Désolée de te demander ça tout de go, ça doit être la millième fois, mais j'ai vraiment besoin de savoir : es-tu de la famille de Stephen Patrick Morrissey ?

Flo Morrissey : J’ai bien peur que non. Peut-être qu’il y a plusieurs siècles de cela, c’était le cas, mais en ce qui concerne les plus récentes générations, nous n'avons aucun lien de parenté avéré avec lui.

 

Ca te dérange qu’on te pose cette question ?

Absolument pas, je l’adore. Je le prends comme un compliment. Il y a encore deux jours, je faisais une reprise d’une de ses chansons, Irish Blood, English Heart. Avec les élections qui viennent d'avoir lieu, le tout prend une tournure plutôt polémique...

 

 

As-tu voté lors des dernières élections ?

Non. Je n’étais pas en Angleterre et je ne me suis pas occupée de ma procuration. J’espère que l’Angleterre et Londres ne vont pas être trop affectés par cette victoire des Tories (la droite britannique conservatrice, ndlr).

 

Es-tu intéressée par les artistes dits «politiques» ?

Oui, plutôt. J’avais beaucoup aimé l’album de PJ Harvey Let England Shake, qui avait une dimension assez politique. Mais jusqu’à présent, je n’ai pas personnellement écrit de chansons politiques. Mais peut-être un jour, qui sait ?

 

Es-tu allée la voir à la Somerset House lorsqu’elle enregistrait publiquement son nouvel album ?

Non - c’était sold out très rapidement, je n’ai malheureusement pas pu me procurer de tickets.

 

On te compare souvent à des artistes féminines, mais je voulais savoir si c’était nécessairement tes références à toi ?

Non, et c’est d'ailleurs assez drôle, car je me retrouve plus dans l’univers d’artistes masculins comme Bob Dylan, Neil Young, Nick Drake ou encore Tim et Jeff Buckley. Très récemment, je me suis ouverte aux femmes par l’intermédiaire du jazz avec Billie Holiday et Nina Simone. Les médias aiment me comparer à des femmes par paresse - et sans doute par le besoin d’analogie, qui selon eux ne peut se faire que par le même genre.

 

 

Tu as toujours aimé la folk ou tu as aimé des groupes tout pourris à l’adolescence, comme tout le monde ?

En fait, c’est mon père qui m’a fait découvrir Devandra Banhart, pour donner un exemple ! A dix ans, je n’écoutais qu’Antony and the Johnsons, ce qui peut paraître étrange et sombre pour une enfant, mais c’est ce que j’aime. Ceci dit, depuis peu de temps, je me suis mise au jazz et à la world music, ce sont des terrains sur lesquels j’ai envie d’aller. J’aime aussi beaucoup la musique française.

 

Qui par exemple ?

Françoise Hardy, Serge Gainsbourg, Jane Birkin - je l’adore - et aussi Charlotte Gainsbourg et Lou Doillon. J’essaie de me remettre comme il faut au français ; je viens ici depuis que j’ai trois ans et j’ai été dans une crèche française. J’ai envie de parler français à nouveau. J’ai toujours tellement aimé la France : elle a ce côté romantique qui me plaît tant... J’envisage de déménager à Paris - j’adore Montmartre, le Marais et les environs du Faubourg Poissonnière.

 

Sur ton Instagram, tu postes en effet régulièrement des photos de Françoise Hardy et de Jane Birkin. Ce sont des femmes qui ont beaucoup souffert en amour, tu t’identifies à elles pour cela ?

Oui sûrement ! En même temps, je n’ai pas non plus beaucoup d’expérience ; je n’ai que vingt ans, mais je suis très sensible, et je me sens aussi plus vieille que mon âge. Je m’entends mieux avec des personnes plus âgées que moi. Ca m’énerve quand on me dit «oh, tu es mature pour ton âge», je pense que tout ça n’a rien à voir l’âge.

 

 

La mélancolie est un moteur pour toi ?

Oui - et la mélancolie, ça ne veut pas dire la dépression. C’est pour cela que j’ai appelé mon album Tomorrow will be beautiful : pour montrer une touche d’espoir. Je ne veux pas être l’énième fille dépressive à guitare !

 

Quels sont les artistes sur la scène anglaise qui te plaisent ?

J’aime beaucoup James Blake, mais je trouve qu’il est difficile de se faire un crew à Londres, c’est très différent de Paris par exemple - et c’est d'ailleurs pour cela que j’aime la capitale française. Je me sens plus chez moi et plus en phase avec les gens de Paris. Et sinon, pour répondre à la question, j'ai tourné avec Ibeyi aux Etats-Unis et je me suis super bien entendue avec elles.

 

Et si tu devais collaborer avec un artiste français, ce serait qui ?

Charlotte Gainsbourg.

 

En français ou en anglais ?

En français. J’ai déjà chanté en français, et un jour, j’aimerais faire mon «EP français» ! (Rires)

 

++ La page Facebook, le compte Soundcloud et le profil Instagram de Flo Morissey.

++ Pages of Gold, le premier single de Flo Morrisey, est disponible ici, et son premier album, Tomorrow will be beautifull'est là.

 

 

Sarah Dahan.