Où as-tu grandi ?

James Pants : Un peu partout aux Etats-Unis. Mon père était pasteur, donc on se déplaçait en fonction de ses affectations. J'ai passé mes années d'enfance entre Boston et San Antonio, Texas, ensuite je suis allé au lycée à Spokane, puis j'ai déménagé à Seattle, et me revoilà en ce moment à Spokane. Sacrée histoire…

D'où vient ce pseudo de James Pants ?
James Pants : Quand j'avais 16 ans, mon nom de DJ était Brainchild, d'ailleurs je ne sais pas pourquoi j'avais choisi ce nom parce que je l'ai toujours haï… Ma copine, qui est depuis devenue ma femme, m'appelait toujours « fancy pants » (pantalons classieux, ndlr) ou d'autres surnoms se terminant en « pants ». C'est donc ainsi que je suis devenu James Pants et que je me suis enfin débarrassé de Brainchild.

D'où te vient ton amour pour la musique ?
James Pants : Je pense que ma mère y est pour beaucoup. On n'avait pas beaucoup d'argent, mais elle m'offrait très souvent des instruments, comme des xylophones, des tambours ou des sifflets. Quand j'étais tout gamin, j'écoutais en boucle des albums de Madonna, Whitney Houston et la BO du film Footloose. Je me rappelle aussi que je me cachais dans un carton et que je dessinais des faders et des boutons en faisant semblant de composer de la musique. Je me suis mis à la batterie quand j'avais 11 ans, et j'en ai joué sérieusement jusqu'à la fin de l'université. À 16 ans, j'ai décidé de devenir DJ pour me différencier de tous ces mecs qui étaient dans des groupes de musique.

Sur ta page MySpace, tu cites trois influences musicales : Gary Davis, Gary Wilson, Gary Numan. Tu aimes les Gary ?
James Pants : Oui, je dois dire que j'ai toujours aimé les Gary. C'est un nom qui est dur à assumer, mais qui cache une grande force…

Quand as-tu commencé à produire de la musique ?
James Pants : Au lycée, lorsque j'habitais au Texas. J'avais un groupe de rap du nom de Ballistix, et c'était moi qui produisait tous les beats. Quel nom pourri.. C'était un groupe genre militant pro-black, et j'étais le DJ blanc.

Quand et comment as-tu signé sur Stones Throw ?
James Pants : J'ai signé sur Stones Throw cette année, mais je connais Wolf (Peanut Butter Wolf, le fondateur du label, ndlr) depuis un bout de temps. Quand j'habitais à Austin, je suis allé le voir en concert avec ma copine de l'époque. On a fait connaissance ce soir-là, et on est toujours resté en contact. Je lui ai envoyé beaucoup de mauvais morceaux, mais j'imagine que j'ai fini par m'améliorer. Le fait d'avoir fait un stage chez eux quand j'étais au collège a peut-être aussi aidé…

Es-tu proche des autres artistes du label ?
James Pants : À l'exception de Koushik, tous les gars de Stones Throw vivent à Los Angeles, donc, même si j'y vais souvent, je suis un peu isolé géographiquement. Mais je me sens proche d'eux… Wolf était le DJ à mon mariage, et j'étais le DJ au sien. Tous les artistes du label ont des goûts musicaux très similaires, donc on discute énormément. Liger Berry, le coordinateur de la production, est un sauvage…

Est-ce que Madlib, Dilla, Egon ou Peanut Butter Wolf sont des gens qui t'ont inspiré ?
James Pants : Enormément.

Quand est prévue la sortie de ton premier album ?
James Pants : En janvier 2008. Il s'appellera Welcome. Les gens qui aiment le r'n'b des années 80 et les Silver Apples ont de grandes chances de l'apprécier.

Quels sentiments aimes-tu provoquer avec ta musique ?
James Pants : J'ai vécu dans de nombreux sous-sols au court de ma vie, donc un sentiment qui évoquerait ça… Ma musique est « sous-solesque ».

Quels sont tes trois vinyles les plus précieux ?
Gary Wilson - You Think You Really Know Me
Gary Davis - Chocolate Star
Silver Apples - (leur album éponyme)
2 Live Crew - As Nasty As They Want To Be (Merci de ne surtout pas le dire à ma mère).
Pharoah Sanders - Thembi
Ça fait cinq, désolé.

Trois disques que tu recherches ?
James Pants : The Glass Family, des disques Magma que je n'ai pas, et des maxis de Trax.

Les trois meilleurs magasins de disques aux Etats-Unis ?
James Pants : Unified Groove à Spokane, Crossroads à Portland (notamment pour leur gros choix de très bons disques à 1 dollar) et Sound Exchange à Austin qui a malheureusement fermé récemment.

Tes trois DJs préférés ?
James Pants : PB Wolf, Kenny Dope et Dâm-Funk.

Tes trois producteurs préférés ?
James Pants : Récents : Dilla, Madlib, Traxamillion. Anciens : Peter Brown (pas celui de Do You Want To Get Funky With Me), Kenton Nix et Ced-Gee.

Les trois activités quotidiennes que tu préfères ?
James Pants : Jouer de la batterie, passer du temps avec ma femme et acheter des chapeaux.

Un dernier mot à ajouter ?
James Pants : Je recherche des rappeurs adolescents qui aimeraient remettre au goût du jour la Pee-Wee dance. Si vous en connaissez, contactez-moi. Merci.


James Pants sur Myspace: myspace.com/jamespants.



Propos recueillis par A.C