Avais-tu une ambition particulière en commençant la photographie ?

Kevin Cummins : Non, pas vraiment. D’ailleurs, j’ai longtemps évité de considérer cette pratique comme un métier possible. En fait, j’étudiais l’anglais à l’Université de Warwick lorsque le frère de mon amie, qui me savait passionné de photographie, m’a demandé pourquoi je ne l’étudiais pas. Bizarrement, je ne l’avais jamais envisagé comme une option, peut-être parce que mes parents auraient eu du mal à l’accepter. J’ai tout de même fini par m’inscrire à l’Université de Salford en photographie et en graphisme.

 

Ton père était photographe pourtant, non ?

Oui, mon grand-père également. Ils étaient tous les deux photographes amateurs. C’est en partie eux qui m’ont appris le métier et qui m’ont poussé à m’intéresser aux travaux d’autres photographes pour comprendre comment faire passer un message à travers la photo. J’ai fini par trouver un poste dans une imprimerie où je bossais deux jours par semaine. Ça m’a permis d’avoir accès aux équipements dont j’avais besoin pour réaliser mes propres expérimentations photographiques. Puis, j’ai commencé à travailler pour le NME en 1977. C’était un vrai travail de collaboration avec les journalistes. Même si j’allais déjà régulièrement en concert, je pouvais à présent y aller pour le boulot. C’était très satisfaisant. Quand j’ai fini l’école, la scène punk de Manchester a commencé à éclore. C’était comme une évidence pour moi : je me devais de la documenter.

 

D’ailleurs, tu as longtemps collaboré avec Joy Division, les Smiths ou les Stone Roses. Comment as-tu évolué au sein de ce petit monde du rock ?

En fait, on évoluait au sein des mêmes groupes de personnes. On était amis et on allait toujours ensemble aux concerts. Joy Division et d’autres ont choisi de monter un groupe, moi je voulais devenir photographe, c’est aussi simple que ça. On s’est donc aidés mutuellement. Quand Joy Division a commencé, ils n’avaient aucune idée de ce qu’était un groupe, de ce qu’il fallait gérer et des démarches à entreprendre. Ils n’avaient pas d’expérience. De même pour les Smiths - j’ai rencontré Morrissey à la fin des seventies parce qu’il traînait souvent avec Slaughter And The Dogs (un quatuor punk-rock de Manchester, actif notamment dans la deuxième moitié des années 70, ndlr). De toutes façons, quand tu vivais à Manchester et que tu allais à des concerts, tu étais obligé de le croiser. Il y était tout le temps, surtout lorsque Bryan Ferry ou Marc Bolan venaient jouer.

 

Bez des Happy Mondays

 

On se croise aussi facilement à Manchester ?

Oui, ce n’est pas une grande ville, les gens qui vont régulièrement en concert se connaissent donc entre eux.


Comment décrirais-tu la scène musicale de Manchester dans les années 70 et 80 ?

Tout était nouveau à cette époque. On pouvait enfin fréquenter des clubs où de la musique alternative était proposée. Jusqu’alors, la plupart ne diffusait que de la disco ou les tubes de Motown. Heureusement, des clubs ont commencé à émerger et à diffuser des artistes comme David Bowie, T. Rex ou Roxy Music. Tu sais, il y a toujours eu une effervescence à Manchester, ce qui fait que la ville est très reconnue à l’étranger, parfois d'ailleurs même plus que Londres. Par exemple, Barclay James Harvest pouvait aussi bien jouer au Reichstag à Berlin que dans un petit club de Manchester. De même pour un groupe comme Sad Cafe, qui jouait pourtant une musique assez classique. Mais pour en revenir aux racines de cette scène, je pense que les groupes d’ici devaient beaucoup plus au glam' rock qu’au pub rock, qui influençait quant à lui la scène punk de Londres. En cela, le punk de Manchester était plutôt cérébral, mais aussi assez old school. Je pense également que ce qui caractérise la scène musicale de Manchester durant ces deux décennies, c’est ce sentiment de supériorité qu’avaient les musiciens. Ils se sont toujours considérés comme résidents de la meilleure ville du monde. Peut-être parce que c’est une petite ville, mais peut-être aussi parce qu'elle a toujours été une ville bon marché, avec pas mal de bâtiments désertés où les gens pouvaient squatter. C’est comme si tout pouvait émerger de ces lieux, et donc de Manchester.

