LE COULEUR

 

Qui êtes-vous, que faites-vous ?

Nous sommes un groupe de musique montréalais nommé Le Couleur. Nous sommes trois : Laurence, Patrick et Steeven.

 

Le Couleur : en fait, vous ne parlez pas très bien la France ?

Steve Jobs et da Vinci : "la simplification est la sophistication suprême". 

Donc "Couleur" est simple, le "Le" donne la sophistication. Jouer avec le genre, c'est ce qui est bien avec le français !

 

Comment décririez-vous votre musique à ceux qui ne vous connaissent pas ?

Disco-électro-futuriste-'80s en français !

 

Qui sont vos idoles musicales ?

The Wings, Abba, Michael Jackson, Blondie, Lio, Ellie et Jacno, Air, Stereolab, Sébastien Tellier.

 

Le festival de jazz vient de s'achever, vous y êtes passés ? 

Nous avons participé au Festival de jazz avec le groupe Beat Market. Nous avons chanté leur version remixée de l'un de nos titres, Vacances de '87.

 

 

Mais nous ne sommes pas allés voir des spectacles. Nous sommes enfermés dans notre studio pour l'enregistrement de notre prochain EP.

 

Il y a des centaines de festival à Montréal : le pire et le meilleur selon vous?

Les meilleurs festivals : M pour Montréal et Les Francofolies. Le premier pour avoir la chance de jouer devant des délégations venant des quatre coins du globe, et les Francos parce qu'elles t'offrent une belle opportunité d'être sur de grosses scènes devant des milliers de personnes. Le pire festival : Juste pour Rire. Je n'ai jamais compris ce festival, je n'ai jamais compris les blagues dans ce festival.

 

C'est quoi le truc le plus canadien qui puisse exister ?

La chaîne Tim Hortons (notre Starbucks à nous, où le café est dégueu).

 

Où faut-il aller boire des bières, beaucoup, à Montréal ?

Dans les "tavernes", autrefois interdites aux dames. Ça, c'est pour les aventureux. Il y a de grosses bières pas chères mais pas très bonnes, du karaoké, des machines à sous. Pour les plus classes : Le Sparrow (où vous pourrez rencontrer les membres d'Arcade Fire), L'Alexandraplatz, Le Tokyo Bar.

 

Où faut-il aller danser ?

A la Datcha, le nouveau bar-boutique appartenant au frère de Tiga (voir plus bas notre interview de Thomas Sontag sur son projet LANDR, ndlr), situé sur la rue Laurier. Avant, il y avait le bar Royal Phoenix où Lisbon Lux, notre label, a organisé plusieurs soirées électro-disco mémorables, mais l'endroit vient tout juste de fermer...

 

Où manger ?

Au Café Europea : hyper-cher, mais hyper-bon.

Au Kam Shing : un restaurant chinois typique avec des tables en rond - y aller en groupe, c'est génial.

Et sinon, les cafés du Mile-End sont très sympathiques.

 

Le meilleur quartier de la ville ?

Rosemont-La Petite Patrie ; il y a une vie de quartier, on y est tranquille et on y trouve de nombreux parcs. C'est comme vivre en forêt urbaine. Il y a aussi des bars et bistros sympas. C'est dans ce quartier que nous vivons tous les trois. On a aussi installé notre studio à deux pas d'ici.

 

Comment draguer un(e) Montréalais(e) ?

Pour une Montréalaise : NE PAS LA SIFFLER, NE PAS LA COMMENTER ! Lui faire des beaux yeux et être drôle (ne pas aller au festival Juste pour Rire, quoi). Pour un Montréalais : être simple, intelligente, avoir du style.

 

Votre pire souvenir de 2014 ?

Quand Steeven s'est brûlé les cheveux à cause du séchoir qui a explosé sans crier gare. Quand Patrick s'est fait attaquer par des voyous qui voulaient lui voler son iPhone. Il s'est bien défendu par contre : il a cassé ses lunettes et il s'est fait casser le nez, mais il a récupéré son iPhone et les voyous en question sont désormais en prison.

 

Pouvez-vous me raconter une blague canadienne ?

Oh my God ! On n'en connait qu'une seule :

Pourquoi les Newfies ont-ils de la difficulté à faire s'endormir leurs enfants le soir ? C'est parce qu'ils leur chantent des chansons à répondre !

 

Elle mérite une petite explication : les Newfies, ce sont les gens vivant au Newfoundland, c'est à dire en Terre-Neuve. Pour nous, ce sont comme les Belges pour les Français. Dans la cour d'école, quand nous étions petits, on capotait sur les blagues de Newfies... On pouvait passer 20 minutes à s'en raconter.

 

 

MISS ME

 

Qui es-tu, que fais-tu ?

Je m'appelle MissMe. Je fais du vandalisme artistique public.

 

Ca fait combien de temps que tu fais du street art ?

Depuis quatre vies... ou cinq, si l'on compte celle ou j'étais une licorne marxiste-léniniste.

 

Le festival de jazz vient de s'achever, tu y es passée ? Tu écoutes du jazz ?

