le café». Tu me crois si tu veux, mais quasiment le jour d’après mes trente ans, je me suis acheté une machine Nespresso, je trouve le chocolat noir très bon et je me suis mis à acheter de bonnes bouteilles de vin. 

 

++ Romance & Cigarettes, le deuxième album de The Toxic Avenger, sort le 7 octobre chez Roy Music. Il est disponible en précommande sur iTunes.

++ A l'occasion de la release party de l'album, The Toxic Avenger sera à l'affiche de la Machine du Moulin Rouge le 18 octobre prochain.

 

 

Propos recueillis par Robin Korda.