Dans une interview de Metronomy, Joseph Mount vous avait cité comme groupe français qu'il aimait bien. Ça vous impressionne ?
Caroline : Euh non pas spécialement. En fait, on connaît bien Joseph. C'est un pote. On s'était rencontrés en Angleterre pour un remix qu'Orion leur a fait de leur premier single My Heart Rate Rapid. Joseph est un mec entier, ça a été une belle surprise de le rencontrer.

Vous avez fait de nombreux concerts aux Etats-Unis et en Angleterre. Comment se passent vos lives ?
Caroline : Moi je chante et Orion est derrière son laptop. On essaie d'avoir une vraie complicité avec le public et de transmettre notre énergie.

Ça pogotte ?
Caroline : Oui, quand les gens en ont envie. C'est vrai que la musique appelle à ça. Lors d'un concert qu'on donnait au Macbeth à Londres, un type a cassé une dent à Orion. Orion l'a ensuite étranglé. Et tout ça s'est passé pendant le concert. Je me souviens que le mec en question était très content de s'être fait étrangler par Orion et son pote était très jaloux.

Vous googlisez souvent « Kap Bambino » ?
Caroline : Euh non. Pas vraiment. Ça fait déjà 6 ans qu'on s'autoproduit avec notre label Wwilko. On a fait pas mal de chemin avant de signer notre album chez Because donc là, il y a déjà un gros dossier. C'est Because qui est venu nous chercher. Nous on ne connaissait qu'Amadou & Mariam sur ce label. Ils avaient plutôt bien compris ce qu'on voulait. Ils nous ont laissé notre liberté : on a pu faire nos pochettes et on a tout enregistré nous-mêmes. Tout l'album a été fait dans une chambre. Les gars de l'équipe qui nous encadraient sont très compétents et de Burtel (le patron de Because ndlr) est un mec bien.

Et il y a remix par les Birdy Nam Nam qui est sorti.
Caroline : On a rencontré les Birdy en soirée. On est devenus potes, il y a quelques mois. Ils n'avaient jamais fait de remix et étaient très enthousiastes à l'idée d'en faire un pour nous. On a sorti le single Dead Lazer et ils nous en ont fait un remix pour l'occasion. Ils l'ont fait à quatre et c'est Yuksek qui a fait la prod.

Tout simplement.
Caroline : ...tout simplement.

Et Orion leur a fait un remix ?
Orion : J'ai fait un remix de Parachute Ending. Un morceau avec les claviers de Justice.

Qu'est-ce qu'il y de nouveau sur ce deuxième album, Blacklist ?
Caroline : On a mis les claviers en avant par rapport au précédent album. On a changé la saturation sur la voix. On utilisait un micro Fisher Price pour le premier album, Zero Life, Night Vision. Mais comme les voix saturées sont devenues pas mal à la mode, on a voulu s'en défaire un peu. On est plutôt des aliens, on ne voulait pas tomber dans l'electro punk et faire la même chose que tout le monde.


 

Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Caroline :
C'est super original, on s'est rencontrés dans une soirée.
Orion : Elle ne m'aimait pas trop au début.
Caroline : C'est vrai. Mais après, ça a été la grosse fusion. On s'est retrouvés sur notre maladie mentale hyperactive commune.

On ne dirait pas comme ça...
Caroline :
S'il n'est pas sur un ordinateur à faire de la musique, il ne fait pas grand-chose.
Orion : Je fais de la cuisine sinon. J'ai plusieurs spécialités : je réussis assez bien le boeuf bourguignon. Dans le Périgord, il y a assez peu de plats à cuisiner, tout est déjà préparé : le confit de canard, je l'achète déjà préparé et le foie gras aussi. Je réussis très bien les patates salardaises.

Tu as un prénom très original, Orion.
Orion :
C'est vrai. Il faut interviewer mes parents pour ça.

Vous écoutez quoi ces temps-ci ?
Caroline :
Le dernier album des  Black Lips est mortel. J'ai très envie de voir cet album en live. Sinon, j'écoute pas mal le dernier album de  HYPERLINK "http://www.myspace.com/thehorrors" The Horrors. Ils ont fait un premier album, il y a deux ans et demi, que je n'avais pas aimé. Et je ne sais pas ce qu'il s'est passé, la drogue, la dépression, des expériences diverses, je ne sais pas, mais ils ont pris un contre-pied à tout ça. Ils sont partis dans un truc shoegaze - expé - super planant. Sinon, j'aime bien les S.C.U.M. Ils font notre première partie au Cargo à Londres.