J'y suis passée, mais c'est vraiment intense, il y a un monde fou... et ça n'est plus vraiment un festival de jazz, c'est devenu plus un festival de musique en général. On y trouve peu de jazz pur. Et à part ça oui, j'écoute du jazz. Tous les jours.

 

Le jazz : mort ou vivant ?

Mort ? NON ! C'est peut-être une musique vue comme d'une autre époque, (même s'il y a encore et toujours du nouveau jazz hyper-contemporain), mais comme toutes les musiques de qualité ayant une longue histoire, le jazz est une musique éternelle.

 

C'est quoi le truc le plus canadien qui puisse exister ?

Le hockey.

 

Où faut-il aller danser ?

Au Peopl., au Salon Daomé.

 

Où manger ?

Il y a tellement de super restos à Montréal ! Imadake, Byblos, Le Tri, Aux Vivres, Le Sparrow, La Khaima...

 

Où aller pour voir du street art ?

Un peu partout... Dans le Quartier Latin, à St. Laurent...

 

Comment se porte la scène street art à Montréal ?

Bien, bien : elle grandit.

 

La police est cool avec vous ?

...no comment.

 

Comment draguer un(e) Montréalais(e) ?

Une Montréalaise se drague difficilement - ce sont elles qui draguent ! Mais avec du charme, de l'intelligence et pas de manières artificielles.

 

Les Montréalais sont-ils/elles plutôt faciles ou farouches ?

"Facile" n'est pas adapté. En ce qui concerne les filles, elles sont accessibles - c'est à dire pas snobs -, simples et gentilles. 

 

Tu peux partager avec nous un souvenir honteux à Montréal ?

Une cuite extra-monumentale qui à bien failli m'emmener à l'hôpital !

 

Une tendance horrible qui a vu le jour en 2014 ?

Le fait que les gens prennent de plus en plus Instagram au sérieux, alors que ce truc est en train de devenir d'une vacuité sans bornes.

 

 

CHASSOL

 

Qui es-tu, que fais-tu ?

Je m'appelle Christophe Chassol, aka Christophe Chassol. Je suis musicien.

 

Tu as participé au Festival de Jazz. C'était bien, tu y as vu qui, tu y as fait quoi ? 

C'était hyper-bien. J'y ai vu mon ingé' son Johann Levasseur, mon batteur Jamire Williams, Laurent Saulnier qui nous y a programmé. J'y ai revu les gens de l'année dernière car nous y avions joué Indiamore trois soirs de suite au Musée d'Art Contemporain de Montréal. J'ai bu pas mal de coups à la Maison de la Presse que nous avions (Johann et moi) déjà spottée l'an passé et où le vin est gratuit pour les artistes. J'ai fait pas mal d'interviews, une émission de radio avec Isadora Dortial et Marc H'Limi de Radio Nova. Nous avons joué notre nouveau spectacle Big Sun sur les Antilles toujours au MAC, et ce deux soirs de suite. Nous sommes sortis hyper-tard chaque soir... et comme l'an passé, j'ai terminé à 6h du mat' sur les hauteurs de Montréal à jouer du piano sur un piano public en regardant la ville avec des jackpotos. Ça te plaît la poésie?

 

Tu écoutes du jazz ? 

Oui. Enormément.

 

Quels sont tes musiciens de jazz préférés ?

Miles Davis, Chick Corea, John McLaughlin, Hubert Laws, Don Sebesky, Terry Riley (hé ouais, lui aussi c'est du jazz), Steve Reich (hé ouais, c'est du jazz), Leonard Bernstein (du jazz), Christian Vander (du jazz magma).

 

Et albums ?

Jack Johnson, Bitches Brew et Big Fun de Miles Davis ; Light as a Feather de Return To Forever ; The Inner Mounting Flame du Mahavishnu Orchestra ; Giant Box de Don Sebesky ; A Rainbow in Curved Air de Terry Riley ; Six Pianos de Steve Reich ; West Side Story de Leonard Bernstein ; Udu Wudu de Magma.

 

Le jazz : mort ou vif ?

Créativement parlant, pas mort du tout. En ce qui concerne le business c'est autre chose. Mais bon, le jazz, c'est de la musique classique, et à présent, le jazz a infusé tellement de musiques qu'il ne mourra jamais. Et puis le jazz, c'est aussi l'idée de l'improvisation, donc c'est un concept qui paraît assez éternel.

 

Où faut-il aller boire des bières, beaucoup, à Montréal ?

À la Maison de la Presse pendant le festival, c'est gratuit.

Dans ma chambre d'hôtel, c'est gratuit.

Sur les hauteurs du Montréal, y a des pianos.

 

C'est quoi le truc le plus canadien qui puisse exister ?

Un pomme juice.

 

As-tu déjà essayé de draguer une Montréalaise ? Echec ? Succès ?

Nope.

 

Tu peux partager avec nous un souvenir honteux à Montréal ?

Nope, je ne sais pas tout ce qu'implique "nous". Mais il y en a quelque-uns. Un soir, j'ai eu très peur... enfin, j'ai été surpris par un gros raton laveur tout là-haut sur le mont à 5h du mat'.

