Quand est-ce que tu t’es dit que tu voulais faire musicien dans la vie ?
Mondkopf : Ca s’est pas décidé comme ça d’un coup. A la base, j’étais plus intéressé par le cinéma, mais depuis le collège je faisais de la musique sur des logiciels, pour m’amuser. Et puis à Paris, ce que je faisais a commencé à plaire. Guillaume des Fluo Kids a monté Fool House et m’a permis de sortir en 2008 un premier EP sur son label, Declaration of Principles. C’est là que ça a commencé à devenir sérieux. J’ai fait quelques remixes aussi, qui m’ont fait connaître. Mais je ne me suis pas dit à un moment : « Je veux faire ça de ma vie », ça s’est fait comme ça.
 
Tu es originaire de Toulouse. A l’exception du Festival les Siestes Electroniques, la scène electro de Toulouse a pas une image bien brillante, disons qu’on a l’impression qu’elle est inexistante. Fausse image ou vraie réalité ?
Mondkopf : J’ai vécu à Toulouse que pendant ma scolarité, donc je ne sais pas, je ne suis pas vraiment sorti et je n’y ai pas rencontré des gens qui faisaient de la musique. Je connais les Siestes Electroniques, et après je sais qu’il y a pas mal de petits labels électroniques qui se sont montés, mais ça reste surtout underground. Je crois qu’il y a pas mal de gars qui essayent de bouger les choses. Ensuite, en ce qui me concerne, la musique électronique je l’ai découverte par internet, avec les médiathèques et ce genre de choses. Je suis arrivé à Paris il y a cinq ans et deux ans plus tard, je sortais mon premier EP.

  

Pourquoi tu as quitté Toulouse pour Paris et surtout, où est-ce qu’on trouve le meilleur cassoulet à Paris ?
Mondkopf : J’ai tout simplement quitté Toulouse pour les études, pour faire une fac de cinéma. Après, c’est vrai qu’il y avait plein de concerts qui me tentaient, j’avais l’impression que si je voulais voir la musique que j’aime, il fallait que je monte à Paris. Une fois ici, j’ai pas été accepté en cinéma donc j’ai pris une année sabbatique pendant laquelle je cherchais quelle autre fac je pouvais faire. Finalement… j’ai vite abandonné. Et puis quand j’ai vu que la musique marchait, j’ai décidé d’arrêter les études.  Bon après, pour ce qui est du meilleur cassoulet, franchement je ne sais pas du tout. Mais ce que je peux conseiller, c’est Chez Papa, une chaîne de restaurants spécialisés dans la cuisine du Sud-Ouest, ils font de la très bonne nourriture. Je recommande leur salade, en particulier.
 
Tu as écouté des trucs nuls et honteux à un moment dans ta vie ou tu as toujours été quelqu’un d’un goût très sûr ?
Mondkopf : En primaire j’écoutais Manau mais bon disons qu’en primaire, ça compte pas tout ce qu’on a pu écouter.  A un moment j’ai eu une période très années 80, j’écoutais que ça… Mais je pense pas que ce soit si « nul » que ça, même si c’est un peu cheesy. Au lycée, j’adorais des groupes comme INXS et des trucs très synthétiques. Maintenant je sais pas si j’aime encore mais j’ai un peu retenu des années 80 des groupes comme The Cure, Talk Talk, etc. Ce sont clairement des influences pour moi… et je ne pense pas que ce soit honteux! (rires) Ensuite j’aime bien le R’n’B, j’adore Beyoncé, Nelly Furtado, je suis un grand fan de Ciara, Cassie – bon pour elle à vrai dire c’est surtout extra-musical.
 
Et le Hip Hop ?
Mondkopf : Ah ouais, carrément. Toute la musique que j’écoutais au collège c’était du Hip Hop, en général. C’est par là que j’ai commencé en quelque sorte. J’adorais le Wu-Tang Clan, ou des trucs un peu plus underground genre Def Jux, El-P… Ça m’a fait découvrir la musique parce que c’est à partir de leurs morceaux que je fouillais, j’allais chercher ce qu’ils samplaient. J’ai découvert plein de trucs comme ça.
 
