Il y avait vraiment écrit «promeneur» sur votre passeport ?
Pierre Barouh : Oui. J’étais adolescent, et j’avais écrit ça sur mon premier passeport. Mon premier voyage hors-frontières était en Scandinavie. Danemark, Norvège… C’était une belle promenade. Combien de pays j’ai traversé ? Je ne saurais vous dire, mais hors la France, j’ai mon triangle magique : Québec, Brésil et Japon. Ça ne m’empêche pas d’aller ailleurs, mais comme j’ai l’obsession de la disponibilité, je vais où l'on me demande.

Petit, vous ne voyez rien de la guerre, sinon quelques bagarres à la communale, en campagne. Vos parents modifient leur nom ?
Non, et d’ailleurs Barouh veut dire «béni» en hébreu. Avec un peu de généalogie, nous nous sommes découverts un possible lien de cousin avec Tchéky Karyo, enfin lointain. Je n’ai pas poursuivi mes recherches mais c’est très probable.
1361714313_barouhaimeePierre Barouh avec Anouk Aimée, Cannes, 1966

Le livre de Maxime Delcourt (journaliste contribuant à
Brain) est titré du slogan de votre label, Il y a des années où l’on a envie de ne rien faire. Les éloges de la jeune génération commencent !
On commence à mythifier mon parcours alors que je continue à jouer au flipper le matin au bistrot ! Je serai toujours à côté de la plaque. Il m’est arrivé de faire du stop, et de changer de côté de la route, pour me laisser porter sans savoir où j’allais.

Le flipper, mais j’ai aussi lu que vous avez joué au billard avec Robert Redford et que vous avez été dans une grande équipe de volley dans votre jeunesse. Grand sportif, en fait.
Toujours un petit flipper le matin, c’est mon yoga. C’est vrai pour le billard - quant au volley, j’ai joué en équipe de France B. Ça m’a évité la guerre d’Algérie. Je n’ai pas demandé à me planquer, je n’ai rien demandé. Mais comme à l’armée de l’air, il y avait un responsable fou de volley, alors je me suis retrouvé place Balard (dans le XVème arrondissement de Paris, ndlr) dans l’équipe de volley-ball.

L’un de vos premiers longs voyages, c’est finalement pour aller rencontrer Vinícius de Moraes, n'est-ce pas ?
J’étais parti en stop au Portugal et ça avait beau être la dictature de Salazar, finalement, je me suis fait quand même fait des potes. Je chantais dans un resto italien, et un jour, je rencontre le musicien Sivuca. C’est le choc, le sésame de ma découverte du Brésil. J’allais l’écouter toutes les nuits. Je découvre João Gilberto, Antonio Carlos Jobim, Moraes… L’obsession du Brésil s’installait quand un homme débarque en famille dans le restaurant où je jouais et m’offre un café. Il était directeur de la compagnie de navigation portugaise ; je lui demande du bout des lèvres un poste sur un bateau pour le Brésil. Ce qu’il me trouve, sur un bateau qui s’amarrerait trois jours à Rio. Bon, je prends. J’y vais pour rencontrer Vinicius. Évidemment, là-bas, je me promène et ne rencontre personne. Je retourne à Paris.


Mais alors la rencontre n’a pas eu lieu ?
Je ne veux pas patauger dans la nostalgie, mais je regrette qu’avec votre jeune âge, vous ne puissiez connaître le Saint-Germain-des-Prés de l’époque, et le jazz que j’écoutais avec des potes en bas de la rue Saint-Benoît. Un soir au dessert, je me mets à chantonner la chanson que Sivuca m’avait apprise. Une famille de Brésiliens à côté prête l’oreille, et s’étonne que je connaisse aussi bien une chanson brésilienne : ils m’invitent chez eux. Et chez eux, il y avait Vinicius de Moraes et Baden Powell. On a parlé toute la nuit, une amitié immédiate s’est créée et c’est là que j’ai découvert la Samba da Bênçao, qui deviendra la Samba Saravah. Voilà, j’avais traversé un océan pour rien.