 

Tu as écouté quoi comme musique cette année ?

J'ai fait une musique de film en janvier pour Toni Marshall. Le brief était de faire un mélange Sinatra / Gainsbourg / Melody Nelson. Donc, j'ai pas mal ré-écouté tout cela. En février, je suis parti trois semaines en tournée en Inde, j'ai donc continué d'écouter MS Subbulakshmi et ses chansons dévotionnelles ainsi que le plus fameux joueur de flute indien, Bansuri Hariprasad Chaurasia. Pendant cette tournée, j'ai aussi écouté chaque jour en boucle un morceau de 51 minutes et 48 secondes de Terry Riley, Descending Moonshine Dervishes, de façon un peu obsessionnelle.

A ce moment-là, j'ai aussi beaucoup écouté les chansons hongroises de Kodaly chantées par le Kodaly Girls Choir. Magnifique. Ensuite, en mars, je suis parti tourner Big Sun aux Antilles et j'ai ré-écouté pas mal d'Eugène Mona et de Malavoi. Sur place avec Johann Levasseur mon ingé' son, nous écoutions pas mal de Siriusmo.

Puis, de retour à Paris, j'ai travaillé sur l'écriture de Big Sun et j'ai fabriqué - donc écouté - ma propre musique pendant 2 mois et demi. Pendant tout ce temps, je n'ai pas cessé un seul jour d'écouter Zombies de Magma. J'ai un peu écouté du Diplo. Et beaucoup la B.O. de Jeremiah Johnson par John Rubinstein et Tim McIntyre, ainsi que Rodéo d'Aaron Copland. J'ai beaucoup joué Indiamore en concert, donc je l'ai également énormément écouté. Voilà, nous sommes donc en juillet et j'écoute la B.O. de Rosemary's Baby de Kristof Komeda... c'est magnifique et bien flippant. J'ai trouvé le vinyle dans une caverne d'Ali Baba londonienne.

 

Tes meilleurs souvenirs de 2014 ?

- Notre concert fin février au Rajasthan sous la pleine lune à 1h du mat'... au milieu des dunes... au milieu de nulle part...
- L'écriture et la direction d'une trentaine de cordes pour un film dans un studio génial de Bruxelles ;

- Le tournage de Big Sun lorsque nous suivions les parades de singes dans Fort-de-France ;

- Avoir enregistré sur le piano qui a servi à la composition de My Way aux Studios East / West à L.A. ;

- Plusieurs nuits à travailler aux Studios Abbey Road vides en compagnie de Frank Ocean ;

- Un concert très réussi au Grand Mix à Tourcoing et un au Jam de Montpellier ;

- Le concert d'Indiamore devant beaucoup de monde au Worldwide Festival de Gilles Peterson ;

- Notre concert de Big Sun plein à craquer à la Cité de la Musique le 2 juin dernier.

 

Le pire ?

Le résultat des élections européennes.

 

Une tendance horrible qui a vu le jour en 2014 ?

Cf. ci-dessus.

 

Peux-tu me raconter une blague canadienne ?

C'est un Canadien qui va chez le psy.

 - Bonjour docteur, j'ai un problème avec ma femme... Ma femme se prend pour moi.

 - Mais amenez-la moi, Monsieur.

 - Mais je suis là, docteur.

 

Voilà... bon, ça peut fonctionner avec toutes les nationalités en fait.

 

BEAT MARKET

 

Qui êtes-vous, que faites-vous ?

Nous sommes Beat Market, ou «le Canard-Bouc Duo». Nous faisons de la musique électronique live.

 

Comment décririez-vous votre musique à ceux qui ne vous connaissent pas ?

Un duo qui fait de la French - en fait Canadian Touch sur scène. Un batteur + un joueur de synthés. C'est le futur et c'est vintage en même temps. Du heavy disco qui fait danser.

 

Vous arborez tous les deux une longue crinière frisée : qui est votre coiffeur ?

Soul Glow.

 

Y a-t-il une scène électro à Montréal, ou juste des groupes qui bossent chacun de leur côté ?

C?est un "work in progress". Il y a quelques labels électroniques dans des genres divers (techno, electrotrash). On vient de rejoindre le nouveau label Lisbon Lux Records, qui propulse de plus en plus le genre nu-disco - French Touch d'ici, et qui développe des projets racés (Le Couleur, Das mörtal, Fonkynson etc.). Sinon, je dois dire que beaucoup de groupes travaillent seuls de leur côté. L'électro gagne du terrain à Montréal depuis quelques années, et ce notamment grâce à l'arrivée massive des Français, mais pas encore assez en région au Québec.

 

Le festival de jazz vient de s'achever, vous y êtes passés ? Vous écoutez du jazz ?

Nous avons tous les deux une formation jazz à la base. On s'amuse beaucoup plus dans la musique électronique pour le moment.

 

Le jazz, vous pensez que c'est une musique morte ou une musique encore bien en vie ?