Et ça t’arrive d’avoir envie de placer un petit sample R’n’B ?
Mondkopf : Je ne base pas ma musique là-dessus, mais c’est vrai que ça m’arrive de placer un sample ici ou là. D’ailleurs, sur Bain du Matin dans Galaxy of Nowhere (premier album de Mondkopf sorti en 2009, ndlr), il devait y avoir un sample de No Scrubs de TLC. Finalement on a décidé de l’enlever car on a eu un peu peur que ce soit reconnu et qu’ils nous collent un procès. C’est dommage, je préférais cette version.



T’aimes bien quand  les journalistes parlent de toi ?
Mondkopf : Je sais pas… je m’en fiche pas, c’est clair - c’est impossible je crois. Ça fait toujours plaisir quand on entend du bien, ça fait toujours mal quand on entend du mal. Si je fais de la musique et que je la sors, c’est que bien sûr j’ai envie de savoir comment les autres la reçoivent, parce que c’est aussi une partie de moi que je livre. Après, je préfère bien sûr qu’on parle bien de ce que je fais.
 
Donc le fait d’être médiatisé, c’est pas quelque chose qui te pose un problème ?
Mondkopf : Un petit peu, si. Rien que le fait de faire des interviews, de devoir répéter et répéter les raisons pour lesquelles j’ai fait l’album, je pense que ça objectivise tout ce que j’ai fait. Cette répétition permanente, ça m’en sépare. Quand moi j’écoute un groupe ou un album que j’aime beaucoup, je trouve que de voir partout des interviews du groupe ou de l’artiste qui explique pourquoi et comment il a fait cet album, et bien ça gâche le mystère. Ça me fait un peu cet effet-là quand je dois donner toutes ces interviews. Mais en même temps, je suis redevable à des gens, je suis pas tout seul avec ma musique, et je le fais aussi pour ça. 
 
Les cinq meilleurs albums de tous les temps selon toi ?
Mondkopf : Bon, déjà il y en a beaucoup plus que cinq. On parlait de Brian Eno, je peux citer Another Green World que je ne me lasse pas d’écouter. Ensuite, le dernier album de Sunn O))), Monoliths & Dimensions que je trouve magnifique, surtout le dernier morceau Alice, qui ne ressemble pas du tout à ce qu’ils ont pu faire avant. Après je dirai Endtroducing de DJ Shadow, son premier album et je pense son meilleur. Tout y est parfait, et il sample du krautrock bien avant le grand revival de ces cinq dernières années. Après je citerai Come My Fanatics d’Electric Wizard, parce que c’est la musique la plus grasse que j’ai jamais écoutée du point de vue Metal et en ce moment, j’ai besoin de ça. Ensuite un album de Philip Glass, The Photographer. C'est un opéra qu’il a composé sur le fait que grâce à la photo, on a découvert que les chevaux quittaient complètement le sol à un moment dans leur course, comme s’ils volaient. L’album est vraiment magnifique. Ensuite il y a Chiastic Slide de Autechre, qui m’a vraiment introduit à l’electronica et à tout l’univers Warp. C’est mon artiste Warp préféré avec Aphex Twin et Squarepusher aussi, même si son dernier album est une grosse déception. Enfin je vais citer le deuxième album de Chris Clark, Empty the Bones of You. Clark fait partie de cette seconde génération electronica qui a été influencée par Aphex Twin, mais lui a ajouté un univers hip hop assez glacial.
 
Tu accordes beaucoup d’importance à l’expérience visuelle qui accompagne ta musique, tes lives sont des performances également visuelles. Les images, c’est donc ta principale source d’inspiration ? Tu composes ta musique en ayant des images précises en tête ?
Mondkopf : J’ai pas d’images spécifiques à chaque fois, car c’est très abstrait. Difficile d’avoir des idées précises quand tu composes, alors des images... Mais je me rappelle que quand j’ai fait Galaxy of Nowhere, j’avais en tête des images de batailles dans les forêts, de scènes assez violentes et épiques, avec des montagnes par exemple. Des images fortes et très naturelles en même temps. Les images sont très importantes pour moi, car ce que j’essaye de faire avec ma musique, c’est de rendre des ambiances plutôt que de faire un genre ou un style de musique. J’essaie pas de faire de l’electronica, du hip hop ou de la techno, j’essaye de créer un univers avec tous ces genres de musique. Mais ça pourrait être n’importe quoi. Je pourrais faire…non, bon, je ne pourrai pas faire de la guinguette (rires), mais je pourrai faire une musique plus ambient, ça me dérangerait pas. Je n’essaye pas de créer un genre musical, j’essaye de créer des atmosphères et de faire ressortir mes émotions.


