Tu vas jouer dans une salle de jazz ce soir (le New Morning, ndlr), ça m’a surpris. Ça te surprend toi, ?
Julia Holter : Pas vraiment. On ne joue pourtant pas vraiment dans des lieux de jazz, mais j’ai été sur scène dans des endroits qui ressemblent à celui-ci. Donc… (Elle se lève, cherche quelque chose) ce n’est pas inhabituel pour nous de jouer dans ce type d'espaces. Puis on a quelque chose de très jazz ! Nous ne sommes pas un groupe de jazz hein mais… (elle trouve ce qu’elle cherchait) ...je ne sais pas bien ce que veut dire jazz aujourd’hui, en fait. Je crois que je viens de mettre de la San Pellegrino là-dedans, je n’aurais pas dû (effectivement, une substance violette mousse et dégénère hors de son verre).


Qu’est ce que tu bois ? Ça à l’air nocif.
C’est quelque chose qui renforce ton système immunitaire. Ça va peut-être m’éteindre un petit peu, ne t’inquiète pas si c’est le cas.

Tu joues autant dans des clubs de jazz qu’au Berghain ou dans des clubs techno. C’est grisant de pouvoir jouer n’importe où ?
Oui ! J’adore ça. C’est toujours hyper-différent, ça me pousse à m’adapter, au public, à la salle... j’aime beaucoup ça. Enfin - je pense que tu trouveras d’excellents exemples et de très mauvais, à vrai dire. J’ai eu de merveilleuses expériences dans des bars de merde. Mais j’ai aussi eu d’horribles expériences dans des bars de merde. Je me suis retrouvée dans des endroits où j’avais l’impression d’arriver comme un cheveu sur la soupe, j’étais mal accueillie et je ne supporte plus ça aujourd’hui, je suis fatiguée. Il n’y a pas de backstage par exemple, et ça peut me rendre grognon. Même si le concert se passe bien et qu’on rigole pendant le concert, ça gâche mon expérience.

Tu fais des unes de magazines d’un côté et de l’autre, tu joues encore dans des bars de merde ?
Oh ouais.

Souvent ?
Surtout aux Etats Unis. Ça arrive souvent, oui. Pratiquement pas en Europe, en revanche. Mais il y a quelques jours de cela, on a joué dans un endroit… disons mal adapté au concert. À Vancouver. C’est très différent sur le sol américain pour moi, j’ignore pourquoi ; Et quand bien même je jouerais dans un bar en Europe, ça se passe super bien. Il y a quelques temps, j’ai joué dans un bar à Glasgow, dans un lieu qui contient 100 personnes grand maximum, et c’était vraiment cool.

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Qu’est ce que ça dit sur ta musique, de pouvoir la jouer aussi bien dans le temple moderne de la techno, un club de jazz ou un bar de merde ?
Je ne sais pas. J’espère que ça marche dans tous ces environnements. J’ai l’impression que c’est le cas. Les musiciens avec qui je bosse sont très flexibles, ils savent s’adapter à n’importe quelle audience. Et comme on s’interdit de penser la musique en terme de genre, ça nous pousse à être toujours plus créatif en fonction des situations. Enfin, j’espère ! Si ça se trouve, je suis mal placée pour en parler. Mais j’espère qu’on produit une musique créative et non… un genre précis. Toutefois, c’est vrai que tu joues différemment en fonction des lieux, des cultures : une fois nous avons joué à Shanghai, dans un opéra, puis le lendemain à Pékin dans un club. Ce furent deux concerts si différents ! Je crois que j’ai préféré le club - l’opéra était très guindé. Mais varier ce genre d’expériences est vraiment drôle, et c’est instructif en tant qu’artiste.

