Commençons de manière très large : quelles étaient tes influences quand tu as débuté ? 

Boris Dolivet (El Diablo) : C’est difficile à dire parce qu’il y a eu plusieurs débuts me concernant : j’ai d’abord été graffiti artist, puis dessinateur et réalisateur. Disons que j’ai toujours été un grand lecteur de bandes dessinées, notamment les comics underground américains, de Gilbert Shelton à Robert Crumb. Ce ne sont pas forcément mes premières influences, mais ce sont vraiment des artistes qui ont marqué ce que je suis aujourd’hui. Pour le reste - et je pense que c’est vraiment ce qui me caractérise -, j’essaie d’avoir un regard journalistique, de m’inspirer surtout de mon vécu. Mes influences sont donc aussi à trouver dans mon passé au sein du crew PCP (Petits Cons de Peintres) ou dans le milieu hip-hop, dont j’ai vécu l’arrivée en France. On pourrait parler de mes influences cinématographiques aussi, mais on en aurait pour quatre heures ! (Rires)

 

Comment passe-t-on du graffiti à la BD, puis de la BD au cinéma ?

Tout s’est fait un peu naturellement. Quand je faisais du graffiti, je tenais déjà une BD qui racontait ce que je faisais la journée ou la nuit avec mes graffs, et que l’on pouvait retrouver dans le magazine Psikopat. Pareil pour la série Lascars, que l’on a monté avec cinq potes et qui s’inspire grandement de ce qu’on faisait sur bande dessinée. L’épisode «Baston de regards» par exemple, on pouvait déjà le retrouver sur papier. Tout est très lié et tout me permet d’aborder en permanence le même sujet tout en l’amenant à un niveau différent. Enfin, ça c’était avant. Aujourd’hui, j’ai tendance à m’orienter vers des projets de plus en plus fictionnels, comme Monkey Bizness ou Un Homme de Goût.

 

 

Tu évoquais Psikopat. Tu as également collaboré avec des magazines comme RER ou Radikal. Peux-tu nous en dire plus à ce sujet ? 

A l’époque, Internet n’existait pas. Il y avait donc de la place pour tout un tas d’entités comme Radikal, L’Affiche ou RER. J’ai bossé pour tous ces magazines, qui étaient vraiment les seuls porte-paroles de notre culture à l’époque. Ce n’était pas forcément du même niveau qu’Actuel pour les gens de la culture rock, mais ça avait le mérite d’exister et de véhiculer la philosophie hip-hop. Je suis donc allé les voir avec ce que j’avais déjà fait pour Psikopat, et ça s’est fait de façon naturelle. J’étais sans doute le seul à savoir faire ça à ce moment-là. J’étais le mec qui faisait de la BD hip-hop, et c’est ce qui a sans doute plu également à Chien Méchant ou Charlie Hebdo.

 

J’imagine que tu as dû vivre les évènements de janvier avec un certain recul ?

Oui, surtout que j’ai connu la plupart des mecs qui se sont fait flinguer. Quand j’avais 20 piges, je trainais un peu du côté de Charlie Hebdo, dont les dessinateurs bossaient un peu avec Psikopat. On se connaissait donc tous plus ou moins. Quand j’ai appris la nouvelle, ça paraissait tellement inconcevable. Je me suis dit : «putain, ils ont tiré à la kalash' sur Wolinski, le mec à qui je dois mes premières branlettes !». Comme tout le monde, j’étais touché, même si je ne suis pas allé manifester et que je n’ai pas porté le badge «Je suis Charlie». C’est malheureux, mais je pense qu’il y a eu une énorme récupération des évènements et je trouvais ça ridicule d’aller marcher derrière Sarko et Hollande. Ce qui ne m’empêchait pas d’être choqué à l’idée que l’on puisse tuer des gens uniquement pour leurs idées. D’autant que Cabu ou Wolinski étaient loin d’être les plus extrémistes. On ne parle pas de pro-nazis, là.

 

Le fait de collaborer avec des magazines, ça te permettait de faire le lien entre journaliste et scénariste que tu évoquais ?