Le jazz est vivant, mais... on trouve que beaucoup de musiciens de jazz sont égocentriques sans trop le savoir. Ils ont les connaissances techniques pour jouer de la musique dans plusieurs styles différents avec un peu n'importe qui. Mais ils se limitent à jouer du jazz dans sa forme standard avec des solos improvisés qui n'en finissent plus. Ces musiciens devraient se demander «est-ce que la musique que je joue en spectacle divertit vraiment les gens qui l'écoutent ? Et sinon, puis-je améliorer mes prestations d'une manière ou d'une autre ?». En plus de ça, ils négligent le visuel qui est très important aussi. C'est un peu comme la musique contemporaine, c'est un milieu ou la jeunesse est un peu boudée pour laisser place aux "grands pontes" du genre, ce qui sclérose le style musical. Du coup, nous, on aime des artistes comme Brian Blade ou Robert Glasper, qui mélangent le jazz avec d'autres styles comme le hip-hop, le folk et l'électro, ce qui donne des résultats très impressionnants.

 

C'est quoi le truc le plus canadien qui puisse exister ?

Le sirop d'érable !

 

Où faut-il aller boire des bières, beaucoup, à Montréal ?

Au bar Dieu du Ciel.

 

Où faut-il aller danser ?

Aux Piknic Électronik.

 

Où manger ?

Si tu es Français, tu passeras forcément par La Banquise pour manger une poutine à 4h du matin. Comme partout, il y a de grandes tables chères, mais on trouve aussi des petits secrets bien gardés. On est chanceux à Montréal, on mange très bien facilement. C'est l'avantage d'une ville si cosmopolite. À essayer : Le Dépanneur Pick-Up. Leur veggie pulled pork et leur club chipotle sont fou raides.

 

Le meilleur quartier de la ville ?

Le Plateau Mont-Royal et le Mile-End.

 

Comment draguer un(e) Montréalais(e) ?

Boire beaucoup d'alcool et rester chill.

 

Les Montréalais sont-ils/elles plutôt faciles ou farouches ?

Faciles ! Les gens sont ouverts. Ce sont les filles qui cruisent (draguent, ndlr) les gars maintenant !

 

Pouvez-vous partager avec nous un souvenir honteux à Montréal ?

Faire quatre titres live avec le clic qui sort dans la salle (le métronome électronique calant le tempo de la batterie pour le live, ndlr). More cowbell !

 

Vos meilleurs souvenirs de 2014 ?

Le Jazzfest 2014 évoqué précédemment, et le souper annuel chez grand-maman.

 

Le pire ?

Un certain lendemain d'une veillée avec beaucoup trop de drogue et d'alcool.

 

Une tendance horrible qui a vu le jour en 2014 ?

Les putains de jeans taille haute. Arrêtez ça.

 

Pouvez-vous nous raconter une blague canadienne ?

Faites juste écouter François Pérusse. Tout est là.

 
 

JEF BARBARA

 

Qui es-tu ? Que fais-tu ?

Je suis Jef Barbara et je chante.

 

Montréal : décris cette ville en trois mots.

Bilingue, culturelle, électronique.

 

Tu habites dans le quartier queer ? C'est où d'ailleurs le quartier queer : le Mile-End ?

Je ne sais pas s'il y a un quartier queer mais il y a un quartier gay qui s'appelle Le Village. Je n'habite pas dans Le Village.

 

Le festival de jazz s'est récemment achevé : tu écoutes du jazz ?

Rarement.

 

Ton musicien de jazz préféré malgré tout ?

Thelonius Monk.

 

Le jazz : mort ou vif ?

Oui, le jazz est mort presque de la même façon que le latin l'est, et que le rock, qui est quasiment mort d'ailleurs.

 

Il y a des centaines de festivals à Montréal : le pire et le meilleur d'après toi ?

Je n'aime pas les festivals.

 

C'est quoi le truc le plus canadien qui puisse exister ?

Le sirop d'érable ou le hockey.

 

Où faut-il aller boire des bières, beaucoup à Montréal ?

Chez moi.

 

Où faut-il aller danser ?

Chez moi.

 

Où manger ?

Chez moi.

 

Une technique spéciale pour pécho un mec de Montréal ?

Être moi, darling.

 

Les Montréalais sont-ils farouches ?

Oui.

 

Raconte-nous un souvenir honteux à Montréal ?

Je me suis tellement défoncé à Noël l'an dernier que j'étais devenu un légume devant tout le monde.

 

Tu as écouté quoi comme musique cette année ?

Je n'ai pas écouté de musique cette année.

 

Quels sont les groupes et musiciens de Montréal à surveiller ?

Je ne sais plus, il y en a tellement... il faudrait demander aux agences de pub qui ont le doigt sur ce qui est hot à Montréal.

 

Tes meilleurs souvenirs de 2014 ?

Noël en famille.

 

Le pire ?

Le conflit à Gaza et le crash du vol MH17.

 

 

THOMAS SONTAG / LANDR

 

Qui es-tu ? Que fais-tu ?