Quels sont les réalisateurs qui t’inspirent ?
Mondkopf : Andreï Tarkovski, même si ses films sont plus intimistes qu’épiques, Terrence Malick, Gus Van Sant et sa trilogie Gerry, Elephant et Last Days qui est vraiment une référence pour moi, avec cette ambiance étrange, ces images qui flottent. J’aime beaucoup Murnau aussi, et tout le cinéma expressionniste allemand.
 
Je trouve qu’il y a pas mal de références au christianisme dans tes titres (Sainte, Ave Maria) et même dans tes chansons. Rising Doom débute avec des chants grégoriens et finit par des sons de cloches d’église (sur Fossil Lights). Tu es croyant ? Ou tu aimes juste bien la musique religieuse ?
Mondkopf : Ces sons que tu as entendus sur Rising Doom sont en fait un sample du film The Dark Crystal, rien à voir avec des chants grégoriens. Mais je l’ai pris justement parce que ça m’évoquait ça et que j’adore les chants grégoriens. Et sur Fossil Lights, ce sont des cloches de Noël que j’avais enregistrés puis placés sur mon morceau. Je ne suis pas du tout chrétien mais ce qui m’inspire ou me touche, c’est le rapport que peuvent avoir les gens à la religion, quelle que soit cette religion. C’est vrai que c’est plutôt le christianisme qui ressort de mon travail, mais ce qui m’intéresse en fait, c’est vraiment la façon que les gens ont de se servir de la religion comme moyen de se rapprocher du monde, et comment la religion les fait vivre. Et c’est ça qui m’influence, pas tellement la religion en elle-même même si, c’est vrai, j’ai tendance à croire aux esprits ou aux choses comme ça, mais sans pouvoir vraiment mettre un dogme dessus. Et puis j’aime bien utiliser la musique religieuse pour mes morceaux, il y a quelque chose d’élévateur, qui fait décoller l’imagination je trouve. Mais je n’ai pas du tout reçu d’éducation religieuse, mon père faisait ses recherches sur la religion, mais il était athée tout comme ma mère.
 
Galaxy of Nowhere était sorti sur Asphalt Duchess et cette année Rising Doom sortira sur Fool House, le label des Fluo Kids avec qui tu avais sorti ton premier EP Declaration of Principles. Comment tu as rencontré la bande et pourquoi tu as décidé de revenir vers ce label ?
Mondkopf : J’ai rencontré la bande par Guillaume « Redhotcar », on allait sur le même forum de musique. Au début on s’aimait pas du tout. Lui me trouvait trop « emo », trop sensible avec la musique et moi je le trouvais trop froid et à aimer des trucs trop commerciaux. Finalement on s’est rencontrés et on s’est rendus compte qu’on avait des visions assez similaires de la musique… Sur les forums ou ce genre de trucs, on a toujours tendance à se créer un personnage. Quand on s’est rencontrés, on s’est vraiment découverts et on est devenus très amis. Ensuite il m’a introduit à toute la bande des Fluo Kids qui sont des gars super, et j’ai fini par sortir mon premier EP sur Fool House, le label que Guillaume avait monté avec Hianta. Par la suite, Asphalt Duchess m’a contacté pour me proposer de signer pour un album.
Pour Rising Doom je voulais continuer avec Asphalt mais le problème c’est que tous les mecs qu’on connaissait chez Asphalt sont partis peu à peu du label, et on s’est un peu retrouvés tous seuls avec Guillaume à bosser sur l’album. Alors on s’est dit, pourquoi ne pas le sortir avec Fool House. On n’y avait pas pensé dès le départ car à la base, le principe de Fool House était de sortir seulement des maxis, en particulier des premiers maxis de groupes peu connus. Mais finalement on a décidé de le faire nous-mêmes, en se disant que de cette façon, on aurait carte blanche et on devrait rien à personne. Ainsi, j’ai pu engager les gens que je voulais pour la photo, l’art work, etc.
 
Quand on fait de la musique électronique, est-ce que c’est vraiment logique, est-ce que c’est vraiment une réelle envie de sortir un album ? Disons : est-ce que le format naturel d’un musicien électronique c’est pas plutôt du maxi ?
Mondkopf : Ah non, je ne trouve pas du tout. Je suis vraiment très attaché à l’album. J’écoute jamais de maxis ou de EP, à part pour quelques artistes que j’adore. Je crois qu’on a cette interprétation car les artistes de musique électronique et en particulier de techno qui sortent surtout en maxi font rarement de bons albums. Il y a souvent des "morceaux de remplissage", avec des titres de 10 minutes par exemple qui passent bien en maxi mais qui ne conviennent pas du tout à un album. Quand un album de musique électronique est bien fait, je trouve que c’est parfait, et que c’est l’occasion de rentrer davantage dans l’univers de l’artiste.
 