C’est votre ticket d’entrée pour aller filmer Saravah, votre premier film (documentaire culte où se côtoient les légendes de la samba comme Pixinguinha, João da Baiana et Maria Bethânia, nda) en 1969 au Brésil ?
C’est très emblématique de ma carrière : le cinéaste Pierre Kast partait au Brésil et m’enjoignait à venir avec lui tourner un film sur mes potes musiciens. Je n’étais pas pressé de faire un film, mais j’y vais. Et je tombe sur un Pierre Kast déconfit : son film capotait. «T’es venu pour rien, on repart dans quatre jours !» Bon, avec sa panoplie de réalisateur français, ça n’avait pas marché. Je réunis son équipe et leur dis en toute humilité qu’avec les jours qui nous restent et la complicité des Brésiliens, nous pourrions aller filmer les musiciens. Le film passe à l’été, et puis je l’oublie. J’oublie tout d’ailleurs - on pourrait dire que c’est Alzheimer, mais comme j’ai toujours tout oublié, ça me rassure : je dois être très concentré sur le présent.

Mais c’est devenu culte ?
Les gens qui apparaissent à l’écran sont des légendes. C’est peut-être le seul document filmé qu’il y ait sur Pixinguinha et c’est un mythe, il avait sa statue de son vivant à Rio. La rue dans laquelle il habitait portait son nom ! J’avais réuni des gens qui n’étaient pas de la même école et se retrouvaient ensemble.
Les Japonais ont sorti le DVD. La France a suivi. Le Brésil aussi bien sûr, et c’est devenu de la folie complète. C’est symbolique de mon parcours car ce hold-up réalisé en 3 jours il y a 45 ans était complètement inattendu et me vaut encore des hommages aujourd’hui.


En 1969, vous aviez déjà été stagiaire chez Georges Lautner, joué dans Le Gendarme et fait Un homme et une femme avec Lelouch. Vous aviez l’envie d’être acteur ?
Non non non ! Je n’ai jamais eu d’ambition de carrière. Mais ça m’a permis de faire du cinéma ensuite.

Comment êtes-vous amené à jouer ET signer la bande originale d’Un homme et une femme, alors ?
Je rencontre Lelouch en jouant dans Une fille et des fusils, un film tourné en trois semaines avec peu de succès. Dans la mouvance, Lelouch vit un transfert passionnel et me voit en acteur. Il me raconte l’histoire d’un homme mort, d’une femme qui se souvient de lui, Un homme et une femme. Je lui présente mon ami Jean-Louis Trintignant, et je lui fais de l’intox sur le talent de mélodiste de mon pote Francis Lai, un petit accordéoniste niçois qui jouait dans les bals en ces temps-là, et avec qui je frayais la nuit à Montmartre. Lelouch, c’est pas qu’il doutait de son talent, mais… Enfin quelques mois avant, on avait écrit une chanson qui était porteuse des mêmes parfums que l’histoire de Lelouch. Je les rassemble à Montmartre, et on joue Plus fort que nous. Claude la voulait pour son film. J’avais placé mes potes.


Et comment la Samba Saravah arrive-t-elle là-dedans ?
Je finissais un film au Brésil, je m’amusais avec mes potes Baden et Vinicius, et ils me tannaient pour adapter la Samba da Bênção. Je ne voulais pas au départ : trop brésilienne, je ne voulais pas la trahir ; mais ils m’avaient mis un poison dans la tête… Ma dernière nuit au Brésil, on chante la samba toute la nuit. Au petit matin, j’avais des paroles et on enregistre la Samba Saravah sur un revox en une prise. J’arrive à Orly, Lelouch vient me chercher, je lui fais écouter. Et à quatre jours du début du tournage d’Un Homme et une Femme, il change le scénario et inclut la Samba Saravah.