Je m'appelle Thomas Sontag, aka Thomas Von Party. Je m'occupe du département Artists & Repertoire chez Turbo Recordings et Multi Culti, je gère un club qui s'appelle la Datcha et je travaille en tant que chef de com' dans une start-up de nouvelles technologies vraiment formidable et basée à Montréal : MixGenius.

 

LANDR, c'est quoi au juste ?

LANDR, c'est un service de mastering instantané et révolutionnaire s'appuyant sur la technologie du cloud. Développé par MixGenius, ce système fait appel à des algorithmes intelligents, ainsi qu'à ce qu'on appelle communément le "big data", afin de permettre aux musiciens de terminer leurs titres en les peaufinant parfaitement. Il faut envisager LANDR comme une sorte de patine finale, un peu comme la correction colorimétrique une fois arrivé à l'étape de la post-production quand on travaille dans la photo ou la vidéo. Une autre comparaison possible, ce serait celle d'un maquillage élégant qu'on applique sur une femme pour faire ressortir sa beauté naturelle... (Rires) Zut, je suis désolé, je m'étais promis à moi-même de ne jamais employer cette analogie !

 

Tu peux nous décrire Montréal en trois mots ?

C'est. Mieux. L'été !

 

Le festival de jazz de Montréal vient de s'achever. Tu écoutes du jazz ?
A dire vrai, non, pas beaucoup.

 

Ton musicien de jazz favori ?

Si on considère que Jon Hassell fait du jazz, alors ce serait lui. Je suis un très grand fan de son travail : ce type sait vraiment se servir des cuivres. Je recommande tout particulièrement l'écoute du titre qu'il a enregistré avec Brian Eno et sur lequel il joue l'intro, Ambient 4.


Le jazz : mort ou vif ?

Comme pour tout ce qui concerne l'Art et la musique, le jazz naît d'une forme pure qui n'a de cesse d'évoluer et d'influencer tout ce qui vient après elle, donc en un sens, il y a un peu de jazz en tout. Ce serait d'ailleurs une définition très fidèle à l'esprit du jazz, il me semble...


Beaucoup de comiques et d'humoristes des USA proviennent en réalité du Canada. D'après toi, comment se fait-il que les Canadiens soient si marrants ?

Parce que nous faisons les cons ! Et d'ailleurs, le meilleur humoriste de tous, c'est Louis CK (Américain d'origine hongroise et mexicaine, ndlr)...

 

C'est quoi le truc le plus canadien qui puisse exister ?

Bonne question. La première chose qui me vient à l'esprit, c'est Ron Maclean et Don Cherry, les présentateurs canadiens de la Hockey Night qui se parent chaque année de coquelicots à l'occasion du Remembrance Day (fête nationale canadienne en l'honneur des anciens combattants, symbolisée par le port d'une fleur de pavot à la boutonnière, ndlr), mais je suis sûr que je peux trouver un truc plus représentatif encore... Oh mon Dieu, je sais : Tim Hortons !

 

Où faut-il aller boire des bières, beaucoup, à Montréal ?

Dans mon club, la Datcha.

 

Où faut-il aller danser ?

Idem, dans mon lieu !

 

Où manger ?

Des amis à moi viennent d'ouvrir un restaurant franchement dingue, le Bethlehem.xxx. Il y a une ambiance unique, et en même temps, c'est une sorte de club privé totalement en marge. Cet endroit rameute tout un tas de gens à la fois créatifs et bizarroïdes. Chaque mois, la cuisine se consacre à une nouvelle identité gastronomique cheloue, du genre "cuisine internationale pervertie", comme la cuisine coloniale italienne du Jubaland (ex-territoire italien en Somalie, ndlr)... Leur truc, c'est de faire des expérimentations culinaires géopolitiques complètement barrées, où rien n'est fait comme il faut, sauf que de temps à autre, quelques plats incroyables surgissent aléatoirement sur le menu. C'est génial !

 

Tu peux nous raconter un souvenir personnel particulièrement honteux lié à Montréal ?

Être assis là il y a cinq minutes en train de me creuser la tête pour trouver une réponse à cette question.

 

Comment draguer un(e) Montréalais(e) ?

Si tu as les moyens de lui offrir un verre, t'es déja bien parti. Ca te donne d'emblée un avantage notable sur tous ces hipsters sans un rond.

 

Tu as écouté quoi en 2014 ?

Surtout beaucoup de Connan Mockasin. Ce type est formidable. Je suis également très excité à l'idée de sortir notre prochaine compilation chez Multi Culti !

 

Un nouveau groupe montréalais à suivre de près ?

Secret Secret Girl

 

Ton meilleur souvenir de 2014 ?

Voir en concert AFX, Connan Mockasin, Paranoid London et mon frère Tiga à Glastonbury, c'était épique sur tous les plans.

 

 

CHLOE ROBICHAUD

 

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis une fille qui a la chance de faire ce qu'elle aime dans la vie, tous les jours. Je vogue de l'écriture de scénarios à la réalisation ou au montage, selon les projets. Je n'aime pas du tout la routine, alors mon rythme de vie me convient bien. Je suis réellement accro au cinéma. 

