Koudlam, your lips smell the ocean peut-être, mais pourquoi préserver ton identité et en jouer ? (A part avoir suivi un berger du nom de Paul qui t'a enseigné l'art du couteau, on aimerait en savoir plus sur toi…)
Koudlam : Je ne sais pas, peut être que j'essaie juste de m'amuser. Mais je peux aussi tout vous raconter : je suis maintenant un homme entre deux âges. J'habite à Paris et à Mexico City et mon nom vient d'un cri de guerre, hérité de mon adolescence passée à travers les plaines et les forêts du Dakota du Nord, avec des potes indiens alcooliques mais sympas.
 
Okay. Goodbye, album que tu as sorti il y a quelques mois, résonne comme le chant du cygne de notre civilisation. Dans The Great Empire est seriné : « where have been my soul », mais où a été la tienne lorsque tu as composé l'album ?
Koudlam :
Mon âme était en enfer pendant que mon esprit cherchait les moyens de l'en délivrer. Goodbye est le fruit d'une période sombre et chaotique. Je jouais beaucoup à la console, principalement à des jeux de foot très anciens et  je ne savais plus trop qui j'étais, comme si un virus avait pris le contrôle de mon esprit. Si je n'avais eu la musique pour alliée, je crois que je ne m'en serais pas sorti vivant. Aujourd'hui vient le printemps et je compte me consacrer pleinement à la cueillette de fruits (abricots, mangues, poireaux). Seuls l'amélioration de soi et le plein emploi de ses capacités comptent, c'est un devoir impératif envers l'humanité, c'est même le seul. Donc une période de bonheur s'ouvre à moi, c'est vraiment génial. Amen. 
 
Tu joues aussi bien dans des lieux déstructurés qu'à l'intérieur des Eglises. Crois-tu à  la rédemption?
Koudlam :
Les lieux sont importants, l'homme est son paysage. Les salles de concert sont en réalité les lieux les plus nazes pour jouer de la musique. A part ça,  je crois en ma rédemption, rien qu'en la mienne et par moi même.

See You All réinterprète de façon électro la mouvance no future. Tu approuves ? Tu te situerais plus du côté des Doors, Joey Division, Jean-Michel Jarre ou Aphex Twin?
Koudlam :
Précisément de tous ces côtés en même temps. Et de bien d'autres. On est toujours la somme de tout ce que l'on a aimé et en même temps toujours autre chose. 
 


Quels sont les artistes qui t'ont inspiré ?
Koudlam :
Il y en a trop. Dans tous les styles. 
 
Parmi tes créations, les morceaux tels que The Bach Remix ou Première Leçon de Piano pour Androïde Romantique malmènent agréablement notre âme. Ton ami et collaborateur Cyprien Gaillard te définit comme un "compositeur élec-thropique", peux-tu nous expliquer ? 
Koudlam : Tropical, entropique, et électronique, parfait. Cyprien est très fort.
 
Mélodie aux accents apocalyptiques, guitares psychédéliques : tu prends  des produits ?
Koudlam :
Seulement pour les interviews. Sinon, je suis comme les Chinois, j'ai horreur de tout ce qui empoisonne le corps et donc l'esprit. 
 

Héraut de la musique post-moderne, c'est ainsi que tu es sacré. Quelle  a été ta formation artistique, d'autant que tu réalises certains de tes clips ?
Koudlam :
Ce qui m'a formé c'est surtout l'Illusion, le fait de courir après des statues, des icônes, des rêves qui se détruisaient de l'intérieur et d'autres devenant authentiques comme par enchantement et raison.

Comment expliques-tu être limite plus connu à l'étranger qu'en France ?
Koudlam :
Parce que contrairement à ce qui se passe en général, au début j'ai plus tourné à l'étranger qu'en France. Je jouais beaucoup par le biais de l'art contemporain qui a le premier reconnu ma musique à travers les films de Cyprien Gaillard. Les musées, les galeries nous ont invités un peu partout dans le monde pour des performances.

Adoptes-tu la branchée- attitude ?
Koudlam :
Toujours, c'est tellement plus cool. Mais au fond, je sais bien que c'est mal. Et ça me rend fou.

Avec qui aimerais-tu collaborer musicalement ?
Koudlam : 
Jean-Michel Jarre, Geinoh Yamashirogumi (collectif musical japonais à l'origine  de la bande son du manga Akira), Shoji Yamashiro (chef d'orchestre et compositeur de la BO d'Akira), et un choeur de femmes. 

Où rêves-tu de jouer ?
Koudlam :
Sur une autoroute abandonnée à la jungle et aux gitans, avec des temples romains au loin et des vaisseaux en or massif croisant les éthers. Sinon pour l'ouverture des J.O de Glasgow. 

Quels sont tes projets ?
Koudlam :
Dans l'immédiat, à part la cueillette des abricots, j'ai un maxi et un album quasi terminés, une bande son d'un documentaire tourné en ce moment au Sénégal et une expo à New York.

Que penses-tu d'Avatar ?
Koudlam :
Qu'il faut que j'y aille pour te dire.
 

Clip - See You All


 

++ myspace.com/koudlam
 
Par Pauline Octobre Carayon // Photos: DR.