Tu es née et tu as grandi à Notthingham. Es-tu encore basée là-bas, ou as-tu déménagé pour des raisons liées à ton activité de musicienne ?

Veronica Sampson (Ronika) : Oui, je vis à Londres depuis un an désormais. J’adore Nottingham, mais je sentais bien qu’il fallait que j’aille voir si l’herbe est plus verte ailleurs ! J’ai d’abord déménagé à Barcelone pour trois mois et j’ai adoré. C’est une ville magnifique ; tous les soirs, j’allais me balader sur mon skateboard le long de la mer, pour voir le coucher de soleil ou pour prendre un bain de mer en fin de journée. Mais en fait, c’est très dur d’être productif dans un pays où il fait aussi beau. C’est interdit de rester enfermée et de travailler sur ton ordinateur quand il fait aussi beau et que tu as la mer juste à côté ! J’ai donc décidé de partir vivre à Londres où le temps est dégueulasse mais où je pourrais travailler comme je l’entends... (Rires) Il faut dire qu’à Londres, je me sens aussi beaucoup plus connectée à la scène musicale - j’aime beaucoup y vivre en tout cas. 

 

 

Quelle était ta relation à la musique quand tu étais plus jeune ? Savais-tu dès ton plus jeune âge que c’était ce que tu voulais faire, avais-tu des idoles ?

Je chantais en permanence lorsque j’étais enfant - en un mot comme en cent, je ne savais jamais la fermer. Je ne sais pas d’où ça vient : ma famille n’est pas musicienne, mais la musique a toujours fait partie de moi. Quand j’étais enfant, mes idoles étaient Michael Jackson, Janet Jackson, Madonna... et aussi Nine Inch Nails, à cause de mon frère. Puis, quand je suis devenue ado, mes idoles sont devenues Sly Stone, George Clinton, Prince, Lauryn Hill, Chaka Khan, Stevie Wonder. Et mes héros électros se nomment Daft Punk, Röyksopp et Air.

Je me suis mise à écrire et à composer quand j’avais 13 ans, c'est-à-dire au même âge où j’ai entamé les cours de guitare. Ensuite, j’ai commencé à traîner dans un studio du coin pour enregistrer et produire mes propres chansons. 

 

Te souviens-tu du premier disque que tu as acheté ?

J’ai le souvenir d’avoir demandé le disque de MC Hammer pour Noël, et j’ai appris U Can’t Touch This par coeur. Ne me teste pas sur les paroles, je risque de te faire peur ! 

 

 

Il est difficile de ne pas penser à Madonna lorsqu’on t'écoute. J’imagine qu’elle a été une influence majeure pour toi... Quelle est sa période que tu préfères, et pourquoi ?

Oui, j'étais vraiment très fan de Madonna quand j’étais enfant ; j’avais The Immaculate Collection, qui m’a permis de découvrir ses toutes premières chansons. Il est dur de choisir une période en particulier. Evidemment, j’aime beaucoup ses deux premiers albums avec John "Jellybean" Benitez et Nile Rodgers, mais Like A prayer qu’elle a réalisé avec Patrick Leonard est l’un de mes titres préferés. J’aime également beaucoup des morceaux plus récents comme Music ou Hung Up.

 

La mode semble être très importante pour toi. Tu as une icône spécifique dans ce domaine ? 

Oui, le personnage de Patricia Arquette dans True Romance. J’aime quand c’est trashy et coloré. Et puis sinon, j’adore David Bowie dans Labyrinth !

 

Que penses-tu de la scène R’n’B et soul en Angleterre représentée par des femmes hyper-douées comme Jessie Ware, Katy B et beaucoup d’autres ? Te sens-tu proche d’elles d’une manière ou d’une autre ?

Je trouve que les deux chanteuses que tu viens de citer sont mortelles. Je ne la connais pas personnellement, mais j’ai fait un concert à Londres avec Jessie Ware et AlunaGeorge et c’était très cool. Il se passe quelque chose au niveau des chanteuses anglaises en ce moment. C’est très inspirant.  

 

 

As-tu l’impression de faire partie d’une scène ou d’une “famille” quelconque ?

Oui, j'ai une bande de potes qui m’inspirent quotidiennement et avec qui je fais de la musique, mais ils proviennent tous d’horizons assez éclectiques. Quand j’ai participé à la Red Bull Music Academy, je me suis constitué une famille, c’était génial de pouvoir rencontrer des gens avec qui tu es exactement sur la même longueur d’ondes.

 

J’ai entendu dire que tu es une grande geek. Tu adores passer des heures en studio ?

Pour moi, la phase d’enregistrement, de production et de mixage est tout aussi importante et créative que l’aspect du songwriting. J’ai fait des études d’ingénieur du son, donc ce processus m’a toujours intéressée. Et puis ça me permet de tout faire moi-même.

 

 

Est-ce que tu aimes faire des concerts aussi ?

Oui, à fond ! Jouer des chansons en live les amène à la vie. Et puis quand tu vois un public qui danse sur tes chansons et qui chante les paroles, tu te dis que tout ce travail valait le coup.

 

Tu sortais beaucoup à Nottingham quand tu étais ado, paraît-il. Est-ce que tu vas encore beaucoup en club ? Et si oui, lesquels sont tes préférés ? 

Oui, je sors toujours beaucoup, mais c’est de plus en plus pour voir des amis jouer. Je vis à l’est de Londres, et là-bas, tu trouves les meilleurs endroits : Le Xoyo, le Plastic People, The Nest, le Village Underground, le Cargo et le célèbre Fabric

 

++ La page Facebook et le compte Soundcloud de Ronika.
++ Disponible ici, son premier album Selectadisc est en écoute intégrale sur le site du NME.

 

 

Sarah Dahan.