 

Quand as-tu commencé à travailler sur ta série Féminin/féminin (sur l'univers lesbien, ndlr) ? Etait-ce un long parcours compliqué avant de réussir à la faire exister ?

C'est Florence Gagnon, présidente du site web de référence LezSpreadTheWord, qui m'a d'abord approchée avec l'idée. J'ai été séduite par son désir de montrer l'amour au féminin sous un angle réaliste et positif. Après est venu le temps de l'écriture des épisodes et du montage financier. Le processus de financement était plutôt ardu parce que c'était important pour nous de créer notre propre portail de diffusion

 

Comment décrirais-tu la série à ceux qui ne l'ont pas vu ?

C'est une série web de 8 épisodes qui décrit le quotidien d'un groupe d'amies lesbiennes et bisexuelles, le tout sur fond humoristique. C'est une série qui mélange les codes de la fiction et du documentaire pour livrer (je le souhaite) une forte impression de réalisme.

 

Tu es contente de sa réception critique et publique ? 

Absolument. Je voulais rejoindre un public international et c'est le cas. Nous nous approchons des 300 000 clics par épisode. Les échos sont aussi très bons.

 

Le festival de jazz vient de s'achever. Tu en écoutes ?

Je ne suis pas une experte, je l'avoue. J'en écoute parfois. Je trouve ça toujours inspirant et planant comme type d'ambiance.

 

Le jazz : mort ou vif ?

Pas mort du tout. Et la grande popularité du festival de jazz de Montréal le prouve bien.

 

Il y a des centaines de festivals à Montréal : le pire et le meilleur selon toi ?

Le meilleur à mes yeux est le Festival du Nouveau Cinéma, un événement qui présente le meilleur du cinéma contemporain. Chaque année, il offre aussi une superbe sélection de courts-métrages internationaux et québécois.

Le pire ? Hum... Disons seulement que le Festival des Films du Monde a des difficultés depuis quelques années...

 

Où faut-il aller boire des bières, beaucoup, à Montréal ?

Bière ou vin, je recommande La Buvette chez Simone. L'été, j'adore la terrasse de l'Alexandraplatz. On peut aussi s'amener des bouteilles au Parc Laurier et se faire un pique-nique à plusieurs. 

 

Où faut-il aller danser ?

Encore faudrait-il que je danse ! Malheureusement, le bar queer du Mile-End à Montréal, le Royal Phoenix, vient de fermer. A vrai dire, il s'agissait du seul endroit où j'aimais danser. J'ai récemment fait la découverte du bar L'Appartement 200. On n'y danse pas nécessairement, mais c'est très sympa.  

 

Une technique spéciale pour pécho une fille à Montréal ?

Vous parlez à une fille qui est en couple depuis un bon bout de temps déjà, alors mes techniques sont peut-être un peu désuètes... Blague à part, je crois qu'il faut juste être sincère et authentique, ne pas avoir peur de dire les choses ou d'inviter pour un verre.

 

Les Montréalaises sont-elles plutôt faciles ou farouches ?

Elles savent ce qu'elles veulent.

 

Peux-tu nous raconter un souvenir personnel honteux lié à Montréal ?

J'ai déjà eu et porté un t-shirt rose des Canadiens de Montréal (équipe de hockey de la NHL, ndlr). Pourtant, ce n'est pas vraiment ma couleur... Heureusement, je ne l'ai porté qu'une seule fois !

 

C'est quoi le truc le plus canadien qui puisse exister ?

Le hockey. Si vous voulez vivre une vraie expérience canadienne, allez voir une partie de hockey pendant les séries éliminatoires au Centre Bell

 

Tes meilleurs souvenirs de 2014 ?

La soirée de projection exclusive de la saison complète de Féminin/féminin fut vraiment un moment incroyable. L'ambiance était électrisante.

 

Le pire ?

Un vol en avion avec beaucoup trop de turbulences.

 

Une tendance horrible qui a vu le jour en 2014 ?

Les gens de mon quartier commencent de plus en plus à poser d'énormes pancartes devant leur terrain pour éloigner les gens ou les animaux de leur carré de pelouse ou de leurs plates-bandes. La pancarte est souvent tellement grosse que de toutes façons, on ne voit même plus le terrain en question derrière...

 

Peux-tu nous raconter une blague canadienne ?

Le problème avec les blagues, c'est que je ne m'en rappelle jamais.  

 

 

TOPS

 

Vous êtes qui, vous faites quoi ? 

Je m’appelle Jane. Je suis musicienne - c’est-à-dire que je suis chanteuse avant tout, mais je joue aussi de la flûte et des claviers, et en ce moment, j’apprends la guitare en sus. Le groupe compte aussi David, qui est un compositeur et musicien très talentueux. Il joue de la guitare et de la basse, et nous travaillons main dans la main pour tout ce qui concerne la production et l’enregistrement en studio. Quant à Riley, c’est notre batteur, au sens classique du terme : il utilise une grosse batterie bien rock et il se concentre sur tout ce qui est rythmique. Enfin, Madeline nous rejoint sur scène avec sa basse, l’instrument qu’elle a choisi d’utiliser au sein de TOPS. Elle a une prédisposition naturelle pour la musique, et d’ailleurs, elle chante parfois sur scène avec nous et s’occupe d’enregistrer les chœurs sur nos morceaux.