En quelque sorte. J’adore raconter des histoires fictionnelles, mais je ne peux pas m’en contenter. J’ai besoin de plonger en moi. Là, par exemple, je ne vais pas tarder à me barrer au Canada et je vais en tirer une série-BD qui racontera ce que je vais vivre en arrivant là-bas, en adoptant le point de vue de l’immigrant. Ce côté journalistique m’intéresse vraiment, même si je ne sais pas si je serai capable d’être un vrai journaliste avec la déontologie et les règles d’écriture qui vont avec. D’ailleurs, ça ne m’intéresse pas. Je préfère garder cette liberté qui me permet d’avoir mon propre style et de mélanger le fictionnel à la réalité si besoin. Ce qui m’intéresse, c’est de raconter des histoires.

 

 

Dix-sept ans après leur première diffusion, quel regard portes-tu sur la première saison des Lascars ?

Je suis content parce que ça traverse les générations et que des gens qui ont vingt ans de moins que moi continuent de la regarder. On en est à 40 ou 50 millions de vues tous épisodes confondus. Ça prouve qu’elle est encore actuelle et qu’elle n’est pas encore trop ringarde. Ça viendra, mais après elle sera vintage et elle sera de nouveau à la mode, donc je ne m’inquiète pas ! (Rires) Certes, ça véhiculait un certain mode de vie et un certain milieu culturel, mais je pense qu’on est restés assez universalistes pour que ça parle à tout le monde. Lascars, c’est surtout l’histoire de petites défaites, de coups de pression, de plan cul foireux et de toutes ces petites choses qui sont drôles au quotidien. Un peu comme La Fontaine qui parlait de rapport humain en se servant des animaux. On traitait de la lâcheté, de l’orgueil, des préjugés : ça reste et restera toujours actuel, quel que soit le décorum. 

 

Tu as conscience d’avoir fait partie des séries audacieuses produites par Canal + ?

Je crois bien, oui ! (Rires) Après, il faut quand même rappeler que Canal a refusé pendant trois ans de diffuser la série, dont la BD existait depuis 1995. Je ne sais pas ce qui a pu changer entretemps, mais Alain De Greef (patron historique de Canal +, ndlr) a fini par nous appeler en 1998 pour valider le projet. On était tous surpris, mais H allait également arriver quelques mois après. Canal avait l’esprit libéré. Jamel était passé par là, et ça avait ouvert les portes de la chaîne aux jeunes.

 

C’est un peu pareil pour Kassos aujourd’hui, non ?

Kassos étant une websérie, ça a été beaucoup plus simple de convaincre Canal. Bien sûr, j’aurais aimé qu’elle soit diffusée sur la chaîne, mais, au final, ça permet une plus grande liberté. Par facilité, beaucoup ont tendance à rapprocher Kassos des Lascars, ce qui n’est pas du tout le cas. Là où Lascars avait un vrai aspect sociologique et posait de vraies questions derrière l’humour et le divertissement, Kassos tient juste de la grosse blague et multiplie les clins d’œil à la culture geek.

 

 

Des Lascars à Monkey Bizness, tu as beaucoup dessiné l’urbanité dans tes œuvres. Qu’est-ce qui te fascine dans cet environnement ?

C’est la facilité de parler d’un truc que je connais. Encore une fois, ce n’est pas spécialement de la fascination pour l’environnement, c’est plus que ça me permet de me raconter et d’évoquer des choses que je connais. Je ne me vois pas écrire sur un paysan du XVIIIème siècle, par exemple. Ça peut être très intéressant, mais je n’ai pas envie d’inventer totalement mon propos. J’ai grandi dans un milieu urbain, j’en maîtrise les codes, je pense donc pouvoir aborder n’importe quel sujet à travers ça. La preuve : Un Homme De Goût est très différent de Monkey Bizness, qui n’a rien à voir avec Lascars. Après, je ne suis pas passionné que d’urbanisme, je suis également fan d’évolutionnisme ! Ça se ressent dans Monkey Bizness, qui est un peu mon «tribute to Darwin».

 

À l’inverse, il y a quelque chose qui pourrait te limiter dans ce milieu ?