Tu joues souvent devant une audience assise ?
Tout le temps ! Comme à l’opéra de Shanghai. Ça n’est pas aussi drôle, et c’est un peu frustrant, les gens ne bougent pas, te renvoient beaucoup moins en termes d’énergie. Peut-être que pour le public, c’est plus agréable ceci dit. Plus confortable ? Je ne sais pas si je fais un genre de musique qui s’apprécie assis ou debout. Je n’arrive pas à me mettre à la place de mon public.

Tu as déjà joué devant un public allongé ?
(Rires) Non - Mais si, en fait ! Une fois. Il y a bien longtemps, je faisais ce show pour Dublab, à Los Angeles, où tu joues devant une audience, pas endormie mais allongée durant toute la nuit. C’était dans une cathédrale, ce qui était vraiment impressionnant. Et puis aussi, je me souviens de ce projet, à l’époque où j’étais à CalArts (les Beaux-Arts de L.A, ndlr) : on avait eu cet exercice intitulé «sleep pieces» où l’on devait se réveiller toutes les heures durant la nuit, jouer et retourner dormir.

Ça ressemble à de la torture !
Oui, c’est dur. Tu n’imagines pas le temps qu’il faut pour te réveiller, quand tu ne dors pas vraiment. C’est vraiment mauvais pour la santé comme exercice, quand j’y pense. Mais le résultat est intéressant.

Les astronautes dorment comme ça, je crois. Par tranches horaires. Certaines théories préconisent même de dormir 18 fois trente minutes plutôt que neuf heures.
Wow, qui fait ça ?

Des astronautes. Je crois.
Ca a l’air horrible.


Pour revenir à ma question sur la variété d’endroits où tu peux jouer, ce que j’ai derrière la tête, c’est de savoir si tu es consciente de l’étendue de gens que tu peux toucher avec ta musique. Si tu composes consciemment de la sorte. Si tu poses la question de l’universalité en musique.
Bien… C’est intéressant. Mais je dirais non. La question m’intéresse mais j’essaie vraiment de ne pas penser au public, à ce qu’il peut attendre de moi. J’ai peur que ça déforme mon écriture. À vrai dire, je crois même que c’est dangereux. Mais c’est vrai que j’essaye de canaliser, dans cet album plus que les autres, quelque chose de très 60’s, surtout dans la démarche. Et c’est quelque chose de très installé dans l’imaginaire collectif, donc ça doit parler à beaucoup. J’espère que toutefois que cet album n’est pas "évident". Je ne voudrais surtout pas créer une réplique d’un genre précis : ce serait un échec. Même piocher dans plusieurs genres consciemment, ce n’est pas mon truc. Je n’ai jamais eu ce talent. Et ça m’embrouille.

Et est-ce que ça t’agace quand tu vois ta musique qualifiée en termes de genre ? Par exemple si quelqu’un dit que tu as réalisé un disque de pop ?
Ca ne me plaît pas mais je comprends. C’est très humain comme réaction : tu entends de la musique nouvelle, tu as besoin de la catégoriser. Mais c’est toujours un peu ennuyeux quand il s’agit de ta propre musique. Tu ne veux pas que quelqu’un la réduise à ci ou ça. Mais le cerveau fonctionne ainsi.

Néanmoins, un mot revient sans cesse quand tu parles de ta musique : «mystère». Est-ce que la promo et les interviews abiment ce mystère selon toi ? Tu sais, avoir toujours à tout sur-analyser.
Absolument. C’est quelque chose que j’apprends seulement maintenant ; je n’ai pas fait des milliers d’interviews non plus, mais je me rends compte que j’en dis trop. C’est important de laisser les choses parler d’elles-mêmes - je le réalise seulement maintenant et j’ai décidé de désormais m’y tenir.

Une autre thématique qui te tient à cœur, c’est la spontanéité. Tu tiens à laisser ton inconscient agir le plus naturellement possible.... tu as déjà essayé l’écriture automatique ?
Oui, oui. Certains titres de l’album sont pratiquement écrits ainsi. Comme Betsy On The Roof, qui est littéralement sorti de moi d’un coup. Ce morceau en particulier, j’ai l’impression, n’a nécessité aucune intervention de ma pensée.

