Pourquoi  ce nom, Lucius ?
Jess : C’était le nom de mon chien, il y a des années de celà. Nous réfléchissions à des noms pour le groupe, et ce chien était un tel personnage... C’était une juxtaposition entre un faciès de bulldog anglais énervé mélangé à une sorte de candeur absolue. Nous aimions cet équilibre. Et on a toujours apprécié la manière dont le nom sonnait, comme de la crème, ou comme un groupe des années 60. Ce nom est resté, nous n’en avons jamais changé même si la formation a pas mal bougé.
Holly : Et ça fait maintenant 11 ans que nous l'utilisons.


Comment vous êtes vous rencontrées ?
Jess : Nous nous sommes rencontrées à l’école, nous habitions à Boston et je crois que nous avions… 18 ans ?
Holly : 18 ans… Wow. Ça fait longtemps.

Avez vous tout de suite commencé à jouer ensemble ?
Jess : Nous faisions de la musique individuellement et nous nous sommes rencontrées grâce à nos colocs respectifs. Ils sont devenus amis puis nous sommes devenus amies à notre tour, et nous avons commencé à nous admirer mutuellement en tant que chanteuses et performeuses. A l’époque, nous avions décidé de travailler sur une sorte de spectacle de reprises. Il n’a jamais vu le jour mais nous avons continué à faire de la musique ensemble malgré tout.

Sur ces 11 ans d’existence, quand avez vous commencé à enregistrer ?
Jess : Nous avons attendu que le groupe ait une formation stable. Lucius tel qu’il est à présent, ça fait a peu près 4 ans. Avant ça, nous étions juste un duo et nous travaillions avec des musiciens qui tournaient. Nous cherchions notre son, ce que nous voulions faire. Nous sommes arrivées à la conclusion que nous voulions quelque chose de plus rock. Avoir un groupe avec qui jouer, avoir une vraie identité live, énergique, que les gens dansent pendant nos concerts... Le groupe est né après cette longue période de recherche et de réflexion.

12189909_10153666779609417_6407882115541422541_nComment travaillez-vous ensemble ?
Jess : Holly et moi écrivons les chansons. Je pense que parce que nous créons ensemble depuis tellement longtemps que nous avons une manière très naturelle de... en fait, il n’y a pas de formule mais c’est un environnement sain. C’est vraiment une relation très spéciale qui nous permet de faire les imbéciles et de ne jamais nous sentir jugées. Grâce à ça, nous avons vraiment été capables de développer et d’explorer nos chansons et notre manière d’écrire, en tant qu'individus tout autant qu'unité. Nous avons cheminé seules pendant un long moment, puis nous avons rencontré les gars avec qui nous tournons actuellement. Chacun a offert quelque chose d’unique qui a amené de la puissance au groupe. C’est ce qui nous rend spécifique en tant qu’unité : chacun apporte sa contribution. Personne n’est remplaçable. Quand on a écrit une chanson, on l’amène aux gars, et chacun a son propre processus d’arrangement. Nous sommes 5 esprits forts et créatifs, donc se poser en studio est un processus lourd et intense. C’est un réservoir sans fin  de créativité à explorer.

C’est compliqué à canaliser ?
Jess : Oui, c’est difficile, très difficile. Mais il y a tellement de choses auxquelles Holly et moi n’aurions pas pensé sans eux ! Il est bon de se sortir d’une chanson, car créer peut avoir un côté très onaniste. C’est toujours ton bébé, même s'il passe à travers la machine du groupe. Au final, tu finis toujours avec quelque chose qui te surprend, le morceau sonne d'une façon à laquelle tu n’aurais pas pensé. Pour moi c'est une dynamique importante quand tu grandis en tant qu’artiste, tout particulièrement si tu veux partager cette expérience avec les autres.

