Quand le champion de tennis se doit de gagner Roland-Garros pour pouvoir espérer sortir son premier disque, nos deux hurluberlus, eux, avouent spontanément n’être classés « que 15A » dans ce sport (ce qui, en plus de sembler vraiment faiblard, n’existe même pas…). Qu’importe, ces deux-là ont bien compris qu’il n’était pas forcément nécessaire de s’épuiser en courant des heures après une baballe jaune pour avoir toutes les filles à leurs pieds (même si la rumeur veut qu’ils aient de gros problèmes d’aération de ce côté-là…).
A défaut de savoir remettre une volée dans le terrain, les Housse de Racket préfèrent enchaîner les aces musicaux, distillant petit à petit des tracks délirants qui nous promettent un album aussi pétulant qu’inattendu.

Pour s’en convaincre, il suffit de les voir en concert, débarquant en petits shorts blancs, polos ajustés et visières acidulées vissées sur le front, comme tout droit sortis d’une publicité pour Lacoste, l’air facétieux en plus. Introduits par la voix de Nelson Montfort lui-même, les Housse de Racket, en plus de vous faire danser, vous feront sourire et même beaucoup rire. Avec des rimes aussi improbables que « Ma puissance de feu est tel un chalumeau, Va te consoler chez Lionel Chamouleau » ou encore « Tu rates ton passing-shot, Moi je réussis ma sauce à l’échalote », il pourrait difficilement en être autrement. C’est frais, c’est drôle et ça met de bonne humeur. Ahhhh le sourire… Un concept qui nous semblait bien dépassé depuis l’apparition de tous ces groupes de pop habillés dégueulasses et à l’air savamment ravagé de lendemain de cuite.

Mais, d’ailleurs, pourquoi Housse de Racket ? Et pas Etui de Lunettes, Fourreau d’Epée ou encore Boîte à Chaussures ?? Eh bien, parce que : « Housse de racket comme Racketter la housse ! ». Evidemment ! Phrase certainement tout droit sortie de la bouche pâteuse et molle d’un garçon aplati par une soirée bien arrosée, mais hop!, là où tant des nôtres n’auraient gagné qu’une grosse barre au crâne le lendemain, eux ont tout simplement monté un groupe ! Après avoir écumé quelques salles de concerts originales (« A un concert près de Limoges, il n'y avait presque personne exceptée une rangée d'handicapés psychomoteurs en fauteuils roulants au tout, tout, tout premier rang... »), les voilà qui enchaînent désormais les dates, notamment à Londres il y a quelques jours, ce dont rêveraient bien des groupes qui chantent en français !
Passant du comique au mélodique en moins de deux minutes, Housse de Racket pourrait n’être qu’un groupe de plus au concept novateur, si derrière cette étiquette volontairement légère, les morceaux n’étaient pas aussi bien produits.L’Histoire Inédite ou la Conquête de l’Absolu en est un bon exemple. Destiné à cette fameuse Gwendoline (une journaliste dont Repi Rep est tombé follement amoureux, malgré la horde de femmes en furie prête à lui déboutonner le polo), ce morceau vacille invariablement entre la légèreté de jeux de mots capillotractés et le sérieux d’une déclaration d’amour des plus touchantes. D’ailleurs, on se demande au final si elle n’est pas un peu sourde cette Gwendoline ? Avec une déclaration pareille, un bon nombre d’entre nous auraient craqué… « L'intrigue de notre album à venir c'est "Winners côté court, losers côté coeur". Il faut qu'on tienne tout le disque avec ça... Elle ne peut donc pas tomber amoureuse dès le premier titre ! ». Halala… Cette Gwendoline n’est définitivement pas une fille facile.
Enfin on verra avec la suite de l’album, qui devrait sortir très prochainement puisqu’ils viennent de signer chez Kuskus, le label de Première Heure, youpi !
Vous l’aurez donc compris, Housse de Racket c’est chic, c’est sport, mais c’est surtout de la balle.

Et en attendant l’album, Victor aka Vico Vix a gentiment accepté de nous faire une interview « bonne humeur » pour l’hiver :

Première chanson que tu as aimée dans ta vie ?
Vico Vix : Piccolo et Saxo d'André Pop.

Une chanson à écouter dans la douche ?
Vico Vix : Fantasy d'Earth Wind & Fire.

Une chanson pour faire la cuisine ?
Vico Vix : Le bruit de l'huile qui grésille sous mon steak haché.

Une chanson que tu passes chez toi pour séduire une fille ?
Vico Vix : La B.O d’Un homme et une Femme de Francis Lai.

Une chanson pour faire l’amour ?
Vico Vix : Don't Stop Me Now de Queen.

Une chanson que tu aurais aimé avoir composée ?
Vico Vix : N'importe quelle chanson des Beatles (pas très original mais c'est vrai !).

Une chanson qui te fait pleurer ?
Vico Vix : La Chanson des Vieux Amants de Jacques Brel.

Une chanson pour ton enterrement ?
Vico Vix : Un opus de Bach dont je ne me rappelle plus le titre.

Une chanson que tu as honte d'aimer ?
Vico Vix : Hold The Line de Toto (eh ouais...).

Une chanson que tu es fier de détester ?
Vico Vix : Ma Liberté de penser de Florent Pagny.

Ta chanson française préférée ?
Vico Vix : Les nôtres.

La plus belle chanson que tu as entendue dans un film ?
Vico Vix : Hakuna Matata dans Le Roi Lion.

Le titre de ta prochaine chanson ?
Vico Vix : Synthétiseur.


Par Marion Arbellot // Photos : DR.