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Est-ce que parfois tu te découvres toi-même au travers de tes morceaux ?
Non. En tout cas, je n’ai jamais remarqué - ou pas consciemment. Je ne sais pas si ce que je dis fait sens, mais disons que je ne me "cherche" pas dans un morceau. Je n’inspire pas mes textes de ma vie et je n’essaie pas de m’y voir. Mais peut-être que si je m’y autorisais, je me découvrirais. Cela dit, parfois, je regarde un vieux titre et je me revois complétement ; je sais à quoi je pensais à cette époque-ci. Mais bon c’est souvent trop abstrait pour témoigner vraiment de ce que je traverse à une époque. À vrai dire, j’écris pour ressentir quelque chose que j’ignore. Pas exorciser quoi que ce soit. J’écris pour ressentir une émotion nouvelle traverser quelque chose de nouveau. J’ai même l’impression que ça consisterait plutôt à invoquer un esprit… je n’y ai jamais pensé ainsi mais oui, je crois que mon travail consiste plus à invoquer un esprit que convoquer mes vieux démons ou confesser ce que j’ai sur l’estomac à un moment donné. Il s’agit intrinsèquement de fabriquer quelque chose qui n’existait pas avant pour que je puisse le vivre. Il ne s'agit pas de quelque chose que j’ai vécu. Par la suite, ces morceaux deviennent des petites créatures, qui ont leur propre vie. Et je les respecte. Parfois, je les aime, parfois je les déteste - mais elles deviennent complétement indépendantes de moi, ces créatures désordonnées. Au final, je ne sais pas à quel point elles me ressemblent. De toute évidence, elles viennent de quelque part, mais…

Parfois tu les détestes ? Avec le recul, tu détestes certains de tes titres ?
Je les respecte. Je n’ai jamais pensé après coup que ces créatures étaient idiotes. Que tu les aimes ou non, tu dois respecter ces objets d’art. Et pour continuer sur l'idée de créatures, dès lors que tu les interprètes différemment, elles changent de nature et ne t’appartiennent plus. Ce sont juste des êtres se baladant autour de toi sans que tu puisses exercer le moindre contrôle sur eux… Quelle était ta question ?

Tu y as répondu merveilleusement. Une autre obsession autour de ta musique - surtout parmi les journalistes -, c’est de connaître à quel point ta vie intime est engagée dans ta musique.
Je ne comprends pas pourquoi on a tant besoin de savoir.


Je ne comprends pas non plus. La plupart de tes titres sont basés sur des romans ou nouvelles, et il y a quelque chose de profondément injuste dans ces questions ou commentaires. On a l'impression que l'idée derrière, c'est que si tu n’investis pas ta propre histoire, alors ton œuvre est malhonnête. On refuse de penser que tu puisses élaborer une œuvre profondément intime si elle ne s’inspire pas avec transparence de tes propres expériences.
Tu as raison, et ça m’agace terriblement ! Je pense à des milliers d’artistes, extrêmement célèbres, qui dans leurs œuvres n’abordent pas immédiatement leur vie. Et du coup je me pose beaucoup de questions aussi. Je réfléchis sans cesse à ça. Pourquoi dois-je aborder mon intimité ? Parfois, on me répond «parce que tu chantes de manière très intime». Peut-être que c’est vrai, peut-être que sans m’en rendre compte, je déconnecte la chanson de mon interprétation. Je ne sais pas. Ça n’est pas à moi d’en juger. Bref. Cette même interrogation à répétition devient étrange et ça m’agace au point où je finis par répondre des idioties. J’ai relu une interview récemment où était extrait en énorme, entre guillemets, « ce n’est pas comme si mon copain venait de me quitter et que j’allais écrire là-dessus ». Et c’est vrai - ce n’est pas comme ça que je travaille, ça n’est pas du tout ce sur quoi je travaille, mais je ne devrais pas énoncer des évidences pareilles. Tu vas ressentir des tas de choses au cours de ton existence et parfois ton travail épousera ces sentiments, mais on ne va pas passer le restant de nos jours à se concentrer là-dessus. C’est absurde. Je me suis sentie embarrassée d’avoir dit une connerie pareille. Mais d’un autre côté, j’ai dû me sentir attaquée ou provoquée pour réagir de la sorte. Je pense à des artistes, tu vois du genre vraiment sérieux, ils ne répondraient jamais quelque chose du genre « ce n’est pas comme si mon copain venait de me quitter ». Je ne devrais pas me sentir attaquée. Je ne devrais pas être aussi sensible à ce sujet. Mais à chaque interview, j’y ai droit. Pas de la manière dont tu l’as posée - là, j’aime bien aborder les choses sous cet angle. Mais quand on me demande « est-ce que tu as peur de parler de ta vie ? », j’ai l’impression qu’on me demande ça parce que je suis une femme, et que si j’aborde un thème romantique, alors il faut que je me livre complètement. Je connais un tas d’artistes féminines à qui l'on ne poserait jamais cette question ; mais elles sont bien plus abstraites, elles. Pour la plupart, elles n’écrivent pas de textes. Donc je ne sais pas. Le fait que j’écrive doit tout simplement pousser les gens à se demander pourquoi je n’écris pas sur moi,  j’imagine.