Quelles sont vos références en terme de musique et de mode ?
Jess : Nous en avons beaucoup, nous les avons tellement digérées qu’elles sont en nous, et on ne peut pas y échapper : David Bowie, Sam Cooke, Roy Orbison... Et je crois que l’aspect visuel a pris de l'importance parce que pendant longtemps, ça n'a été qu'Hollie et moi, et nous ne nous sentions pas à l’aise sur scène. Il nous était difficile de parvenir à sortir de nous-mêmes. Peut être que déjà enfants, nous cherchions un moyen de nous échapper, un monde imaginaire où nous sentir créatives, inspirées et libres. Les vêtements nous permettent de nous mettre dans cet état, de trouver ce pays imaginaire. C’est aussi une extension de la musique : tout est fait pour les deux voix, nous voulons que tu sois transporté quand tu regardes la scène, mais également que tu nous perçoives et nous entendes comme une unité.

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Donc vous ne vous voyez pas arriver sur scène en jeans ?
Holly : Ce serait compliqué. Comme Jess le disait, ça nous aide à nous mettre dans notre monde. Ensuite, nous pouvons emmener le public avec nous. C’est comme un uniforme ou une armure. Ca nous transporte autre part. Et puis ça nous permet de séparer la personne sur scène de la personne dans la vie. En fait, c’est le seul moyen d'équilibrer l'ensemble.

C’est important pour vous ?
Jess : Oui, surtout que nos vie sont déjà tellement entremêlées ! Nous passons énormément de temps ensemble, nos familles sont proches… Nos vies se mélangent énormément, alors il est important de disposer d'une vraie séparation, consciente et physique.

Comment choisissez-vous vos vêtements?
Jess : On recherche l’inspiration n’importe où : beaucoup dans la culture japonaise, au début des années 70 et fin des années 60, chez des artistes qui nous ont toujours influencées, dans une forme spécifique ou une couleur qui nous attire... Nous les ajoutons à une idée préexistante qui a germé en nous, et - tu sais, en réalité on met juste des trucs ensemble, comme ces justaucorps, là, et puis voilà !

Vous ne sur-conceptualisez pas l'idée sous-jacente ?
Jess : Si, mais il faut que ça reste drôle et improvisé. On cherche des pièces qui nous vont bien à toutes les deux ; nous avons des corps différents. On se demande ce qui serait drôle à porter sur scène, ce qui est agréable... par exemple, lorsque nous avons une grosse journée presse et que nous voulons être à l'aise, tout en gardant l’identité Lucius. C’est important de savoir ce qui peut être porté pour différents types d’événements. Ca nous amuse beaucoup, et en général on s’en tient à une certaine palette. Au moins pour cet album, nous étions bien plus spécifiques quant à ce que nous souhaitions, ce que nous aimions et sur la manière de garder une sorte de cohésion d'ensemble.


Et c’était quoi pour Good Grief ?
Holly : Il y avait des couleurs, un peu d’or...
Jess : Une sorte de "glamour galactique".

C’était ça, l’esprit de l’album ?
Jess : Ce n’est pas un album conceptuel, nous ne nous sommes pas dit : “tiens, voici le feeling prédominant". Tout a commencé avec un énorme “j’ai un truc à dire, j’ai cette chanson que je dois sortir ou je vais devenir dingue”. Et nous nous sommes retrouvées avec toutes ces chansons, nous les avons mises sur la table, nous les avons écoutées et nous nous sommes demandé : “qu’est ce que ça veut dire, comment est ce qu’on les met ensemble, de quelle période sont-elles le portrait, comment pouvons-nous les réunir comme un tout ?”. Parties de là, nous avons réalisé qu’ils y avaient beaucoup de chansons heavy, et à l’opposée des chansons avec un beat très pop. Le fil conducteur n’était pas évident mais l’équilibre est venu petit à petit.

Pourtant, en écoutant l’album, il y a une lame de fond, quelque chose de...
Jess : Une cohésion ?