Nan mais what ?!
Moi qui suis fasciné par la vertu des impondérables, je crois que c’était une première. Il aurait suffit qu’un producteur se mette dans le business, et un accordéoniste niçois ne serait pas à la bande originale. Si on a pu faire ça, c’est qu’il n’y avait pas un rond pour faire le film. D’ailleurs, au bout de 8 ou 10 jours de tournage, Claude nous réunit avec Anouk Aimée et Jean-Louis, et nous dit «bon, désolé, j’ai plus un rond, le tournage est interrompu». Frustrant. Je suis allé voir tous les éditeurs que je connaissais, Barclay, etc., pour gratter des avances et que Lelouch s’achète de la pellicule. Finalement, un distributeur québécois voit les rushes et finance la fin du film.
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Pierre Barouh débarque à l’aéroport, avec à l’épaule son Revox contenant l’unique prise de la Samba Saravah

Un an après votre premier film Saravah, vous réalisez Ça va, ça vient, un film tourné autour de la construction de la place des Fêtes à Paris, avec Jérôme Savary, Areski Belkacem et Élie Garguir. En fait, 50 ans avant, ce film raconte tout à propos de la gentrification, non ?
Ce film-là prend un relief incroyable aujourd’hui. Ça se passe en 70 : l’histoire de deux amis d’enfance bossant sur un chantier à Paris et vivant en banlieue. En construisant la place des Fêtes, ils participent à tout ce qui a chassé la classe prolétaire de la ville, et ces deux amis sont un Juif et un Arabe.
Ce qui était incroyable, c’est comment tout le monde rentrait dans la fiction alors qu’aucun n’avait déjà joué : les maraîchers, les passants : ils jouent tous leur propre rôle, et je ne faisais pas de direction d’acteur. Même Jérôme Savary avec son grand Magic Circus et ses animaux tristes, c’est leur premier film.
Après, en 76, j’ai sorti le film le plus sournois de ma vie, tourné en huit jours : L'Album de famille. Qui commence en fiction, part en reportage, et navigue dans les parfums de 68. Il est incroyable, ce film. Le seul film que j’ai réalisé dans des schémas de production classiques ensuite, c’est Le divorcement.

Parallèlement à  cela, vous commencez votre label Saravah dès 1965. Arrivent vite des disques de Brigitte Fontaine, Areski Belkacem,  Higelin… Vous attiriez tous les artistes subversifs ?
À l’époque, ils n’étaient pas connus, et Saravah, cette aventure, a réuni forcément bien des aspects non conventionnels. Même au Brésil, ils n’avaient jamais produit un album de berimbau ; on l’a fait avec Naná Vasconcelos. Quand je lui présente Pierre Akendengué, le croisement Afrique / Brésil était inédit. Il pouvait y avoir une teinte de subversion, mais ce n’était pas intentionnel. Pour moi, le classement des genres, c’est du marketing. Je peux m’envoyer en l’air sur un air d’accordéon, être bouleversé par une chanson et m’éclater à une soirée free-jazz. C’est tout. Dès que des gens m’émeuvent, c’est bon, c’est mon éthique : je n’ai ouvert ma porte qu’à des gens qui me passionnaient.


Le label se base dès le départ sur cette énergie instantanée ?
Mes premiers disques étaient signés par Lucien Morisse chez AZ, il me disait : «je vais te trouver un super arrangeur», je répondais que je voulais travailler avec Maurice Vander. «Quoi, un musicien de jazz ? Pas question !» Du coup, je fais grève ; mon premier contrat commençait par une grève, ha !
La Samba Saravah enregistrée après une nuit sans sommeil sur une Revox en une prise a donné tout le ton de Saravah. Je n’arrivais pas à analyser le fait que j’étais un peu troublé par le côté limpide et plat qu’exigeaient les directeurs artistiques alors que j’avais toujours été fasciné par la spontanéité. Saravah est né de cette volonté d’impulsion.

