Les garçons, comment pourrais-je décrire votre musique à ma mère ? 

Howard : On a essayé de le faire déjà avec la nôtre et ce n’est pas évident, c’est vrai !

Guy : Sur le premier album, les gens nous identifiaient à de la house, mais de manière générale, on aime dire que c’est de la musique sur laquelle les gens peuvent danser. Cette fois-ci, il y a de la house, du R’n’B... on ne peut pas mettre d’étiquette.

 

Je me demandais justement si vous étiez de bons danseurs...

Guy : Absolument pas. Mais Howard sait faire le Crip Walk. C’est la danse des mecs du gang des Crips, je ne déconne pas !

Howard : C’est bon, je vais te faire une démo. (Il se lève et se met à «danser», ndlr)

Guy : Moi je peux m’écraser le visage sur le dancefloor, très simplement.

 

 

Vous avez nommé votre album Caracal, qui est une espèce de chat majestueux, proche du lynx. Je voulais donc savoir si, comme le commun des mortels, vous êtes sensibles aux lolcats.

Guy : J’ai bien aimé le chat qui était sur l’aile d’un avion, ça a été repris par tous les médias, il m’a bien fait rire celui-là. Et Keyboard Cat est super cool, bien évidemment.

 

Pourquoi avoir nommé votre album ainsi ? 

Howard : On a invité beaucoup de chanteurs différents sur cet album et on a écrit les chansons avec eux, ce qui donne un résultat très éclaté. On ne savait pas comment regrouper tout cela de manière unifiée, donc on a voulu réaliser quelque chose de fort esthétiquement : c'est comme ça qu'on a trouvé le Caracal.

 

Avez-vous l’impression de faire partie d’une scène émergente en Angleterre ? Vous avez explosé en même temps que Sam Smith, par exemple.

Guy : On est très proches de Sam Smith, mais davantage sur un plan privé que sur un plan musical. Je ne pense pas qu’il existe de "scène" à proprement parler, mais je pense qu’en ce moment, il se passe quelque chose pour pas mal d’artistes britanniques qui commencent à bien marcher partout dans le monde. 

Howard : Je pense que nous avons eu de la chance au niveau du timing : si on avait sorti notre premier album un ou deux ans avant, il n’aurait pas été compris, il serait sûrement passé inaperçu. Les gens étaient prêts au moment où on l'a sorti.

Guy : Sur ce disque, on voulait qu’y figurent de «vraies» chansons, avec des paroles et tout ce qui va avec. On voulait faire quelque chose de pop. On n’est pas forcément en permanence à la recherche d’un hit - on pense simplement que c’est cool de bosser avec plein de gens différents. On a eu droit à des super collaborations sur cet album.

 

 

Comment s’est passée votre collaboration avec Miguel ? 

Howard : Nous sommes fans du travail de chacun. On connaît aussi un peu son manager, on l’a contacté et ça s’est fait comme ça. C’est très simple, en fait. 

Guy : Pour Lorde, ça s’est fait différemment : on la connaît personnellement car on avait joué ensemble aux Brit Awards, on avait fait un mashup entre Royals et White Noise.

 

Quels sont les avantages et les inconvénients de travailler et vivre en permanence aux côtés de son frère ?

Howard : Aujourd’hui, il n’y a plus d’inconvénients. On a défini nos rôles au sein de Disclosure ; parfois on a des désaccords, mais on en vient à bout pour le bien de la musique. Je me charge des paroles et des mélodies, et Guy s’occupe de la production. Chacun est à sa place, donc on n’empiète pas sur le terrain de l’autre. Et puis on peut être honnête l’un envers l’autre, on n’a pas besoin de prendre des gants. Si je trouve que ce qu’il fait est de la merde, je le lui dis ! (Rires) On gagne du temps comme ça.

 

Votre musique a été streamée des millions de fois. Quelqu’un comme Diplo dit que l’avenir de la musique, c’est le streaming ; d’autres comme Taylor Swift déclarent que le streaming tue la musique. Et vous, qu’en pensez-vous ? 

Howard : Je pense que tout ça dépend simplement de comment tu te fais de l’argent. Diplo peut très bien gagner sa vie en faisant le DJ, il prend 500 000 dollars par show donc il s’en fout qu’on streame sa musique. Taylor Swift a l’air de faire très attention à l’argent, donc elle veut être payée sur tout. Tout cela, ce n’est qu’une question d’argent, peu importe le format. Il faut trouver une économie à peu près viable - tu sais que notre vidéo de Latch a été vu à peu près 200 millions de vues ? Hé bien on a reçu 7 centimes de la part de YouTube. Je ne suis plus sûr du chiffre exact, mais c’était moins d’une livre, ça je peux te l’affirmer. 

Guy : C’est sans doute aussi parce qu’on a choisi de ne pas mettre de publicités avant nos vidéos.

 

 

Est-ce que vous vous verriez composer des B.O. ?

Guy : Oui - j’aimerais bien me faire un trip un peu ambient, mais pas tout de suite, dans quelques années. Howard a quant à lui déjà écrit d’autres titres pour d’autres artistes, même s'il n'a pas encore le droit d'en parler...

 

Avec qui serait votre featuring rêvé ? 

Guy : Michael Jackson sans hésitation, ou J. Dilla -  mais ils sont morts tous les deux.

Howard : Mais sinon, parmi les vivants, il y a quand même Stevie Wonder, Prince et d’Angelo. 

 

++ La page Facebook et le site officiel de Disclosure.

++ Caracal, le deuxième album de Disclosure, sort ce vendredi 25 septembre.

 

 

Sarah Dahan.