Que ce soit entendu, ma question n’était pas un moyen détourné de savoir pourquoi tu ne parles pas de toi. Je trouve la question absurde et je voulais connaître ton sentiment à ce sujet.
Non non, je sais bien. Je n’ai pas pensé ça. Tu me poses une question sur la question.

Oui. Parce qu’au fond, c’est fatigant cette tendance actuelle du « basé sur des faits réels » dans tout un pan de la culture. Ça agit comme une caution pour tout et on délaisse la fiction, l’imaginaire…
Absolument. Ça tue la magie. Qui veut savoir si j’ai perdu mon chien ? Est-ce que je ferais de meilleures chansons si je compose avec la tristesse ressentie à cet instant ?

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Alors d’où ça vient ? C’est l’ère Facebook ? J’ai l’impression que ça cultive ou autorise les tempéraments voyeurs, intrusifs, même en Art, même dans le public.
Totalement. Je me demande combien de personnes doivent recevoir la question à longueur de temps. Mais si je la reçois, d’autres doivent la recevoir. Ça se normalise… Mais j’ai l’impression qu’on perçoit souvent mon processus de travail comme un peu prétentieux. Je vais piocher le cœur de mes compositions dans des nouvelles ou romans, et tout le monde pense que j’essaye d’éluder quelque chose me concernant. Donc ça pique la curiosité. Mais j’emprunte. Et l’Histoire de l’Art est truffée d’artistes empruntant des histoires pour les relire et les recomposer.

C’est extrêmement courant dans le cinéma. Tu fais du cinéma en quelque sorte.
Comment ça ?

Du cinéma où l’on utilise des harmonies et du texte à la place de la pellicule.
Oh, oui ! J’adore travailler comme ça, sur l’environnement, l’atmosphère, l’aspect visuel de mes morceaux.

L’aspect cinématique, c’est d’ailleurs tout ce qui semble te relier à ta ville d’origine : Los Angeles.
Ah oui ?


Bien, tu dénotes absolument avec toute les scènes de L.A. Et tu es à mille lieux de l’image habituelle du musicien de la ville.
Qu’est ce que c’est, le musicien de L.A. ? Jim Morrison ? (Rires)

Non, c’est très vaste et hyper-hétéroclite, mais entre un Ariel Pink et un Flying Lotus, tu as toute une scène folk vaguement clichée…
Ha oui ?

Oui, la petite scène locale de Silver Lake ou Echo Park…
Mais qui ça ?