C’est vrai que pour l’album Vous et nous, Areski Belkacem faisait la musique le jour et Brigitte Fontaine allait la nuit faire les voix dans le studio ?
Oui, je crois que c’est vrai.

C’est aussi cette spontanéité que vous décrivez qui a permis l’album Comme à la radio enregistré par Brigitte Fontaine avec l’Art Ensemble of Chicago ?
J’étais dans un bar, et je dis au mec avec qui je discute qu’il faut que j’y aille. Le mec, c’était Alfred Panou, il m’accompagne. Et à l’époque, je laissais le studio à l’Art Ensemble of Chicago quand il était libre pour qu’ils répètent. Bon, je les laisse, Alfred reste, et quand je reviens ils avaient fait un disque mythique : Je suis un sauvage. L’Art Ensemble of Chicago, je les avais juste vus à un concert en leur disant que, voilà, j’avais un studio qui pouvait être à leur disposition. Quand Brigitte Fontaine collabore avec eux, c’est parce qu’une poétesse avait croisé un ensemble de free-jazz à la pointe de la musique contemporaine au studio des Abbesses où nous étions. On pouvait provoquer les choses. Quel oxygène ! Il y avait une grande part d’improvisation (j’étais en studio, même si je ne suis pas ingénieur).


Avec Jean-Claude Vannier aux arrangements (sur l'album Brigitte Fontaine est folle par exemple, ndlr) : comment on provoque ça ?
Encore une fois, c’est la phrase de Vinicius de Moraes : "la vie, c’est l’art des rencontres". Et c’est ce que j’aime faire.

Vous n’étiez pas un peu "manager" en découvrant ces talents très jeunes ? D’ailleurs, comment vous les rencontrez ?
Non, je n’étais pas manager. Dans Paris, Higelin jouait du banjo dehors, et il jouait un truc avec Brigitte. Et il y avait des chansons, Saravah venait de naître et j’étais très ému, donc je leur ai ouvert ma porte tout de suite.

Comment avez-vous vécu le fait qu'en devenant plus connus, ces artistes vous quittent pour des grandes maisons de disques ?
La vraie subversion ne peut s’exprimer que dans le positif. Si l'on a quelque chose à dénoncer, c’est qu’on a quelque chose à proposer, donc dans mon autobiographie (Les rivières souterraines, nda) il n’y a rien de négatif. Et je vous dis ça sans amertume, mais vous allez comprendre. Comme j’ai passé mon temps à ouvrir ma porte et à tendre l’oreille à des gens à une période où personne n’allait le faire pour eux, les années passent et je deviens le mauvais témoin. C’est pas vrai pour tous ; Brigitte et Higelin m’ont dit qu’ils avaient eu une proposition et sont partis en me serrant la main, c’est entendu. David McNeil ou Maurane se sont plus mal comportés par exemple, mais c’est dans la nature humaine.


Vous avez aussi édité des artistes plus confidentiels comme Jean-Roger Caussimon, immense auteur ; quelle place occupe-t-il dans votre catalogue ?
Ma plus grande fierté. Caussimon fait partie des gens dont je me suis nourri quand j’ai commencé à écrire. Voici comment on se rencontre : j’apprends qu’il joue au Lapin Agile [cabaret mythique de Montmartre, ndr], je fonce le voir. Il mesurait 1m90, était un vieil anar humaniste avec une courtoisie fin XIXe. Je lui dis : « Monsieur Caussimon, j’aimerais vous produire un album ». Il me répond : « Mais cher Pierre Barouh, vous n’y pensez pas, vous allez perdre tout votre argent ! » Les autres, Areski, Fontaine ou Higelin auraient fait leur parcours sans moi. Mais lui, ça a illuminé les quinze dernières années de sa vie.

