On découvre sur votre MySpace comme sur votre site Internet, un univers  esthétique particulier composé de photographies : images rares et belles tirées de films, de scènes vécues, d'égéries prises en des angles étranges, et tout un tas de symboles, de corps et d'objets… À quel point puisez-vous dans cet univers visuel votre inspiration musicale?
The Big Pink : Nous pensons que les images illustrent la musique et inversement. Nous n'avons pas beaucoup pensé et conceptualisé cela. Nous avons juste en effet choisi ces images. Nous détestons les pages MySpace de groupes qui mettent en avant de manière grossière leur image marketing, et les logos de leur label et de leurs concerts. Ces univers logotypés se voulant émotifs nous dégoûtent. Myspace est d'abord la première plateforme de diffusion musicale accessible à tout le monde, comme le sont les fanzines. Nous voulons offrir une expérience musicale, et si grâce à ces images nous pouvons diffuser comme une odeur tirée de notre univers, alors c'est cool. Elle pourrait sentir le poppers, les cheveux brûlés ou le tippex.

Dennis Cooper, écrivain américain subversif, adepte du queercore avec lequel vous avez collaboré sur la pochette de Too Young Too Love, traite des thèmes liés à l'érotisme, la violence et l'adolescence. En quoi vous rapprochez-vous de sa vision du monde ?
The Big Pink : Nous faisons de la music Soul. Nous ne pensons pas à ces choses plus que ça. Nous aimons les bruits forts et les mots tendres.

 


Elvis est partout dans votre univers, mais loin des pauses et des images qu'on lui connaît, vous le préférez autrement. Pourquoi cet amour pour le King ?
The Big Pink :
Nous aimons Elvis. Il est la créature du monde la plus attirante. Il est fragile. Nous l'aimons comme une figure héroïque. Il y a deux excellentes biographies d'Elvis : celle d'Albert Goldman qui le décrit comme un gay désillusionné et drogué qui a puisé sa musique dans le black R'n'B, ou Last Train To Memphis qui est une description plus réelle de lui.

Milo Cordell, vous avez créé un label : Merok, sur lequel vous avez sorti des disques des Klaxons ou Crystal Castles.  Vous diriez quoi si je vous comparais à James Murphy ?
The Big Pink :
Je suis assez d'accord, mais je suis plus beau.

L'excellent label4AD pour The Big Pink. Qui est venu à qui ?
The Big Pink :
Nous avons rencontré beaucoup de labels. Mais dès que nous avons été en contact avec 4AD nous n'avons plus voulu voir personne d'autre. Car nous partagions des passions communes et nos discothèques sont similaires.

Que doit-on comprendre de ce nom The Big Pink ?
The Big Pink :
La désillusion de la grandeur, la stupidité, l'homosexualité. Vous pouvez  aussi comprendre ce que vous voulez.

Y'a-t-il un peu d'influences françaises dans votre musique?
The Big Pink :
Non pas tellement. Mais nous aimons M83 en revanche.

Bientôt un t-shirt The Big Pink pour femme car en plus d'être soldout il est XL… ?
The Big Pink :
Le jour de Noël 2012, trois jours après l'Apocalypse.


Clip - Domino

 

Par Alix Coudurier // Photos: DR.