Oui c’est ça.
Holly : Les chansons ont toutes germé en tournée, lorsque nous étions ensemble en train de partager une expérience d’une manière très intime. Et quand nous nous sommes assises pour les composer, ça n’a été qu’une histoire de trois mois. Donc finalement, il y avait une vraie consistance, ce qui n’était pas le cas pour le premier album. Nous n’étions pas sur la route, nous ne vivions pas ensemble de manière si proche et nous avons mis trois ans à l’écrire. C’est peut être ça que tu as ressenti. Mais ce n’est pas cette consistance qui nous a frappées, c’était vraiment ce “je dois composer !”.
Jess : Comme une purge.
Holly : C’est vrai. Et le processus d’écriture nous a semblé tellement intense... C’est la raison pour laquelle nous nous sentions obligées d'ajouter des chansons plus légères, plus lumineuses. Il fallait du bon et du chagrin (jeu de mots sur le titre de l'album, ndlr). En les écrivant, nous sentions qu’elles appartenaient à des mondes différents. Mais ton ressenti est sûrement dû au génie de notre producteur Shawn, aux gars et à la manière dont le tout a été arrangé. Dans l'album, on trouve des univers différents mais le son apporte une vraie cohésion.
Jess : Et nos voix ensemble, automatiquement, maintiennent le tout.

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Parlons un peu de vous. Vous êtes de Brooklyn ?
Jess : Oui, mais ça fait neuf ans que nous n’y vivons plus. Nous avons déménagé à L.A.

Malgré tout ce temps, sentez vous toujours l'influence de la ville sur votre musique ou sur votre look ?
Jess: C’est impossible de passer autant de temps à New-York et de ne pas sentir son influence. La ville a un pouls, une respiration, une vibration tellement magnétique et impénitente… Tu ne peux que l’absorber. Tu y es et ça y est : la ville sera à jamais une part de toi-même. Nous avons toujours l’impression d’être à la maison quand nous y retournons. Mais pour cet album, nous avons collecté des idées extraites de tellement d’endroits différents, nous avons commencé à écrire dans tellement de villes... Nous sommes restées à L.A. durant la majorité du processus de composition, mais le mécanisme initial qui a fait jaillir l'album était complètement éparpillé. Je ne sais pas si un endroit en particulier a été plus influent qu’un autre. Le fait de bouger a été une inspiration en soi.
Holly : Ton journal ou tes chansons deviennent ton chez-toi en quelque sorte, parce que tout le reste bouge.

Est ce que vous avez des magasins préférés ?
Jess : Mix and Magic. Nous disposons d'une grosse collection de collants, de justaucorps, de lunettes de soleil et de manteaux. Récemment, nous avons commencé à travailler avec une styliste pour faire fabriquer nos propres vêtements. Nous avons élaboré des capes et de très belles robes que nous allons porter dans notre nouveau spectacle. Ca va être vraiment sympa, étonnant et rigolo !

Vous aimez la mode parisienne ?
Oui, on n’a pas les moyens mais on aime ! (Rires) Nous puisons notre inspiration partout, pas particulièrement dans des endroits chers. Tu vois, ça par exemple, c’est Zara. Et puis nous allons trouver une pièce comme ces justaucorps qui ont dû nous coûter 30$. Nous aimons tout mettre ensemble en imaginant que ça doit être cher car personne ne le porterait ! (Rires). On va chez H&M, Topshop ou Zara, et on se dirige vers le rayon "dernières soldes" parce que c’est la section des vêtements que personne n’achète.


Vous vous disputez parfois ?
Jess
: Oui, mais rarement. Peut-être cinq fois en onze ans.