Il y a quand même beaucoup de hasards formidables dans votre carrière, le plus drôle étant celui de La Bicyclette que vous écrivez pour Yves Montand.
Incroyable ! Ça sort en mai 68, quand il n'y a plus d’essence en France !

C’est bizarre qu’on ne parle pas plus de votre carrière dans la musique aujourd’hui ?
Il y a une ambiguïté dans mes rapports avec la France, j’ai passé presque 50 ans de ma vie à œuvre à la reconnaissance du talent des autres en fondant Saravah : je suis suspect. Si j’essaie d’expliquer que c’est par passion, c’est infantile. Alors on ne sait pas où me classer. J’ai fait un label, des films, des pièces de théâtre avec des Chiliens exilés. Il n’y a pas de mauvaises intentions mais les gros médias m’ont mis dans une sorte de ghetto. Saravah fête ses 50 ans. On doit être le plus vieux label indépendant planétaire. Quand je dis que c’est une aventure, ce ne sont pas des mots en l’air : je n’ai jamais pris un franc de la société.


Certes, mais c'est parce que vous avez été escroqué ?
Oui, mais c’est le passé. Là maintenant, c’est un ami qui s’en occupe parfaitement.

Enfin, que pensez-vous du fait qu’on vous décrit souvent comme «l’importateur de la bossa nova» ?
Ho !

C’est faux mais pas complètement faux, non ?
Des malentendus complets ! Samba Saravah, on dit que c’est de la bossa nova, mais pas du tout : pour moi, la bossa nova commence et s’arrête à João Gilberto – cette histoire se raconte au détriment de la richesse de la musique brésilienne : frevo, samba, brega… Et comme il n’y a jamais de succès sans malentendu : c’est lié au succès d’Un homme et une femme.
J’ai fait des adaptations, maximum huit ou neuf, quand j’étais certain de ne pas trahir le texte d’origine, mais je sais de qui je me suis nourri : je suis un auteur français.
Et j’aime témoigner de ce qui m’entoure – ce n’est pas un hasard si durant les dictatures, les plus censurés sont les auteurs de chansons. C’est impossible de censurer une chanson. Chico Buarque, grand poète populaire, avait écrit une chanson totalement censurée. À un concert, il l’a chanté en lalala et les 3000 spectateurs ont chanté les paroles.
Tu ne peux pas arrêter une chanson. Si tu veux être écrivain, peintre, cinéaste, tu as un sas de 10 ans à traverser pour porter une émotion ; moi, j’ai toujours trouvé sur un trottoir, dans un bistrot, trois personnes à qui chanter une chanson. Je veux dire, un jour ou l’autre, on découvrira ce qu’il y a dans mes chansons. En attendant, il n’y a pas un jour qui passe sans que je ne pense que je suis un privilégié. Je n’ai vécu que de mes droits d’auteur, je ne sais pas compter au delà de cinq.

Cinq titres français sélectionnés random pour donner du clic à Saravah :

Brigitte Fontaine, Comme à la radio
En mode free.

Jean-Roger Caussimon, Trois Mots
Le texte le plus terrifiant, le plus beau, le plus puissant sur la nostalgie. 1073 vues, bande de jeunes branleurs.

Pierre Barouh, Le Pollen
Un talk over de base sur des arrangements à la croisée des mondes, enregistré au Japon où la carrière de Pierre Barouh, déjà en 1982, était très surveillée.

Jack Treese, Je suis un éléphant
Deux ans avant le Métronomie de Nino Ferrer (enregistré sur le label Riviera ; «Métronomie», «Riviera»  : tu vois ce que je vois, Joseph Mount ?) et 30 berges après Dumbo, le folk-poète intimiste voit les éléphants roses.

Fred Poulet, Femme au foyer
Alain Bashung et Jean-Luc Le Ténia font la cuisine ensemble, et ça fait du Poulet Fred.

++ Le site du label Saravah.