 

TOPS, on peut l'entendre comme «les plus cools», non ? Etes-vous vraiment si cools que ça en vrai ?

TOPS, ça signifie «les meilleurs» (en français dans le texte, ndlr). Tenter d’être cool est une perte de temps. J’apprécie les gens qui savent quelles sont leurs véritables valeurs et qui restent fidèles à celles-ci quelles que soient les circonstances, les gens qui se mettent au service de leurs passions et qui expriment ce qu’ils sont vraiment sans faux-semblants. Peut-être que c’est ça, la définition du cool ? En tout cas, ça me plairait que ce soit le cas.

 

Comment vous êtes-vous rencontrés tous les quatre ? 

J’ai rencontré Madeline en primaire et David au collège. Je ne suis pas vraiment restée en contact avec eux en grandissant mais j’ai gardé de très bon souvenirs d’eux enfants. Et d’ailleurs, tous les deux sont en très large partie restés fidèles à eux-mêmes : David a toujours été espiègle, et Madeline a toujours été une fille très douce un brin gothique. Par la suite, David et moi avons rencontré Riley à La Brique, une sorte de loft dans lequel nous répétions. Cela fait à peu près un an que nous jouons ensemble tous les quatre, et je dois dire que ça se passe très bien !

 

2 filles / 2 mecs : c’est qui le patron ?

J’emmerde les patrons - TOPS ne fonctionne pas comme un fast-food ! Nous partageons tous une même philosophie : chacun est libre de faire ce qu’il souhaite comme il le souhaite, et d’autant plus qu’il s’agit d’Art et de musique. A tout prendre, je dirais que David et moi-même formons un duo de compositeurs, ce qui est un schéma en réalité assez courant. Une fois que nous avons écrit les chansons, nous encourageons les autres membres du groupe à articuler leurs talents autour des morceaux. De cette façon, TOPS donne vie à la structure hybride et étrange qu’est la fusion de nos trois cerveaux. Riley et David sont assez sensibles au fait qu’en tant que chanteuse, il m’est primordial de vraiment croire en ce que je chante, et d’autre part, ils me laissent la main libre sur l’aspect visuel - voire carrément cinématographique en ce qui concerne les clips - parce qu’ils sont convaincus que c’est avant tout à moi de m’exprimer à travers TOPS. Du coup, ils ont tendance à me conférer une certaine autorité sur le groupe - ou plutôt une certaine liberté, devrais-je dire, d’autant plus que notre objectif commun est vraiment de nous épanouir artistiquement au sein du groupe tous autant que nous sommes.

 

Montréal en trois mots ?

Madeline : Never-Neverland

Jane : Pastime-Paradise

Riley : Tous-les-jours-c’est-dimanche-et-toutes-les-nuits-c’est-samedi !

 

C’est comment, le milieu du rock indé’ à Montréal ? Vous avez le sentiment d’en faire partie, ou du moins de faire partie d’un milieu local bien défini ?

Cela fait quelques années que nous vivons et que nous faisons de la musique ici, donc forcément, je connais beaucoup de musiciens, mais en vérité, peu d’entre eux font du rock indé’. S’il faut vraiment contextualiser notre musique, je pense qu’il faudrait plutôt partir de notre ville natale et des gens qui, comme nous, ont grandi à Edmonton, en Alberta. Beaucoup de groupes provenant de là-bas ont quelque chose en eux de très rock - et je pense à Mac DeMarco, Alex Calder, Homeshake, voire même Sean Nicholas Savage… Tous ces gens qui jouent des instruments. Ceci dit, on s’inspire aussi de nos collègues musiciens de Montréal. Montréal, c’est le genre de ville où l’on peut trouver des formations extrêmement différentes qui vont jouer ensemble un même soir tout en offrant un spectacle totalement hétéroclite, mais où le tout se terminera par une fête qui durera toute la nuit. Les gens sont vraiment ouverts, et ils n’hésitent pas à soutenir des projets très différents. Je pense qu’il est primordial de prendre cet aspect-là en compte pour appréhender la richesse musicale provenant de cette ville.

 

Votre décennie musicale préférée ?

Ca, c’est une question vraiment délicate qui nous a fait intensément réfléchir ! Au final, on s’est plus ou moins mis d’accord sur la période 1975-1985, mais en réalité, il est quasiment impossible d’y répondre… Quoi qu’il en soit, cette décennie-là couvre la plupart des groupes new-yorkais que nous adorons, et puis c’est aussi une époque où pas mal de groupes utilisaient les synthés de manière assez créative. Cette période, c’est aussi celle des meilleurs albums de Steely Dan, et celle qui a vu naître Sonic Youth… Et enfin, c’est aussi l’époque à laquelle Haruomi Hosono (de Yellow Magic Orchestra, ndlr), Ryuichi Sakamoto et Akiko Yano ont réalisé leurs plus belles compositions. J’adore la musique japonaise de ce temps-là !