Menteuse.
Jess : Je t’assure ! Et toutes ces disputes ont toujours été fructueuses.
Holly : C’est encore le "bon dans le chagrin".
Jess : Tu vois la chanson Gone Insane ? Sur le point de l'enregistrer, nous nous sommes retrouvées au studio d'une humeur bizarre ; nous avons fini par nous prendre la tête sur rien du tout, simplement parce que nous étions stressées. Je sors du studio en furie, Holly reste, les gars étaient partis en panique. Je finis par revenir, Shawn est toujours là en train de préparer les micros. Je vais voir Holly, je lui dis que je suis désolée, que je n’ai pas voulu lui exploser à la figure. Elle me répond : "OK, laissons ça derrière-nous et allons enregistrer". Nous avons enregistré cette chanson, et toute la partie finale où nous hurlons a été improvisée. C’était la première prise et nous étions juste là à crier... et tu sais, il y a un “boum” tout à la fin ; hé bien nous ne l’avons même pas entendu. C'est comme si nous avions quitté l'espace-temps.
Holly : Oui, ce son de fin était déjà prévu, mais Shawn l'avait étendu pour que nous puissions jouer encore un peu. Nous n’avions aucune idée du moment auquel il allait se faire entendre. Il a surgi comme par magie pile à l’endroit où nous nous sommes arrêtées. Au final, c'est donc quelque chose de positif qui est sorti de cette prise de tête.

Ok, donc pas trop de disputes.
Jess
: Non. Il y en a deux dont je me souviens, peut être. Une en club - nous nous disputions et littéralement 10 minutes après, c'était fini. Ensuite, il y a eu Nashville : ce n’était pas vraiment une dispute, c’était plutôt une décompression. Nous sommes fréquemment sujettes à des moments de décompression, mais dans ces cas-là on s’aide, on se soutient. Une autre fois aussi - ce n'était pas une dispute, c’était plus l’expression de frustrations. Je crois que c’était à cause d'une histoire de fringues ! (Rires) Et ensuite la dernière, c’était Gone Insane. Ce sont les seules dont je me souvienne. Et toi ?
Holly : Non, c'est vrai qu'on ne se dispute pas vraiment. Ah si, il y a eu cette fois où nous étions dans un club très bizarre... je me baladais de salle en salle, tu étais là, je te disais que je ne me sentais pas bien et tu m'as répondu : "frappe mes mains, frappe mes mains !".
Jess : Mais tu n’étais pas énervée contre moi.
Holly : Non, mais je crois qu’on commençait à s’énerver mutuellement ; moi, tout le monde m’énervait...
Jess : Oh oui, je me souviens maintenant, c’était à Vancouver ! C'est vrai, tu t’énervais toute seule alors je t’ai dit de me frapper les mains, et tu l’as fait !
Holly : Et puis ça allait mieux.  Beaucoup mieux !
Jess : Mais je crois que c’était à propos de trucs familiaux...
Holly : Comme d’habitude ! (Rires)

luciusok4En vous écoutant on a l’impression d’entendre des âmes soeurs...
Holly
 : Oui. Je pense que nous sommes des individus différents mais très complémentaires. C’est pour ça que nous ne nous disputons jamais vraiment. Nous remplissons les blancs de chacunes, un peu partout : dans l’Art, dans notre amitié...
Jess : Nous n’attendons pas de retrouver chez l’autre la même chose que chez nous. Je ne sais pas trop si ça fait sens ce que je raconte, tu vois le truc ?

Oui - vous voulez dire que vous n'êtes pas le miroir l'une de l'autre.
Jess
: C’est ça. Ce qui est drôle, parce que nous jouons à être des miroirs sur scène. Mais cette vraie complémentarité nous permet d'être Lucius sans devenir folles. Ce n’est pas comme si nous étions jumelles et que nous avions grandi en étant toujours comparées l’une à l’autre. Nous sommes capables de vraiment nous apprécier et nous nourrir mutuellement ; il y a des choses qu’Holly m'offre que je n'ai pas, et vice-versa.
Holly : Le groupe, la musique... c'est comme une troisième personne. C’est comme l’ami qui n'existe que dans ta tête : (rires ; elle imite une voix off de publicité) "Lucius, notre ami imaginaire !".