Je ne pense pas, parce que je ne cherche pas à dépasser des limites : je marche au plaisir. Tout le monde me dit qu’il faut avoir souffert pour créer. Chez moi, ce n’est pas du tout le cas. Je suis très heureux et optimiste. Si je crée, c’est surtout parce que j’ai des idées plein la tête. Il faut qu’elles sortent. Pour la blague, je compare souvent l’acte de création au système digestif : d’abord tu ingères, puis tu digères, et après tu crées. Si tu le fais trop tôt, tu te pètes le cerveau, et si tu le fais trop tard... vaut mieux pas ! (Rires) Tout ça pour dire que je ne me force pas à faire des trucs qui ne me correspondent pas. 

 

Des films ou des séries autour des cités, il y a en eu des tas. Comment expliques-tu que Lascars évite la caricature ?

Trois choses. Premièrement, et contrairement à La Haine ou Ma 6-T Va Crack-er, on n’a pas cherché à représenter la banlieue comme un milieu dangereux. Pour moi, ce sont deux films poseurs, un peu sensationnalistes, qu’on a vus quinze ans avant aux USA avec Spike Lee. Deuxièmement, Lascars n’est pas une série de banlieue, c’est une série hip-hop. Elle a plus à voir avec une certaine philosophie qu’avec une géolocalisation. Enfin, elle a un propos universel : on a beaucoup parlé de nous dans Lascars. Je ne dirais pas qui a vécu quoi, mais la majorité des histoires racontées ont été réellement vécues.

 

A un moment donné, il a été évoqué la possibilité d’adapter la série en épisodes de 20 minutes, non ?

Ouais, ça été évoqué au mitan des années 2000. Ça devait être produit par France 2 et France 3, mais ça ne s’est pas fait. Ils voulaient nous faire couper plein de trucs et ré-orienter un peu le ton de la série, c’était hors de question ! Mais on a quand même fait un pilote, qui s’appelle Pour une poignée de galères, qui est dispo sur Youtube et qui a servi de mètre-étalon au long-métrage. Tout n’était pas perdu. Et puis il y a la série live Les Lascars. On a gardé le nom, mais le propos et l’humour sont nettement plus orientés pour le jeune public, on sent clairement l’influence des sitcoms et un peu moins le côté cartoon de la série originale. 

 

 

Il y a aussi eu le long-métrage. Qu’est-ce qui t’a amené à te dire que tu allais en faire un film ?

C’est une envie qui remontait à très longtemps. On a lutté pendant de longues années pour que Millimages accepte de le produire. Il a fallu qu’on leur apporte sur un plateau le scénario et le casting - Vincent Cassel, Omar & Fred, notamment - pour qu’ils finissent par accepter. Bon, évidemment, devant les médias, c’est eux qui en ont eu l’idée ! (Rires) Beaucoup étaient sceptiques et nous disaient : «une série courte, ça ne marchera jamais en long format». Avec courage, on leur a prouvé qu’ils avaient tort, on a été sélectionnés à la semaine de la critique à Cannes, on a fait 600 000 entrées - et je pense qu’on aurait pu faire bien plus si Les Beaux Gosses de Riad Sattouf n’était pas sorti au même moment. Par contre, il n’y aura pas de deuxième long-métrage, ça coûte trop cher. Lascars restera un OVNI du cinéma français... (Rires)

 

En revanche, un film Les Lascars en live est envisageable ?

C’est dans les tuyaux, mais je pense arrêter tout ce qui est lié aux Lascars après ça. Déjà, le retour de la série animée, c’était une idée de Canal +. On a bien sûr aimé le faire, mais on a plein d’autres projets sur lesquels se concentrer. Et puis, il faut avouer que je n’ai plus l’âge aujourd’hui de rester en bas des immeubles à fumer des bédos et à raconter des bêtises à longueur de journée. Comme dit Danny Glover : «j'ai passé l'âge de ces conneries».

 

Avec quels acteurs/rappeurs as-tu aimé tourner ?