Days of Rising Doom c’est le nom d’un album d’opera metal, c’est une référence directe ?
Mondkopf : Oui j’ai vu ça récemment, mais non aucun rapport !
 
Metal et electro, ça va bien ensemble ?
Mondkopf : Je crois que tout est possible à accorder, après il faut bien le faire. Il y a un genre de musique qui fait une sorte de Metal assez techno, ça j’aime pas du tout. Je crois que je préfère vraiment le Metal quand il est vraiment vintage avec du vieux matos des années 70 - comme le faisait Electric Wizard -, qu’associé avec une production trop léchée, trop électronique. En tout cas, ce n’est vraiment pas ce que j’ai essayé de faire avec mon album, clairement. Cet album je l’ai fait au moment où je re-découvrais ou même découvrais le Metal.
 
Et donc ce deuxième album, c’était quoi tes envies et tes objectifs : faire ressortir toute l’agressivité qui sommeillait en toi ?
Mondkopf : Cet album je l’ai fait très spontanément, ça a été très rapide. Les morceaux sont très vite arrivés, tel quels, j’ai vite eu une douzaine de morceaux en tête. Je crois que j’avais une sorte d’énergie à vouloir transmettre par la musique d’une manière très frontale, sans trop me poser de questions. Je suis pas quelqu’un de très énervé, mais j’avais besoin de montrer que je pouvais l’être. C’est vraiment quelque chose que je qualifierais de « premier degré », d’expressif et sans retenue, car c’est exactement ce que je recherche en ce moment dans la musique. Le premier album, c’était plutôt des morceaux qui s’étalaient sur trois ans, donc là j’avais vite envie de passer à autre chose.

 

T’en es fier de cet album ?
Mondkopf : Oui, je crois. C’est un peu dur car maintenant, j’ai envie de passer à autre chose. Je considère qu’une fois que c’est fait, c’est fait. Oui bien sûr, j’en suis fier car je suis content en général de ce que je fais, sinon je ne sortirais pas de la musique. Mais maintenant j’ai envie de passer à autre chose.
 
Il est fait pour s’écouter où et comment cet album ?
Mondkopf : Très fort. Très fort dans le métro, pour s’énerver contre les gens. En ce moment j’écoute pas mal de hardcore, j’ai envie d’être en colère je crois (rires). Ça a peut-être des vertus un peu exorcisantes, en tout cas ça donne une certaine énergie. Mon album, il s’écoute avant d’aller sur le champ de bataille.
 
Tu te considères plus comme un DJ ou un producteur ?
Mondkopf : Je dirais les deux. En ce moment j’adore faire le DJ, c’est une manière pour moi de ne pas me renfermer sur ma musique et de m’exprimer avec la musique des autres. Ca me permet aussi d’élargir mon univers, de faire découvrir des morceaux aux gens. J’aime bien faire du djing, c’est plus reposant. Si les gens trouvent ça nul, c’est un peu moins de ma faute. Quand je fais un live, c’est moi que je livre, c’est ma musique, c’est plus personnel et donc plus stressant. Je suis un peu autiste dans la vie de tous les jours, disons que je ne suis pas quelqu’un de très sociable… Alors les live, c’est un peu ma façon de communiquer et même de communier avec les gens.
 
Et en tant que DJ, tu te sens libre de passer ce que tu veux ou ce que tu aimes, ou tu as l’impression de répondre à une demande ?
Mondkopf : Non, je me sens complètement libre de passer ce que je veux. En général, j’essaye de ne pas me poser de limites. J’ai une base techno et rave assez lourde et ensuite, je peux passer ce dont j’ai envie sur le moment et aussi ce que les gens ont l’air d’avoir envie, je peux m’adapter. Car le but, c’est quand même de faire plaisir aux gens, alors j’essaye de le faire tout en conservant mon univers musical.
 