 

Comment expliquer l’excitation, voire l’enhousiasme médiatique autour de ce milieu ?

Je pense que c’est parce qu’il est facile d'établir des connexions entre les différents lieux ou les différentes scènes de Manchester. Tu peux aller à l’Haçienda ou dans un autre club, et tu verras à quel point les gens sont excités par la musique, et la façon dont les musiciens sont proches de leur public. Prenons l’exemple de Joy Division, qui est peut-être devenu le groupe le plus respecté au monde. A l’époque, il devait jouer devant maximum 400 personnes à Manchester, mais vous pouviez faire 26 kilomètres en-dehors de la ville, et là, seuls 50 péquenauds étaient présents pour assister au concert. D’ailleurs, quand Ian est mort, la nouvelle n'a même pas donné lieu à un paragraphe dans le Manchester Evening News. Ce n’est que dix ans après sa mort que le groupe est devenu totalement mythique. Aujourd’hui, il est peut-être le plus influent de la ville. Beaucoup d’artistes s’y réfèrent, reprennent les chansons et connaissent les albums. Même si le son reste très contemporain, la trajectoire de Joy Division n’est quand même pas anodine. C’est peut-être pour ça que la ville génère tant d’enthousiasme, parce qu’elle contient tout dans un petit espace : on peut faire le tour du centre-ville en dix minutes. Contrairement à Londres, où tout est beaucoup trop grand.

 

Ian Curtis de Joy Division

 

Quelles étaient tes relations avec Factory Records ? Je crois savoir que tu ne t’entendais pas très bien avec Tony Wilson

Non, pourquoi est-ce que je ne l’aimerais pas ?

 

J’ai lu ça dans d’autres interviews…

C’est totalement faux ! Je suis allé à l’école avec lui. Quand on vivait à Manchester, on avait la même passion pour la musique et la même volonté de se jouer de l’industrie musicale. On était donc de très bons amis.

 

Tu penses que la scène musicale de Manchester est toujours aussi riche aujourd'hui ?

C’est difficile à dire parce que les groupes ont longtemps eu du mal à se démarquer de la scène des années 70 et 80. C’est pourtant impossible de suivre ou de répéter un tel mouvement. Je pense aussi que lorsque Tony est mort, il n’y avait plus personne pour fédérer les gens à Manchester. Tony était un excellent catalyseur, et il aimait plus que tout rassembler des gens complètements différents. Il était très bon pour les inciter à travailler ensemble. C’est d’ailleurs comme ça qu’il en est venu à produire des choses extrêmement intéressantes. Lorsqu’il propose Martin Hannett comme ingénieur du son à Joy Division ou lorsqu’il me fait travailler avec les Happy Mondays, il ne s'agissait pas de choix évidents, tout simplement parce que nous étions des personnes aux univers opposés. C’était pareil avec Morrissey et Vini Reilly (du groupe The Durutti Column, ndlr) : Tony faisait sans cesse des propositions de collaborations, il tentait en permanence d’innover, de créer la surprise. Du coup, lorsqu’il est mort, ça vraiment été dur pour Manchester de se relever. Ça a pris du temps. Ce n’est peut-être que depuis les douze derniers mois que la ville se remet à faire de la musique avec de tels idéaux en tête. J’ai l’impression qu’elle s’attache de moins en moins au passé, qu’elle se projette davantage vers l’avenir.

 

Tu te souviens de ta première rencontre avec les membres de Joy Division ?