On vous connaît bien en Angleterre. Vous êtes plus connus là-bas qu'ici ?
Caroline :
Ouais je pense. Ça a été un des premiers pays à se manifester. C'est en Angleterre qu'on a eu nos premières propositions de sortie. On a réédité notre premier album sur un petit label londonien qui s'appelle Alt Delete,  il y a deux ans et demi. Mais c'est vrai que les anglais ont compris direct Kap Bambino. Et d'ailleurs, on a sorti notre album Blacklist sur l'antenne anglaise de Because. Et la plus grosse partie de notre promo se fait là-bas. On a eu de belles surprises : on a eu le NME en Angleterre qui s'est intéressé à nous. Et c'est suite à ça que, petit à petit, on perce dans les médias français. Au début, les Inrocks partaient en courant quand ils nous voyaient. Maintenant, on est en partenariat avec eux sur la sortie de l'album, on a des articles dans le magazine. C'est un peu le chemin inverse. Il faut avoir un article dans le NME pour qu'on parle de nous dans les Inrocks. Mais c'est vrai qu'on a une histoire avec le public anglais. Ils sont étonnants ces anglais. On pourrait croire qu'ils sont sclérosés dans un rock à mèche un peu chiant, mais en fait non. Ils sont très ouverts sur plein de trucs et beaucoup moins frileux qu'ailleurs. Ils n'ont pas attendu d'écouter des trucs plus accessibles comme Crystal Castles ou Heartsrevolution pour connaître Kap Bambino. Alors qu'en France, on nous dit tout le temps qu'on est les nouveaux Crystal Castles, même si on a sorti notre premier maxi en 2001 et qu'à l'époque, on nous prenait pour des aliens.

Vous avez déjà rencontré les Crystal Castles ?
Caroline :
Oui, on a joué le même soir à Bruxelles sur le Buel Boat, fin 2007. On a joué juste avant eux et ils ne voulaient pas jouer après nous. On pensait faire leur connaissance, mais eux n'avaient pas l'air de vouloir être en contact avec nous. C'est le promoteur de la soirée qui a dû aller les voir pour les convaincre de jouer. Mais en fait, il faut le dire, on trouve leur musique super cheesy...
Orion : Je n'ai pas dit ça moi.
Caroline : Moi oui en tout cas. Finalement ils ont joué et se sont cassés tout de suite après. On a recroisé le mec des Crystal Castles en décembre, à Toronto. C'est leur ville apparemment, ce que je ne savais pas. On a fait un concert auquel il est venu. On l'a croisé à la sortie. D'ailleurs il s'appelle Claudio et pas Ethan... On se disait « merde, il est venu voir le dernier truc qu'on faisait... » D'ailleurs, un des tout premiers concerts qu'on a fait, c'était au Canada, en 2003... Mais bon, je ne veux pas faire de rapprochement douteux. De toute façon, avec MySpace, tout le monde a accès à ta musique partout dans le monde et tout le monde pourrait s'en inspirer à partir du moment où tu mets tes morceaux en ligne. Je remarque d'ailleurs que, maintenant, il y a pas mal de groupes français electro un peu déjantés. On partage l'affiche avec les Crystal Castles à Dour. On verra bien. Je pense que si on nous compare souvent, c'est aussi à cause de cette image un peu dark qu'on véhicule. Mais de toute façon ce n'est pas la même chose. Rien qu'au niveau du BPM.

C'est vrai que les Crystal Castles, c'est un peu mou, contrairement à votre musique.
Caroline :
J'ai écouté ce qu'ils font et je me suis fait chier. Tu as d'autres trucs indé de la scène 8 bits, avec des petits bruits marrants, qu'on ne connaît pas et qui sont bien plus rigolos. Je crois qu'ils sont tellement hype qu'ils sont dans un autre monde. Alors que nous on est juste plus là pour faire de la musique. Mais bon, on aime bien la baston aussi, ça nous excite.

Et enfin ma nouvelle question préférée qui fera rêver tous les pauvres du monde entier : est-ce que vous êtes à découvert ?
Orion :
Ce mois-ci, non. Je tiens bien mes comptes.
Charlotte : Moi je ne tiens pas bien mes comptes, mais je ne suis pas encore à découvert.


Merci à Cécile & Céline pour leur aide précieuse.


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Par Gaétan Boussand // Photo: Céline Barrère.