Présentez-vous à ceux qui ne vous connaissent pas encore.
Benny : Je suis Benny Lowe, chanteur et guitariste, voici Tim G. Wagner, clavier - le G c'est pour « Génie » -, et Brion Isaacs, batteur, qui a 23 ans. C'est le bébé, on s'occupe de lui. Avant, on avait deux autres membres, qui sont partis l'année dernière, et Brion a rejoint le groupe cette année. Tim et moi on a grandi ensemble à Long Island. C'est là que notre palette musicale s'est formée : un mix de soft rock, classic rock, hip hop, et disco. Je crois qu'on est très différents de la plupart des groupes américains. Ce qu'on essaie de faire, c'est de la vraie musique de New York : pas de l'indie rock. La vraie musique de New York, c'est disco et hip hop. That's a fact.

Comment cela a-t-il démarré pour vous ?
Benny :
On avait des tracks un peu partout sur Internet, et on a été signé sur le label de Trevor Price (ancienne star de football américain, ndlr), Outlook Music. Notre premier album est sorti en 2005. Mais on a dû partir, parce qu'on a commencé à tourner en Europe, à rencontrer des gens, à avoir des fans en Angleterre et en France et lui n'est pas du tout implanté en Europe. Maintenant, on est indépendants, et ça marche très bien comme ça.

Comment s'est passée la rencontre avec Teki ?
Tim :
On est devenus « fans mutuels » via MySpace, à l'époque où c'était encore cool et où on pouvait encore parler aux gens et découvrir des trucs. On a commencé à correspondre…
Benny : … et un jour on a faisait un concert à Londres, et on a reçu un coup de fil de Teki, qui nous a dit : « Venez à Paris tout de suite, vous allez jouer au Paris Paris ! » On avait jamais joué à Paris. Alors on fonce dans l'avion. On avait 2 heures pour tout organiser, et que des galères de matos… on a été prêts que 10 minutes avant le début du concert. C'était en mars 2006. On a commencé à exister en France, à avoir des fans, à rencontrer cette scène « electro-disco » parisienne, qui à l'époque, n'était pas si connue à New York. Maintenant elle l'est, et franchement, on a beaucoup aidé. Si, vraiment ! Tous ces gens sont devenus des amis. Ce n'est pas que grâce à nous, mais on a aidé à mettre des gens en contact, à les faire venir jouer à New York…
Tim : Mais en tout cas, c'est grâce à ce concert qu'on a commencé à avoir notre public en Europe. Et cette année, les Fluokids nous ont invités en mars à jouer de nouveau au Paris Paris, et c'était vraiment génial.
Benny : Et avec Teki, c'est vraiment drôle… on vient d'endroits si différents, mais on a des influences très similaires…
Tim : … et le même sens de l'humour.
Benny : C'est vraiment comme si on le connaissait…
Tim : … depuis toujours.
Benny : Et même si on ne comprend pas les paroles, on adore sa musique.

Parlez-nous de ce nouveau morceau avec Teki et Devin the Dude.
Benny :
Donc après la sortie de notre premier album, on a fait un morceau hip hop. On apprend que Devin The Dude, un de nos rappeurs favoris passe à New York. On va le voir, on finit dans sa chambre d'hôtel à fumer plein de joints et on le convainc de faire ce titre avec nous. Le lendemain il vient au studio, et pose son couplet, mortel. Mais le morceau n'était pas terminé. Comme on était en train de devenir potes avec Teki, on s'est dit que ce serait cool d'inviter les deux personnalités du rap qu'on préfère. Devin est un pur personnage, il est cool, malin, nerdy, et on s'est dit que ça collerait parfaitement avec Teki. Donc on lui apporte le track, il tue tout, et Tim a eu ensuite la super idée de proposer à tous nos potes producteurs qui montent de remixer le morceau: Gentlemen Drivers, Orgasmic, Curtis Vodka, Architecture in Helsinki, Max Pask… On voulait réunir tout ce monde, et on est très fiers. Ce n'est pas un disque 33Hz, c'est une présentation, on est « curateurs ».

Est-ce vrai que, vue de New York, Paris est la ville cool du moment ?
Benny :
Oui, en ce moment à New York, la scène parisienne devient très populaire. Parce que c'est une scène solide, cohérente, alors qu'à New York, tout est toujours très éparpillé.
Tim : La scène electro parisienne a surtout quelque chose de très particulier : des personnalités. La musique est géniale, et en plus il y a des supers personnages. Les gens viennent voir Busy P, ou Surkin… Je n'ai aucune idée du caractère de M.A.N.D.Y., ni d'aucun des DJs de la scène allemande, qui est complètement anonyme…
Benny : En France, les DJs sont des rock stars ! Par exemple Justice… On savait pas que les DJs étaient censés être des rock stars… Mais nous on est des vraies rock stars!
Tim : Je vois déjà le titre de l'interview : « We are real rock stars ! »

Mais à part être en retard aux interviews, est-ce que vous vous comportez vraiment comme des rock stars ?
Benny :
Je trouve que, casser des trucs par exemple, c'est stupide. Quand je vois des gens détruire des trucs, ça me donne envie de les détruire.

Voilà, une autre bonne idée de titre…
Benny :
Oui ! « When I see rock bands breaking things, I wanna break them ! »
Tim : Il faut être civilisé. Mais on ne s'est pas couché avant 6 heures du matin depuis qu'on est là, c'est plutôt rock n'roll, non ?

Comment c'est d'être ‘baby-sitté' par Teki à Paris ?
Tim :
Il nous a emmenés partout : au Paris Paris, au Baron, au Paris Paris, au Baron...
Benny : Paris Paris, Baron…
Tim : C'est ça son tour de Paris !! Cette fois-ci, on a préféré le Baron, qui est très fun, et plein de jolies filles.
Benny : Au Baron, je me sens comme dans un film en noir et blanc. Ils ont essayé d'en faire un à New York, le Beatriz, mais ce n'est pas pareil. Les bons endroits à New York sont appréciables pour des raisons différentes d'ici. Nous, on va au Hiro, qui est le meilleur club electro-disco de Manhattan, et le studio B, à Brooklyn. Ce sont les deux meilleurs endroits de live et DJ à New York.

Paris Texas : sortie novembre 2007

++ www.myspace.com/33hz

++ www.myspace.com/ditherdown.
Propos recueillis par V.F // Photos : Gavin Jones.