Quel est votre meilleur show, ou celui qui vous reste le plus en mémoire ?
Holly
: Le premier qui me vient à l’esprit, c'est lorsque nous avons joué à l'O2 Arena avec Jack White.
Jess : Je ne crois pas que ce soit notre meilleur show, mais c’était une expérience énorme.
Holly : Oui, je suis d’accord. C’est la première qui me vient à l’esprit, c’était vraiment délirant. Mais tu as raison, ce n’était pas notre meilleur concert.
Jess : Moi, j’ai toujours des frissons quand je pense à ce concert dans une église qu'on avait fait à Austin, pour SXSW. C'était émotionnellement très chargé comme expérience.
Holly : C’était un bon concert, oui.
Jess : Et puis un autre, au Terminal 5 : notre plus gros concert à New-York, la première fois que nous affichions complet. Il y avait 3 000 personnes, nos familles étaient là.

Pression ?
Jess
: Non même pas : c’était comme le plus gros câlin que tu puissses recevoir ! (Rires). Ce n’était pas non plus notre meilleur show, mais le feeling était tellement fou...
Holly : C'est vrai. Dublin aussi !
Jess : Aaaaah oui !
Holly : C’était dingue. On a eu l’impression d’être les Beatles !
Jess : Oui, les gens criaient tellement fort que nous ne nous entendions plus.
Holly : On a commencé à rire en se disant : "pourquoi est ce qu'on chante ? Les gens le font mieux que nous !". Le public chantait tellement fort avec nous, je ne sais même pas pourquoi ils connaissaient nos chansons, nous n’avions jamais été là-bas auparavant... Et lorsque nous sommes sorties de scène, tout le monde était tellement excité que les gens nous apportaient des shots de whisky, de la Guinness… C’était génial.

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D'ailleurs, comment est votre public ?
Holly : Le public a toujours été très sympa avec nous. Il est très diversifié, vieux, jeune... Pendant la dernière tournée, à la fin des concerts, nous nous plongions dans la foule et nous jouions en acoustique avec tout le monde autour. C’était génial d’avoir ce côté plus personnel. 

C’est important de garder cette proximité ?
Holly : Oui. Lors de notre dernière tournée, nous allions chanter dans la foule, nous nous occupions nous-mêmes de notre merch, nous allions voir les gens après le concert même si ce n’est pas toujours simple physiquement. Après avoir chanté, c’est très fatigant de se faire entendre en parlant par-dessus une foule.
Jess :  Nous allons un peu avoir du mal à le faire sur notre prochaine tournée parce que nous avons composé des morceaux assez exigeants vocalement. Mais nous allons à la rencontre du public autant que possible.

C’est quoi le truc le plus fou qui vous soit arrivé ?
(Elles réfléchissent)
Jess :  Le truc le plus dingue qui nous soit arrivé, à mon sens, c’est quand on nous a demandé de faire les choeurs au concert de Roger Waters. Je n’arrive toujours pas à le croire. Roger Waters, les Pink Floyd, une légende aussi bien sur scène que dans la vie, qui nous accueille dans son monde musical ! Je n’arrive toujours pas à... bref : nous chantons ces morceaux épiques, la pluie commence à tomber, les gens sont en train de crier, de pleurer, et on se regarde en se disant "what the fuck, this is happening". Pour moi, c’est le truc le plus dingue qui nous soit arrivé. Pas "dingue-chelou", mais exceptionnel.

Holly, tu es d'accord ?
Holly : Oui. Pas évident de faire mieux que ça ! (Rires)

++ Retrouvez Lucius sur leur site officiel, leur page Facebook et leur compte Soundcloud.
++ Leur album Good Grief sortira le 11 mars . Elles seront en concert le 14 avril à la Maroquinerie. Retrouvez toutes leurs dates ici.


Crédit photos : Piper Ferguson.