Il y en a eu tellement que c’est dur de choisir... De Daddy Lord C à Diam’s en passant par Leeroy et Disiz, ils ont tous donné de leur personne. Ça a vraiment été une belle expérience à tous niveaux - même ma femme, je l’ai rencontrée à un casting des Lascars ! Mais s’il fallait vraiment en choisir un, je dirais Hafid Benamar, qui bosse beaucoup avec Eric Judor aujourd’hui. C’est un pote depuis très longtemps, et il a notamment bossé avec moi sur la série animée, sur le long-métrage (la voix de Momo, c’est lui, ndlr), et il a fait une apparition dans la série en live.

 

 

En 2009, tu nous disais travailler toujours avec les mêmes personnes (Ismaël Sy Savané aka IZM, Alexis Dolivet, Peuca etc.), c’est toujours le cas ?

Ce que je voulais dire, c’est que j’aime bien bosser en famille. Là, par exemple, je collabore avec IZM, mon vieux compagnon de route avec qui l'on a réalisé les deux saisons des Lascars et le long-métrage. C’est un pote depuis quinze ans, il fait donc partie de ce crew qui m’accompagne depuis une bonne dizaine d’années. Lascars, par exemple, c’est à peu près la même équipe que celle du PCP. Il y a aussi François Levantal et Zoé Félix, deux personnes pour qui j’ai de l’affection et qui répondent toujours présents, même quand il ne s'agit pas de gros projets. Bref, j’aime bien mélanger la famille et le boulot. En revanche, no zob in job - sinon c’est la merde ! (Rires)

 

L’année dernière, tu sortais le deuxième tome de Monkey Bizness, où l’on retrouvait cette violence verbale et cet univers sans concession. C’est quelque chose que tu souhaites garder ?

Monkey Bizness, c’est vraiment la série où je suis totalement en roue libre. Violence gratuite, sexe, drogue, insultes... on ne fait aucune concession. On parlait des limites, tout à l’heure ; hé bien là, il n’y en a pas du tout. On pourrait voir ça comme Lascars en version exacerbée, même si c’est totalement autre chose. Pour Monkey Bizness, qui raconte la vie sur Terre après la dernière grande guerre nucléaire, l’inspiration est clairement à trouver dans Torpedo, La Planète Des Singes ou même Mad Max.

 

En quoi Un Homme de Goût se démarque-t-il de ces deux projets ?

Déjà, il s'agit d'un projet beaucoup moins urbain, un milieu sur lequel j’avais déjà bossé avec Cha sur Pizza Roadtrip, dont l’univers était proche de l’esprit Lascars. Un Homme De Goût, c’est du policier fantastique, c’est une envie d’explorer davantage l’histoire. Le travail était donc complètement différent de ce que je réalise habituellement. Là, j’ai dû énormément me documenter sur chaque époque abordée. Pareil pour Cha, qui s’est archi-documentée graphiquement. Lorsqu’on aborde l‘Australie, elle reprend le style graphique des aborigènes. Lorsqu’on s’intéresse à l’Angleterre victorienne, c’est pareil. Bref - c’est un objet totalement atypique, et je pense même qu'il dispose d'un potentiel cinématographique intéressant.

 

 

Ce besoin de t’imprégner d’un milieu, on le retrouve également dans Rua Viva !, que tu réalise avec Juliens Lois et dont le tome 1 vient de sortir.

C’est tout à fait ça. L’histoire de Rua Viva ! se passe dans les favelas de Rio, où je suis parti une dizaine de jours en 2009. Toutes les histoires racontées dans la BD sont vraies : elles m’ont été racontées par les différentes personnes que j’ai pu interviewer là-bas.

 

Depuis Monkey Bizness, tu publies essentiellement chez Ankama. Comment s’est effectuée la rencontre ?

Comme tout ce que j’entreprends : je passe un coup de fil, je dis ce que je fais, et on aime ou pas. Dans le cas d’Ankama, ça a plutôt bien fonctionné, notamment avec Run. A l’époque, il n’y avait vraiment qu’eux qui pouvaient éditer un projet comme Monkey Bizness. Il y a beaucoup de rapports humains dans le métier d’artiste. Par exemple Pozla, avec qui j’ai créé Monkey Bizness, je l’ai rencontré lors d’un cours que je donnais d'animation en flash.