Oui, je les ai d’ailleurs rencontrés avant qu’ils ne forment un groupe. En toute logique, je les ai donc suivis lorsqu’ils ont décidé de faire de la musique. J’étais là à leur premier concert à l’Electric Circus en première partie des Buzzcocks en mai 1977. Ils n’étaient pas tout à fait prêts, mais ils avaient vraiment envie de monter sur scène. Et lorsqu’ils ont enregistré leur premier album, là encore, ce n’était pas vraiment tout à fait bon. Jusqu’au moment où est intervenu Martin Hannett qui leur a apporté un son dont ils n’avaient même pas idée. Le week-end où l’album est sorti, ils ont joué un concert à la Factory où Martin Hannett s’occupait du son. Soudainement, Joy Division était devenu un vrai groupe de rock avec un son intemporel, alors qu’auparavant, il n’était qu’un énième groupe d'indie-rock.

 

Joy Division

 

La photo de Joy Division ci-dessus sur l’Epping Walk Bridge de Manchester est peut-être ta plus célèbre. Quelle histoire souhaitais-tu raconter ? Et dans quelle condition l’as-tu effectuée ?

Je suis toujours étonné de voir que cette photographie soit devenue mythique à ce point, parce que quand on y réfléchit, ce n’est même pas une photo de Joy Division. C’est plus une représentation du pont de Manchester avec Ian, Stephen, Peter et Bernard en arrière-plan. Mais ça me paraissait être une bonne définition de leur son. D’autant que le groupe était encore relativement inconnu en 1979. Ce qui est marrant, c’est que ce fut l'une de mes premières photographies pour eux. On avait presque failli annuler la séance à cause de la météo, mais finalement, la neige correspondait plutôt bien à l’idée originale, qui était de shooter le groupe en train de regarder vers le Sud, vers Londres en quelque sorte. Comme s’il rêvait de ce vers quoi il pourrait aller si jamais il réussissait. Il y a trois versions de cette photo, une verticale et deux horizontales.

 

Ça te fait quelque chose de voir des touristes tenter de la reproduire aujourd’hui ? Ce pont, c’est un peu le Abbey Road de Manchester…

Oui, c’est un honneur, même si la photo a été réalisée dans des conditions difficiles. Le groupe, par exemple, se plaignait toutes les deux minutes du froid et voulait rentrer. Il faut dire que Manchester ressemblait à une ville d’Europe de l’Est à l’époque.

 

Joy Division, The Smiths, The Stone Roses… En quoi ces groupes étaient-ils si différents à photographier ?

Ils sont différents parce qu’ils ne jouent pas la même musique et qu'ils n’ont pas les mêmes influences. Tu sais, les Smiths étaient très singuliers parce qu’ils se différenciaient de toute cette vague néo-romantique qui déferlait sur la ville. A l’instar des Jesus & Mary Chain, qui venaient de Glasgow, ils changaient la musique de nouveau, racontaient des histoires complètement différentes de ce qu’on pouvait entendre jusqu’à présent. En 1983 ou 84, la musique ne sonnait déjà plus pareil qu’à la fin des années 70. Et puis toutes ces choses changeront de nouveau avec les Happy Mondays, New Order ou les Stones Roses, tout simplement parce les gens découvrent alors l’ecstasy et s’ouvrent vers de nouvelles musiques. Ils sont influencés par la house de Chicago ou des choses comme ça.

 

The Factory

 

Quand tu travailles avec un groupe, comment procédes-tu pour créer un environnement propice à la production d’images durables ?

