Cet album est beaucoup plus flamboyant que les autres ; était-ce une envie ou un choix inconscient de partir dans une direction plus "musclée" au niveau du son ?

Twin Shadow : Je déteste me répéter, et il arrive un certain point dans la vie où tu peux décider d’avancer et devenir plus gros, ou bien décider de rester tel que tu es. J’ai voulu avancer, grandir, grossir. Déjà sur mon dernier album, j’avais tenté un son plus gros, plus massif... mais je n’ai pas atteint le stade que l’on peut entendre sur le dernier.

 

Tu te verrais jouer dans un stade, faire un show très épique ?

Oui, j’aimerais beaucoup, et l’album s’y prête.

 

Tu es prêt à être une pop star ?

Oui - peu importe ce que cela veut dire. Je crois que les artistes sont en train de redéfinir ce que signifie être une pop star. Aujourd’hui, les pop stars ont plein de liberté : il suffit d’aller faire un tour sur l’Instagram de Miley Cyrus pour s'en rendre compte - elle est en roue libre ! Elle fait ce qu’elle veut, elle est libre de dire, de faire et de porter ce qu’elle veut. Mais donc oui, je suis prêt à ce que plein de gens puissent l’écouter.

 

 

Tu aimes Instagram ?

Oui, mais ça dépend : parfois, je m'en fais des sessions, mais je me rappelle vite à l’ordre. Je préfère vivre dans la vraie vie. Ceci dit, j’aime le principe et j’aime y participer, aussi.

 

Quels sont les comptes que tu suis ?

Miley Cyrus, c’est très divertissant. Je suis Rihanna car elle est très belle. J’ai des amis designers donc je les suis, je suis des labels comme Terrible Records, The Young Turks (compte d'un site parodique célèbre aux US, ndlr)... Je suis plein de gens en fait.

 

Tu es passé d’un label indé' à Warner... Tu voulais donc grossir à tous les niveaux ?

Quand j’ai fini le disque, je souhaitais un son plus lourd, plus mainstream. Or, il faut savoir que derrière l’aspect créatif, il y a tout un aspect business que les gens ne voient pas. En même temps, ce n’est pas très intéressant, cet aspect - c’est même assez chiant. Et j’ai senti que l’aspect business ne pourrait pas suivre par rapport à l’aspect musique sur cet album, donc j’ai pris peur. Du coup, je me suis rencardé pour voir avec quel label cet album s’accorderait le mieux. Il se trouve que les gens chez Warner ont aimé ce que j’ai fait. Ils étaient hyper-enthousiastes, alors tout s’est fait comme ça.

 

 

Tu as enregistré l’album dans un cimetière à Los Angeles. As-tu des anecdotes «drôles» ou effrayantes à raconter ?

Plein de choses sont arrivées. Ma claviériste est très superstitieuse. Plus que moi en tout cas ! Et j’enregistrais dans la partie de la chapelle où se trouvaient de très lourdes portes. Elles claquaient souvent et faisaient de gros échos, du coup, elle partait tout le temps en courant... et du coup, c'est elle qui me faisait peur, et je devais la calmer ! A part ça, un matin, très tôt, je suis reparti de là-bas après avoir enregistré toute la nuit, et quand j’ai enfourché ma moto, dans un état second, je suis rentré dans une plante qui venait d’être installée dans l'une des allées ; j’ai sursauté car j’ai cru que c’était quelqu’un. Bon, j’étais très très fatigué ! (Rires) Je dois dire que ce cimetière est très beau : ce n’est pas un cimetière typique, il s’y passe toujours quelque chose. Il y a beaucoup d’allées et venues, beaucoup de belles plantes... c’est un peu comme une sorte de grand jardin. Ca reste tout de même un cimetière "actif" dans le sens où des gens s’y font régulièrement enterrer. Le matin, je buvais mon café assis sur ma moto et je voyais les enterrements au loin. Curieusement, tout ça paraissait léger.

 

Oui et d’ailleurs, l’album est plus léger de manière générale, même si les textes peuvent être chargés en émotion. Tu as déclaré qu'il correspond à une période très sombre de ta vie, il y a cette histoire de cimetière... et pourtant, le résultat est léger. Comment est-ce possible ?

Quand j’avais 15 ans, j’apprenais à jouer de la guitare, et je me souviens que quelqu'un m’avait dit : «George, ta musique est super, mais tout ce que tu chantes est si déprimant !». Or quand j’avais 15 ans, j’étais le garçon le plus heureux du monde. Tu n'aurais pas pu trouver un garçon plus heureux que moi ! Mon activité artistique et mon mode d'expression sont généralement à l’opposé de ce que je vis réellement - c’est une question d’équilibre. Ceci dit, sur l’album Confess, j’étais dans un état d’esprit très, très sobre, et l’album l’était aussi.

 

Est-ce pareil pour la musique que tu écoutes ? C'est-à-dire que tu écoutes de la musique légère quand tu vas mal, et inversement ?

Non, j’écoute de la musique triste quoi qu’il arrive ! (Rires) Et ça a toujours été le cas. Mais je m’ouvre un peu plus à la pop, à la dance et au R’n’B désormais.

 

 

Ta chanson triste préférée de tous les temps ?

Hé bien tout le répertoire de Leonard Cohen est putain de triste, mais j’adore ça. J’aime aussi Nick Cave, mais ça devient compliqué pour moi d’en écouter.

 

Comment es-tu arrivé à collaborer avec Billy Idol ?

C’est le management de Billy Idol qui a contacté mon manager à moi, ils pensaient qu'on pourrait faire un bon duo. C’était marrant d’arriver dans le cimetière sur ma moto aux côtés de Billy Idol sur sa propre moto ! On a hyper-bien bossé ensemble, et puis ça s’est fait dans une super ambiance, ce mec est vraiment sympa. Il est drôle, il fait attention à lui, il vit une vie hyper-simple, les pieds sur terre, il fait son yoga...

 

Vous faisiez du yoga ensemble ?

Non, nous ne sommes pas encore assez proches pour ça ! (Rires)

 

 

++ Le site officiel, la page Facebook et le compte Instagram de Twin Shadow.
++ Prévu pour le 16 mars, Eclipse est disponible ici en pré-commande ; la discographie de Twin Shadow est quant à elle en écoute intégrale sur Deezer.

 

 

Sarah Dahan.