Revenons d’abord brièvement sur la vie de cet ancien membre des Bloods, élevé à Compton, la ville du crime. Une partie de l’enfance en foyer. Une adolescence glissant entre vol de voiture, deal et basketball. À deux doigts d’obtenir une bourse pour la Washington State University, cet adulateur de Magic Johnson se fait finalement virer pour cause d’activités illégales. Pas grave, la petite entreprise qu’il gère avec son frère ne connaît pas la crise. Mais un soir d’octobre 2001, c’est le drame. Des types lui tirent dessus lors d’une transaction de weed. Sa vie bascule. Après 3 jours dans le coma, il se résout à tirer un trait sur sa vie de bad boy. Jayceon Taylor aurait pu choisir de devenir plombier, mais il se voit mieux passer sa vie derrière un micro que sous un lavabo. Sa reconversion est fulgurante. Celui qui se fait désormais appeler The Game devient vite le rookie le plus en vue de la Côte Ouest. Un an plus tard, Dr Dre le signe sur son label. Misant gros sur son poulain, le père de The Chronic décide de l’associer à la star du moment, 50 Cent, et à son G-Unit.

Son premier opus, originellement intitulé The Nigga Wit’An Attitude, en hommage à NWA, sort finalement sous le nom de The Documentary. Au total, plus de 5 millions d’albums seront vendus. Mais, un nouveau coup de théâtre ne tarde pas à éclater. Au bout de quelques mois, The Game quitte le GigigigigiUUUnite. Le public est surpris, pas lui : « Je savais que ça allait partir en couilles. Avec 50 (Cent), on ne s’est jamais vraiment entendu. Nous avions de trop gros égos. » Après divers règlements de compte par mixtapes interposées, le Californien continue à afficher ouvertement son mépris à l’égard de ses anciens compagnons de studio : « Pour moi le G-Unit est fini. Le dernier Lloyd Banks est une merde, même chose pour Mobb Deep, Tony Yayo ou Olivia. 50 Cent a même peur de sortir son nouvel album… »

Un changement de maison de disques et la mise en marche de son label plus tard (Black Wall Street Records), son deuxième album, qui sort le 13 novembre (fallait-il le préciser?), est prêt. Doctor’s Advocate, ou l’avocat du docteur: « Je parle au nom de (Dr) Dre, mais aussi en mon nom, celui de mes fans, du hip hop, de la West Coast. » Ça en fait du monde... Pourtant, il faut bien reconnaître malgré tout que l’album se défend bien. Will.I.Am, Just Blaze, Scott Storch, Nas, Nate Dogg, Kanye West : tout le gotha du hip hop se presse sur le tracklisting. Seul le bon Docteur manque à l’appel: « Je ne voulais pas que l’on dise que je vends des disques uniquement grâce à Dre. Maintenant je produis…je prends ce que Dre a laissé… I’m Game, I am the new hip hop.» Ce que Dre a laissé? Pourquoi? Il est mort? Il arrête le rap pour la couture? Autant de questions qui resteront en suspens. En même temps, on ne peut pas se plaindre, il a bien voulu partager avec nous un secret: « Doctor’s Advocate sort le 13 novembre.»


Bio Express :
27 Novembre 1979 : Naissance à Los Angeles
2001 : Fusillade, il prend 5 balles dans le corps
2002 : Premières démos et rencontre avec Dr Dre
2005 : Sortie de The Documentary (Aftermath/G-Unit/Interscope) co-produit par 50 Cent et Dr Dre
2006 : Départ du G-Unit
13 Novembre 2006 (Dernier Rappel !) : Doctor’s Advocate (Black Wall Street/Geffen)


Par Reza Pounewatchy // Photos : DR.