Je pense que pour faire une bonne photo, tu as besoin de suspendre le temps avec le groupe, et ça aide si tu le connais personnellement. Ou du moins, si tu le connais un peu avant d’entamer les premières séances photos. Il faut se sentir en confiance avec le groupe afin de ne pas se tromper d’atmosphère. Il m’arrive, par exemple, de passer 2 à 3 jours avec un groupe sans prendre une seule photographie ; je préfère prendre le temps de les connaître. Ce qui, bien souvent, donne des photos très naturelles. Par exemple, lorsque tu regardes les photos de Joy Division, et particulièrement celle où Ian Curtis est assis contre un mur noir (cf. ci-haut), tu te rends compte à quel point il est isolé, à quel point il était capable de se renfermer. Il faut attendre le bon moment pour créer une image qui puisse refléter l’image du groupe. C’est donc très important de ne pas se tromper.

 

On perçoit d’ailleurs une forte mélancolie dans tes photos de Joy Division…

Oui, absolument ! Peut-être aussi parce que le groupe en était empli. Ian Curtis était pourtant un garçon plein de passions, les mêmes que tous les jeunes de son âge. Mais c’était aussi une âme perdue, quelqu’un d’assez timide. Ça se ressent d’ailleurs fortement dans ses paroles.

 

Te souviens-tu de la dernière séance photo à ses côtés ?

(Il réfléchit) Probablement un an avant sa mort, en 1979.

 

The Smiths

 

Par rapport à Joy Division, quelle était ta relation avec les Smiths ?

J’ai longtemps travaillé avec Johnny Marr et Morrissey durant leur période au sein des Smiths, puis j’ai continué à les suivre durant leur carrière solo. C’était très intéressant parce que Morrissey adorait être pris en photo. J’avais même fait une photo de lui qui aurait dû se retrouver en couverture du NME, mais les membres de la rédaction ont finalement décidé que le groupe n’allait jamais devenir grand, et ils lui ont préféré Big Country

 

Ensuite, tu sembles avoir été moins présent durant la période que l’on a nommé Madchester

Non, pas vraiment. J’ai tout de même fait plus de quarante photos des Happy Mondays et à peu près douze séances photos à l’Haçienda.

 

Certes, mais tu sembles moins présent dans les dernières années du club.

En effet, mais c’est simplement parce que l’Haçienda avait été fermée pendant quelques mois. A sa réouverture, ce n’était malheureusement plus le club que j’avais connu, les gens venaient en masse et il y avait pas mal de fusillades. Il devenait donc nécessaire de se tenir éloigné de cette ambiance. Et je n’étais pas le seul à penser cela.

 

Tu as également photographié la scène post-punk de Liverpool dans les années 70 et 80. Comment la caractériserais-tu ?

C’était un milieu très vivant où évoluaient pas mal de groupes intéressants. Liverpool n’ayant pas vraiment de scène punk à proprement parler, je pense qu’elle s’est rattrapée quelques années plus tard. C’était vraiment un son différent de Manchester, qui était en quelque sorte la ville rivale. C’était un son déja très électronique, alors que ces influences commençaient alors tout juste à arriver ailleurs. Beaucoup de groupes n’avaient pas de batteur, tout était beaucoup plus synthétique. Les groupes de Liverpool étaient très influencés par les Doors ou David Bowie. Beaucoup moins par les Sex Pistols ou les groupes de ce genre, du coup.

Morrissey

 

Avec le NME, tu as photographié des personnalités et des groupes très éloignés du mouvement punk, comme Marc Bolan. Etait-ce par intérêt personnel pour ces artistes ou parce que le magazine te l’imposait ?

Parfois, le magazine m’en imposait, bien entendu. Du coup, même si ce n’est pas le cas de Marc Bolan, que j’aime beaucoup, j’ai dû photographier des groupes que je n’aimais pas particulièrement parce que le magazine voulait les mettre en couvertures ou parce qu’il souhaitait leur apporter quelque chose de différent. C’était le cas avec Duran Duran, par exemple. De mon côté, j’ai toujours essayé de faire des choses intéressantes avec ces groupes. Après tout, on ne peut pas toujours travailler avec ses amis ou les groupes qu’on adore. D’autant que le magazine sortait un nouveau numéro toutes les semaines.

 

Le rock est-il toujours l’élément principal de ton travail ?