En novembre 2010 tu es parti au Congo avec l’équipe de Fool House pour le festival des Siestes Electroniques. C’était comment comme expérience ? Comment est-ce tu as appréhendé de jouer là-bas et comment as-tu vécu la confrontation avec les musiques locales ?
Mondkopf : Les organisateurs des Siestes Electroniques ont contacté Fool House pour faire venir des DJs à Brazzaville. C’est moi et Qoso qui y sommes allés, accompagnés d’un journaliste et d’un photographe. On voulait vraiment qu’il y ait un report, une sorte de journal de bord de ces trois jours. J’appréhendais beaucoup le voyage, car je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, je ne connaissais rien à la musique congolaise. Le premier soir où j’ai joué il s’est passé quelque chose de vraiment fort. J’avais préparé un live assez ambient pour la soirée. Akramo, un musicien de là-bas s’est mis à jouer des percussions sur mon live qui partait acide à ce moment là. J’ai adoré, je me sentais vraiment habité par la musique, j’étais dans une sorte de transe. Malheureusement, rien n’a été enregistré, le lieu ne s’y prêtait pas. On devait utiliser un générateur, parfois j’avais un peu l’impression de jouer dans une rave, où le système son pouvait couper à tous moments.
 
Et qu’est-ce que tu as pensé de la musique locale, du moins de celle que tu as découverte ?
Mondkopf : Ce qu’on a écouté c’est surtout le groupe de percussionnistes d’Akramo, et c’était vraiment bien. Ils avaient cette énergie que moi je recherche beaucoup dans la techno en général, avec cette dynamique de répétition presque jusqu’à la transe. Ensuite, on a découvert tout ce qui était plus populaire, une musique destinée plutôt aux femmes enceintes ou aux quinquagénaires, de la rumba ou des choses comme ça. C’est une musique très lente qui se danse très lentement et qui a quelque chose d’hyper sensuel. Après, dans les boîtes, c’est du David Guetta et ce style là. Malheureusement on n’est pas restés assez longtemps pour découvrir d’autres choses. Je ne sais pas si j’aurai l’occasion d’y retourner. Notre idée ce serait peut-être de créer quelque chose à partir de cette expérience… Après, je ne suis pas trop dans ce trip là en ce moment. Là j’ai plus envie de guitare, etc. que de musique africaine donc je ne me vois pas faire de collaboration tout de suite. Mais ce qui serait bien, c’est d’amener les gens de là-bas pour faire des concerts ici, de faire découvrir cette musique aux gens. Mais c’est plus compliqué.
 
Il paraît que tu voudrais construire un studio de musique dans la forêt, ça en est où ?
Mondkopf : (rires) Nulle part ! Ça couterait très cher en fait, c’est plus un rêve qu’un vrai projet. Mais ça me ferait du bien de quitter Paris de temps en temps, et d’avoir un lieu à part où je pourrai me retrouver, me mettre en face de la musique et rien d’autre. Et puis ça me permettrait de me renouveler, peut-être que je ferais une musique différente si je me retrouvais dans un studio comme ça, perdu au milieu de nulle part. Je sens que j’en ai besoin. C’est pas l’idéal de bosser de chez soi, au bout d’un moment tu as un mode de vie un peu bizarre. Et la forêt ça m’attire, la nature en général ça a pour moi un côté rassurant et apaisant.
                                                
Tu penses que tu sauras chasser des bêtes sauvages ?
Mondkopf : (rires) Ça je sais pas, je pense pas, je suis un peu trop handicapé. Mais faut voir, je suis silencieux mais je peux être très furtif.
 
Tes projets à venir après cet album ?
Mondkopf : J’ai commencé à organiser mes propres soirées, In Paradisum. La deuxième va arriver bientôt (la In Paradisum #2 a eu lieu le 18 mai dernier au Rex, ndlr). Ce que j’essaye de faire, c’est de faire venir des artistes de techno expérimentale. J’ai envie de voir en live ce que j’écoute chez moi. Et en parallèle de ça, je voudrais créer mon sous-label de Fool House sur lequel je sortirais mon prochain album, et aussi des maxis d’autres artistes. J’aimerais faire ça d’ici la rentrée prochaine. Avec Guillaume on cherche déjà des artistes à signer. Ce qui me plairait bien, c’est d’être un genre de directeur artistique. En fait, ça me paraîtrait naturel de créer une galaxie autour de l’univers Mondkopf.

 

Rising Doom, deuxième album de Mondkopf, est disponible depuis le 23 mai sur Fool House.  

 

Laura Fakra // Photos: DR.