Qui sont The Twelves ?
The Twelves : João Miguel et Luciano Oliveira, deux mecs de Rio qui en avaient marre de tout le temps écouter la même chose dans les clubs de cette ville.

Votre nom est-il une référence à la Bible ?
João
: Oui, on est un peu les instruments de Dieu (rires). Non, pas vraiment, en fait, on est tous les deux nés le même jour, le 12 juillet 1980._

Votre carrière de remixeurs est en plein essor. Comment tout a commencé ?
Luciano :
Ça faisait déjà un bout de temps qu'on produisait de la musique avant de remixer Boys de M.I.A en 2007. On n'avait jamais pensé faire des remixes sérieusement, c'était juste un truc qu'on faisait pour s'amuser. C'est toujours le cas d'ailleurs, on trouve ça super divertissant de faire un remix, avoir d'un côté des voix seules et de l'autre un beat et d'essayer de faire quelque chose avec. J'aime beaucoup travailler sur les prémices du remix. João, lui, préfère les finitions, avec les arrangements et tout le reste.

Quels sont les 3 meilleurs remixes de toute l'histoire du remix ?
João :
C'est dur comme question, voici ceux auxquels je pense en ce moment :
1- Klaxons - Gravity Rainbow (Soulwax remix)
2- Fleetwood Mac - You Make Lovin' Fun (Trailmix Remix)
3- Scenario Rock - Skitzo Dancer (Justice Remix)

Quel est selon vous le remix que vous avez le mieux réussi ?
Luciano :
Je dirais Boys de M.I.A., parce que ça représente un tournant dans notre carrière et aussi parce qu'il vieillit assez bien. Je changerais pas mal de trucs dans la production si j'avais à le refaire aujourd'hui, mais je pense que c'est un bon remix.

Pensez-vous que toutes les chansons peuvent être remixées ?
João : Malheureusement, non. D'ailleurs, ça nous est arrivé de refuser quelques offres. Certains titres sont trop lents, d'autres trop rapides, et il y en a aussi qu'on n'aimait pas tout simplement. Au-delà de ça, je ne nous vois pas remixer des morceaux exclusivement instrumentaux, c'est pas drôle s'il n'y a pas de chant.

Qu'est-ce qui vous a poussé à travailler ensemble ?
Luciano :
On était ensemble dans un groupe de rock, Marimbondo Sossegado ("Guêpe Mélodieuse"). Bref, j'étais à la basse et João à la guitare et on s'est retrouvés juste lui et moi à enregistrer dans ma maison des trucs que le groupe trouvait trop tristes (rires). On a continué par la suite.

Feriez-vous un remix pour Céline Dion ?
Luciano :
C'est la meilleure question que j'aie jamais eue en interview. Laisse-moi réfléchir... euuhh... fffff... non.

Qu'est-ce que vous préfériez : faire un remix pour Céline Dion et passer une nuit avec Jean-Claude Van Damne ?
Luciano :
Tu déconnes ? Il déchire Van Damne ! Tu l'as vu sur YouTube danser sur du Chromeo ?

Vous avez déjà eu des embrouilles dans les rues de Rio ?
Luciano :
Sans déconner, il me semble que le vrai problème dans les rues de Rio, c'est qu'il y a trop de monde qui écoute de la psy-trance, ah ah ah.

Dans quel club me conseillerez-vous d'aller à Rio ?
João : Club 69 à Ipanema. Décor sympa, sound system sympa, musique sympa.

Comment se porte la scène électronique au Brésil ?
Luciano :
Ça s'améliore, je crois. Je pense juste que la plupart des gens n'ont pas assez écouté de bonne musique.

Vous aimez bien la Baile Funk ?
João : Pas trop, tu vois le problème avec le Baile Funk c'est que quand tu vis à Rio, que tu aimes ou pas, tu y es en permanence confronté. Donc ça devient un peu monotone après 20 ans passés à en écouter.

Les Brésiliennes sont-elles vraiment aussi jolies qu'on le dit ?
João : Honnêtement, je préfère les Européennes. Mais je crois que personne n'est jamais content avec ce qu'il a, pas vrai ?

Etes-vous déjà sortis avec une Française ?
Luciano : Malheureusement non, pas encore.

Quelles sont vos influences musicales ?
João : Oh, c'est dur ça. J'ai eu une période grunge, une période prog-pock, une période jazz, une période break beat. Ça fait beaucoup de monde, mais en ce moment j'écoute surtout Metronomy.

Quels groupes brésiliens devrait-on connaître ?
Luciano :
Los Hermanos, je sais que ça sonne mexicain, mais ils ne le sont pas. C'est le seul groupe avec de vraies influences brésiliennes.


Propos recueillis par A.C // Traduction : Gaétan Boussand // Photos : Otavio Soussa.