Un paquet de petits groupes qui se rêvent en nouveau Warpaint ?
Oh, OK, je vois ce que tu veux dire.

Bref, tu ne sembles pas affiliée à quelque scène que ce soit. Tu sembles un peu en marge, peu connecté aux autres artistes. Cela dit, est-ce que c’est une bonne ville pour créer, L.A. ?
Absolument. Il y a énormément d’espaces, de quartiers différents. Tu peux te reposer, prendre le temps, c’est très verdoyant. Hyper-propice à la création. Bon, il faut avoir une voiture et il y a beaucoup de trafic. Mais tout le monde est dans sa bulle, dans sa voiture, c’est très différent des autres villes. Puis tu peux avoir beaucoup de temps seul, à flâner, penser, créer. On y trouve beaucoup de genres très différents, mais pas de scène précise à mon sens. Tu peux facilement produire une œuvre bien plus idiosyncratique lorsque tu la crées à Los Angeles. Ça aura l'air ironique, mais figure-toi que Los Angeles est une ville merveilleuse pour être anonyme.

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Il y a quelques semaines, Amber Coffman de Dirty Projectors dénonçait les agissements d’Heathcliff Berru et les agressions sexuelles dont elle a été victime. Ça a mis en lumière un sujet peu ou pas abordé : le sexisme dans l’industrie musicale. C’est quelque chose dont tu souffres ?
Je sais qu’il existe mais je n’ai pas eu à y faire face, et je n’ai pas eu à faire face à des gens comme lui. Je n’ai pas été attaquée physiquement. Je sais que c’est un énorme problème, qui d'ailleurs dépasse très largement l’industrie musicale. C’est d'autant plus un immense problème qu'on ne l’aborde jamais avant que se produise un viol. Et c’est un énorme problème parce que les victimes doivent se tourner vers les réseaux sociaux, ce qui ne devrait pas être le premier recours des victimes, parce qu’elles ne sont pas entendues et que c’est toujours très dur à prouver. En ce qui me concerne, je n’ai donc jamais eu à faire face à ce genre d’individus. Bien entendu, j’ai connu quelques enquiquinements, mais honnêtement très peu. Je suis chanceuse par rapport à quantités de femmes que je côtoie et qui ont dû traverser pas mal de merdes. Mais les réseaux sociaux demeurent un endroit très bien pour discuter de ces sujets. Ça peut permettre d’atteindre les sphères politiques si le débat prend de l’ampleur. Bon, moi je déteste ça, je songe à les quitter. Mais les réseaux sociaux permettent de partager des expériences, et il y a beaucoup de prises de conscience ces temps-ci autour des inégalités, des brutalités policières… en partie grâce à eux. Ils ne constituent pas toujours un endroit très respectueux pour un débat, mais au moins ils donnent du pouvoir à des tas de voix qui ne seraient pas entendues autrement.

Oui, et ça peut avoir un véritable impact dans le réel. Trois jours après l’affaire, Life or Death PR Management, l'agence dont Berru était le patron et fondateur, mettait la clef sous la porte.
C’est vrai, ça peut avoir un impact.

Mais tu songes à quitter les réseaux sociaux. J’ai l’impression qu’il y a un mouvement de grand retrait en ce moment.
J’aimerais mais je ne devrais pas dire ça. Il y a bien entendu des aspects que j’aime, comme jouer avec le langage. Et j’aime être capable d’annoncer les choses. Mais je ne trouve pas ça très sain.

Ça déprime beaucoup de monde. Epier la vie d’autrui de la sorte amplifie l’anxiété globale.
Oui, j’ai l’impression aussi. Ça déprime énormément. En même temps, j’ai pourtant l’impression que ça sert à équilibrer ses émotions, que ça donne du contrôle sur son image... mais tout ceci d’une manière très factice.

++ Le site officiel, la page Facebook et le compte Soundcloud de Julia Holter.
++ Son album Have You In My Wilderness est dans les bacs depuis le 25 septembre 2015.