Quelle musique a bercé ton enfance ?
Baron Zen : J'ai grandi en écoutant de la funk et de la soul, puis je me suis mis au rap, et au milieu des années 80 à l'electro. Depuis la fin des années 80, je n'écoute plus que du rap.

 
D'où vient le nom Baron Zen ?
Baron Zen : Lorsqu'on a proposé notre premier morceau, At The Mall, à la radio de la fac de San José, on n'avait pas de nom pour notre groupe. Tekblazer a proposé Baron Zev, mais je me suis planté et j'ai écrit Baron Zen sur la démo. Le nom est resté depuis.

 
Comment as-tu rencontré Peanut Butter Wolf ?
Baron Zen : Wolf et moi avons grandi à San José, dans la même rue, juste l'un en face de l'autre. On s'est rencontré quand on était en CM1.

 
Peux-tu nous raconter quelque chose qu'on ne sait pas à son sujet ?
Baron Zen : Il aime manger les céréales dans leur boîte, sans lait. Il aime aussi séparer les marshmallows de ses Lucky Charms et les manger en dernier.
 

Quelles étaient tes ambitions quand tu as enregistré cet album ?
Baron Zen : J'espérais que mes morceaux soient joués en radio. Je voulais aussi envoyer des morceaux à Dr. Dre, DJ Premier et the Bomb Squad dans l'idée qu'ils produisent certains tracks. C'était un rêve, et il est devenu réalité puisque mes morceaux ont été remixés par Madlib, Arabian Prince, DJ Romes et Wolf.

Quelles étaient tes inspirations à l'époque ?
Baron Zen : Elles étaient très éclectiques : Public Enemy & KRS-One, Prince & The Time, Egyptian Lover & Cybotron, Joy Division & New Order, Chuck Berry & Bo Diddley...

Comment se fait-il que ton album ne soit sorti que 14 ans plus tard ?
Baron Zen : J'ai eu de la chance. J'ai acheté un enregistreur de CD il y a environ 5 ans pour copier tous mes vinyles de façon à pouvoir les écouter dans ma voiture. Un jour, j'ai copié mon disque de Baron Zen sur CD et j'ai donné une copie à Wolf. Madlib l'a entendu et n'a pas arrêté de parler de l'idée faire un remix. Pareil pour Koushik, qui a entendu Night In Jail dans la voiture de Wolf et qui a adoré. J'imagine que c'est à ce moment que Wolf a décidé que le monde était prêt pour Baron Zen.

Pourquoi ne pas avoir essayé de sortir cet album à l'époque ?
Baron Zen : Je n'avais aucune connexion. Et je ne pensais pas qu'il était assez bon pour mériter de sortir. C'était juste de la musique que j'avais enregistré dans ma chambre. Ça suffisait à mon bonheur d'entendre mes morceaux passer sur les radios universitaires de la Bay Area.

Ce n'était pas frustrant d'avoir cet album enfoui pendant toutes ces années ?
Baron Zen : Non, parce que je n'avais jamais vraiment pensé qu'il sortirait un jour. Tant que quelques amis et moi-même pouvions apprécier mes morceaux, j'étais heureux.

Ton album a été enregistré il y a près de 20 ans mais il se rapproche pas mal de ce que font certains groupes aujourd'hui. Est-ce que ça te procure un sentiment étrange ?
Baron Zen : Oui, c'est étrange. Quand je l'ai enregistré, il ne correspondait vraiment pas aux standards du début des années 90. Il sonnait vieillot du fait de mes influences type Joy Division ou Egyptian Lover, mais aujourd'hui ce son rétro est en plein comeback.

As-tu toujours continué à faire de la musique ?
Baron Zen : Non. J'ai juste continué à être DJ. Mais depuis peu, j'ai recommencé à faire de la musique, et je produis actuellement un album instrumental electro pour Stones Throw Records.

Comment gagnes-tu ta vie ?
Baron Zen : Je suis professeur d'anglais dans un collège, et je m'occupe d'activités extra-scolaires comme le sport et le journalisme.

Penses-tu que tu aurais pu ou aurais dû devenir un musicien plus connu?
Baron Zen : J'aurais pu si j'avais suivi Wolf, mais nos routes se sont séparées après la fac. Parfois, je me dis que j'aurais dû persévérer dans la musique, mais ce n'est pas le chemin sur lequel la vie m'a emmené.

Tu es zen ?
Baron Zen : A moitié. Disons que j'essaye. En tous cas, cela rend la vie plus simple et plus gérable. Mais je suis assez nerveux, je tiens ça de mon père.

Quels sont été les événements les plus heureux de ta vie ?
Baron Zen : Mon mariage et la sortie de mon album.

Quels sont tes instruments préférés et pourquoi ?
Baron Zen : Le keyboard : qu'aurait été l'électro boogie des années 80 sans ça ? En deuxième, le vocoder, si ça compte. Pas besoin d'explications.

Peanut Butter Wolf dit : « If Diddy invented the remix, Steve invented the mash-up », est-ce vrai ?
Baron Zen : C'est possible. Souvent, j'utilisais des beats et des breaks hip hop auxquels je rajoutais des guitares distordues et des notes de keyboards dingos pour enregistrer un morceau de Baron Zen. Alors, est-ce que c'était du mash-up ?

Ta phrase préférée ?
Baron Zen : Allons acheter des vinyles.


++ myspace.com/baronzen


Propos recueillis par A.C // Illustration : DR.