 

Ankama, c’est aussi une grosse société de production de jeux vidéo. C’est un secteur que tu te verrais investir ?

Il y a plus de vingt ans, j’ai bossé un peu pour Ubisoft en tant que graphiste/animateur, mais ce n’est pas mon truc. Lorsqu’avait été évoquée l’idée de faire un jeu vidéo Lascars, j’ai même essayé de vendre des concepts à des sociétés, mais ça n’a pas fonctionné. Ce n’était sans doute pas assez abouti, et j’ai fini par laisser tomber. Ce n’est pas un univers que je maîtrise assez bien. Et puis l’industrie du jeu vidéo, c’est un peu une usine à gaz où tout est très formaté. Il y a peu de liberté.

 

 

En plus du long-métrage des Lascars en live, je crois savoir que tu prépares un deuxième film actuellement : une comédie carcérale inspirée de la vie de Berthet One. Tu peux nous en dire plus ?

En fait, Berthet One, qui fait partie de mon nouveau crew de graffiti artists (Left Hand Crew), a un passé un peu tumultueux et n’a pas fait que des belles choses dans sa vie. C’est malgré tout en prison, où il a passé six ans pour braquage, qu’il a appris à dessiner. Une révélation pour lui ! Il en a d’ailleurs sorti une BD, L’Evasion. Toute cette histoire m’a inspiré. Je me suis dit que passer de braqueur de bijouterie à dessinateur, c’était complétement l’inverse du parcours du mec d’Un Prophète. On n’en est encore qu’à l’écriture, mais ce ne sera pas du tout biographique. Tout sera très visionné, avec une orientation un peu décalée et humoristique. On ne veut surtout pas tomber dans le drame, il faut montrer les côtés joyeux de l’existence. 

 

Tu sais déjà qui le réalisera ?

Normalement, ça devrait être IZM et moi, mais rien n’est encore fait. On descend à Cannes durant le festival pour trouver des partenaires financiers. Tu sais, le cinéma, c’est un très long processus... Ça peut prendre quatre ou cinq ans avant de commencer à tourner un film.

 

Dernièrement, tu as également réalisé un clip pour Jacques Dutronc...

Ouais, mais ils ne s’en sont pas beaucoup servi, bizarrement. Il n’est d’ailleurs pas si facile à trouver sur le net.

 

 

Comment s'était faite la rencontre ?

C’est Sony, le label de Dutronc, qui est venu vers moi ; j’ai proposé l’idée et ça leur a plu. Le but était de faire défiler sur un mur différentes unes de magazines à chaque fois que le personnage du clip présente une idée, qu’elle soit de gauche, de droite ou de l’extrême. C’est un clip qui retourne sa veste en quelque sorte. C’était marrant à faire, même si j’ai dû faire quelques concessions. Par exemple, l'un des personnages devait se transformer en François Hollande, mais Nicolas Sirkis, qui chante aux côtés de Dutronc, ne voulait pas que le Président apparaisse dans le clip. 

 

Hormis les projets évoqués, sur quoi travailles-tu actuellement ?

Il y a toujours ma BD de western dans la neige avec Hugues Micol, mais c’est au point mort actuellement, faute d’éditeur. De même pour la série Alien Mafia, pour laquelle on recherche toujours un diffuseur. J’ai aussi mon exposition à la galerie m74 de Marseille, qui rassemble une partie de ma production BD depuis les années 90. Sinon, il y a bien évidemment la série Wesh Tarbanak !, qui va documenter mon arrivée au Canada et sur laquelle je suis à la fois scénariste et dessinateur.

 

Tu comptes rester longtemps au Québec ?

Si ça marche, j’y reste. Je vais regarder Marine Le Pen arriver au pouvoir de très loin ! Je vais aller sauver ma marmaille. On sera mieux là-bas. Quand le monde se sera réchauffé de dix degrés, il fera bon au Québec alors qu’ici, vous serez en train de cramer. (Rires) C’est mon côté survivaliste !

 

 

Propos recueillis par Maxime Delcourt.