Oui, en quelque sorte. Je continue de photographier des groupes, mais je me concentre désormais essentiellement sur des livres ou des expositions. Dernièrement, j’ai eu une grosse exposition à Buenos Aires, par exemple.

 

Que penses-tu de la photographie rock actuelle ? Est-elle toujours aussi importante ?

Je pense qu’elle est toujours très importante, mais que les gens ne savent plus vraiment l’évaluer. Ils ne sont plus prêts à payer pour ça. Beaucoup de groupes se tirent ou se font tirer avec leurs téléphones et pensent que c’est suffisant. Du coup, les photos sont de plus en plus stéréotypées. Il faut avouer aussi que, lorsqu’un journal fait appel à un photographe rock, ce dernier ne dispose plus du même délai qu’il y a quelques années. Prendre trois jours pour accompagner un groupe et faire quelques photos, ce n’est plus possible ajourd’hui. Malheureusement.

 

The Stone Roses

 

En dehors du rock, tu sembles être un grand passionné de football...

Oui, carrément. Je suis un grand fan de Manchester City, et j’adore en parler lorsque je ne travaille pas. Notamment sur Twitter.

 

Comment es-tu tombé amoureux de Manchester City plutôt que de Manchester United ?

Je ne saurais pas vraiment l’expliquer, mais c’est sans doute parce que mes grands-parents vivaient près de l’ancien stade de Manchester City. J’allais donc régulièrement voir les matchs avec mon grand-père. Et puis, j’ai toujours préféré le bleu au rouge ! (Rires)

 

Il paraît que tu aimes écouter True Faith de New Order avant un match. C’est vrai ?

Ce n’est pas nécessairement avant un match, j’aime juste entendre cette chanson avant un évènement important. Ça vient sans doute du fait qu’elle passe dans le stade de Manchester City.

 

 

La photographie de sport est vraiment différente de la photographie rock ?

Oui, très différente. Mais, à vrai dire, je n’ai jamais fait de photos de sport. J’ai simplement fait un livre de photos sur Manchester City où je prenais en photo le stade, les supporters et l’ambiance autour du stade lors de la dernière saison du club au Maine Road (l’ancienne enceinte du club, qui a aujourd’hui élu domicile au Etihad Stadium, ndlr). C’est plus un livre de fan qu’autre chose. Et puis je n’ai plus fait de photos sur ce sujet depuis plus de dix ans. Je pense que la photographie de sport est un exercice vraiment ardu, mais ça ne m’intéresse pas plus que ça. Moi, ce qui m’intéresse, c’est raconter des histoires avec les photos.

 

Dans ta carrière, existe-t-il un groupe que tu n’as pas eu le temps ou l’opportunité de photographier ?

Oui, j’aurais beaucoup aimé faire des séances photos avec Nirvana. L’histoire qui s’y rattache me fascine. Mais ce n’est pas le seul : je  regrette de ne pas avoir photographié Tom Waits, Rufus Wainwright ou encore Jack White. C’est encore possible, mais je n’en ai toujours pas eu l’opportunité.

 

Tu n’as jamais photographié Nirvana, mais tu as réussi à avoir Courtney Love.

Oui, je l’ai souvent photographiée. Mais ce n’est pas comme si j’avais fait Nirvana. Si j’avais su qu’il allait mourir, j’aurais tout fait pour lui proposer mes services.

 

Quels sont tes projets pour les mois à venir ?

J’ai deux livres qui devraient sortir d’ici peu, dont un sur New Order logiquement prévu pour septembre. A part ça, je ne peux pas prévoir le futur. Je ne sais pas ce qui va se passer, et je préfère ne pas y penser.

 

 

++ Le site officiel et le compte Twitter de Kevin Cummins.

++ A voir et à (re)lire sur un sujet similaire, notre portfolio sur une autre légende de la photographie rock : Baron Wolman.

 

 

Maxime Delcourt // Crédit photos : Kevin Cummins.