 

Pouvez vous nous citer trois de vos influences principales?

Fleetwood Mac, Blondie, Sade.

 

Est-il plus dur de percer à Montréal pour un musicien anglophone que pour un musicien francophone ?

Non, du tout. Alors oui, il est clairement plus dur d’y trouver du travail, mais le coût de la vie ici est vraiment plus qu’abordable, et puis les gens n’ont pas du tout tendance à discriminer les pauvres ou les catégories sociales défavorisées, ce qui est très agréable. La musique, c’est vraiment un milieu de plus en plus internationalisé aujourd’hui, donc à mon sens, la langue qu’on parle influe peu sur la carrière qu’on peut y mener.

 

Quelle est la plus belle chose que vous ayez entendue propos de votre musique ?

Qu'on me dise que ma voix est unique. Ca, et puis j’adore aussi quand les gens me racontent à quelle période de leur vie ils nous ont écouté, ou à quels souvenirs précis ils rattachent notre musique. 

 

Quel est le point commun entre les artistes du label Arbutus dont vous faites partie, et comment décririez-vous cette maison ?

En tant que label, Arbutus est bien mieux décrit par ses valeurs que par sa musique. Tous les artistes s’attachent à forger une musique authentique, une musique qui vient du coeur et qui se révèle spirituelle par bien des aspects. Avec Airick des Doldrums, nous avons pas mal discuté de l’éthique musicale et de la créativité en général, et je dois dire qu’on est vraiment sur la même longueur d’onde. Quant à Raphaelle (de Blue Hawaii et de Braids) et moi, nous avons régulièrement des conversations vraiment passionnantes à propos du chant et de la musique. Nous sommes toutes deux des chanteuses pour lesquelles la musique est quelque chose de très personnel, alors on arrive bien à se comprendre. En ce qui concerne notre son à nous, je pense que TOPS se rapproche surtout de ce que font Sean Nicholas Savage ou Tonstartssbandht, parce que tous les autres groupes signés sur le label sont vraiment plus dans l’électro qu’autre chose, ce qui n’est pas notre cas. Et puis sur le plan musical, j’entretiens une relation particulière à Sean Nicholas Savage parce que c’est lui qui a lancé ma carrière de chanteuse, c’est lui qui le premier m’a montré les ficelles du métier… et parce qu’il continue d’être une grande source d’inspiration pour moi.

 

Le festival de jazz vient de s'achever. Tu en écoutes ?

Ah bon, c ‘est fini ?! Stevie Wonder a donné un concert gratuit au festival il y a quelques années, et encore aujourd’hui, je me mords les doigts de ne pas y être allée… J’écoute Nina Simone, c’est l’une de mes artistes préférés - ainsi que Miles Davis aussi, évidemment. Quand on était en tournée avec King Krule, j’ai regardé la série de documentaires sur le jazz qu’a réalisée Ken Burns, et c’était très inspirant. Je me suis rendu compte que tous ces excellents musiciens tournaient avec des groupes dont je n’avais jamais entendu parler. 

 

Ton musicien de jazz préféré ?

Charlie Parker est clairement le premier musicien qui m’a transmis la passion de faire de la musique quand j’étais ado. Je me rappelle qu’au début de mes cours de flûte, j’ai acheté une partition de ses morceaux en solde dans un magasin de musique, et j’ai appris tous ses solos, sur lesquels j’improvisais pendant des heures et des heures. Cette pratique m’a permis de grandement améliorer ma technique musicale. Aujourd’hui en tant que chanteuse, je m’inspire beaucoup de Billie Holiday, qui possède une approche vraiment unique et libre : elle s’entourait de musiciens et se plongeait à fond dans la musique, tout simplement. J’essaie de faire de même.

 

Le jazz, mort ou vif ?

D’après moi, le jazz a pas mal souffert de la direction qu’il a prise ces dernières années : il est devenu une sorte de discipline. A mon sens, le jazz est aujourd’hui dominé par une approche assez pédagogique, ce qui n’est pas vraiment fidèle à son essence originelle. Mais on trouve quand même encore beaucoup de musiciens qui en jouent en s’amusant sans limites, des gens qui improvisent à un haut niveau tout en laissant libre cours à leur créativité ; du coup, je crois que pour déceler ce qu’il y a de meilleur dans le jazz aujourd’hui, il faut regarder ailleurs, vers d’autres genres musicaux. Le jazz est vivant dans ce qui sort du domaine du jazz.

 

Beaucoup de comiques et d'humoristes des USA proviennent en réalité du Canada. D'après toi, comment se fait-il que les Canadiens soient si marrants ?

LOL, j’en sais rien ! Moi, les seuls trucs auxquels ça me fait penser, c’est aux fameuses phrases de Jim Carrey «somebody stop me !» et de Mike Myers «groovy, baby»…

 

C'est quoi le truc le plus canadien qui puisse exister ?

Les hosers !