Ces Miscellanées, c'est une anthologie joyeusement éclectique dédiée au BONHEUR. Oui, le bonheur, ce doux ressenti paisible et bienveillant trop souvent renié et foulé aux pieds, voire même carrément oublié. Interview des responsables de ce sentiment de bien-­être soudain, Agnès Michaux et Anton Lenoir.

 

L’époque est sombre et cynique, pas franchement à la rigolade. Comment avez­-vous eu l’idée de faire un livre sur le bonheur ?
Agnès : Ça fait du bien de temps en temps de se faire un livre «doudou». Le truc qu’on sort de son sac quand ça crispe un peu.
Agnès et Anton : Évidemment, si nous vivions dans une époque de bonheur parfait, on aurait autre chose à faire que de se demander comment être heureux, tu ne crois pas ?
Anton : Et puis, comme le disait si bien Ibsen : «chercher le bonheur dans cette vie, c’est là le véritable esprit de rébellion», une  citation à lire sur la page de tous les dangers : la page 13.

 

Vous n’avez pas eu peur qu’on vous taxe de cucuterie ?
Anton : Dans ce domaine, on est non-imposables…
Agnès et Anton : La photo de chaton ou le girly dégoulinant, c'est pas notre genre ! Ce livre,  c’est du bonheur mais autrement, avec Spike  Jonze, Antonioni, Dolly Parton, Joy Division, Einstein, Hildegard von Bingen et Plastic Bertrand… Bref, des articles et des citations qui claquent !
Agnès : Et comme il est dit en exergue de cet excellent ouvrage : «n’ayez pas peur d’être heureux, c’est juste un bon moment à passer».

 

On se sent bien quand on lit ce livre, même quand on est plutôt du genre cynique grognon. Pensez-vous que la première façon de commencer à être heureux, c'est parler de bonheur ?
Agnès et Anton : Merci ! C’est sûr, on adorerait que le livre soit une sorte de «potion magique» du bonheur, mais comme nous ne sommes pas des gourous diplômés, on donne simplement de bonnes pistes - après, c’est entre les mains des lecteurs.

 

Comment se conçoit un livre patchwork comme celui-­ci ? Comment assemblez­ vous les différentes notes, anecdotes etc. qui le composent ?
Agnès  et  Anton : Du Campari, des clopes, du café et des livres, des films, des souvenirs. Au début ça ressemble à un lendemain de fête, et après, faut bien ranger les verres et vider les cendriers.

 


L’année dernière, vous avez publié Death is a Star – La mort, sa vie, son œuvre (Flammarion), un peu selon le même schéma de compil' pop et éclectique. Pourquoi la mort avant le bonheur ?
Agnès et Anton : J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. Tu préfères la bonne ou la mauvaise ? Ben nous, on préfère la mauvaise en premier !

 

Quel est votre passage préféré du livre ? Pourquoi ?

Agnès : Perso, j’aime beaucoup l’article sur le gaz hilarant. Une histoire surprenante et pleine d’humour noir. Et parce qu’un peu de poésie ne fait jamais de mal, j’ai un faible pour l’article  Thirty­-three shades of pink et toutes ses nuances de rose, notamment le «cuisse de nymphe émue»…
Anton : Happy music for sad people, ma playlist en random pendant toute l’écriture du livre. The Fall, My Bloody Valentine, New Order, Boards Of Canada… bref, que du bonheur.

 

Et vous, qu’est­ ce qui vous rend heureux ?
Agnès : Les Bee Gees.
Anton : Agnès.

 

++ Miscellanées à l’usage des gens heureux (ou désirant le devenir) d’Agnès Michaux et Anton Lenoir est disponible aux Editions Autrement. 142 p., 12€.

 

 

Tara Lennart.