Comment est né le projet Night Riders ?
Anthony : Merci pour cette question. Tu es un amour, surtout que je n’y avais pas réfléchi. Tout a commencé à Suresnes où on faisait des démos « à l’arrache » l’été pour rigoler. On travaillait sur du son « indé » un peu plus speed. Et puis après mûres réflexions sur ce projet musical, on a eu un déclic. On a alors demandé maladroitement à Charlotte (devenue chanteuse du groupe) de se joindre à nous. En gros on lui a sorti : « s’il te plaît, viens copine » et elle est venue tout de suite. 

 

Quel est le moment idéal pour écouter Night Riders ?
Anthony : Night Riders c’est lent, smooth et heavy. C’est de la musique d’afters, ce n’est pas forcément dancefloor.
Charlotte : Le meilleur moment serait lorsque tu rentres chez toi le soir, que tu es bien torché à cause de tout le vin que tu as bu et que tu veux looser tranquillement dans ton canapé. Ce serait parfait car notre musique est nostalgique, un peu noire.
Anthony : C’est une interprétation à la fois de l’esprit black et de l’esprit punk. D’une certaine manière, notre musique, c’est ça. On la travaille après le « boulot », un peu éméchés. 

 

Votre musique me donne envie de courir nu dans un champ de blé.
Charlotte : Ok, on va te prendre pour le prochain clip. 

 

Night Riders - Hours Pass

 

Tout le monde peut aimer votre musique, ma mère « jerk » dessus.
Charlotte : Ca parle à différentes personnes qui ont leurs propres interprétations du truc. On nous dit souvent que ça ressemble à pas mal de choses différentes. Faire de la pop ça implique de parler à un large éventail de personnes. L’essentiel est que ça reste des chansons de variétés. 

 

Qui a choisi ce nom super hype ?
Anthony : C’est simple, on n'a pas trouvé plus pourri. Auparavant on avait essayé des jeux de mots sans trouver d’issue favorable. Supercopter ce n’était pas possible. Ca sonnait mal et on risquait de passer pour des guignols. Night Riders, c’est fun et mystérieux à la fois. 

 

Giorgio Moroder est en quelque sorte votre gourou ?
Anthony : Je ne sais absolument pas de qui tu parles. Mais je vais consulter Wikipédia en rentrant pour m’informer. 

 

Dans l’esprit, ça vous aurait plu d’être sur la B.O de Miami Vice ?
Anthony : Carrément, faut que je regarde ça de nouveau, ça fait tellement longtemps. Mon problème par contre ce sont les DivX. Ils me font vraiment chier. Je voudrais pouvoir aller trouver mes navets vidéo à la Fnac. Il y a bien le streaming mais la qualité est tellement moisie. 

 


 

Vous sentez-vous musicalement proche du groupe Minitel Rose ou Anoraak ?
Charlotte : Moi j’habite à Nantes pour mettre un gros coup de pied dans tout ça ! Maintenant il y aura Night Riders et c’est tout ! Je plaisante. C’est très bien ce qu’ils font. 
Anthony : J’avais contacté Future pour un projet mais ça n’a rien donné. A vrai dire on sait très bien ce qu’ils font mais on ne les connaît pas vraiment. C’est plus du copinage car au final, on ne produit pas la même substance. Nous partageons sûrement un certain background mêlé d’influences, de souvenirs et de trips. Cependant nous n’avons pas la même vision des choses. 

 

Qui sont vos amis dans « le milieu » ?
Charlotte : Il y a Bois Noir et Johnny Boys (qui ont remixé Night Riders ndlr). En fait ce sont les artistes avec qui on tourne. Anthony : On aime bien rester fidèles à nos amis. C’est la famille, on se sent en confiance et je pense que c’est le meilleur moyen pour débuter. 

 

Night Riders - Slow Dance (Bois Noirs Rmx)

 

Comment avez-vous travaillé sur Oiseau de Nuit, votre premier E.P ?
Anthony : J’ai chopé un MPC et regardé comment ça fonctionnait. Je connaissais les boîtes à rythmes traditionnelles, donc j’ai commencé à composer quelques trucs puis j’ai travaillé des beats sans mélodie. Avec JB (le petit dernier ndlr) on a maquetté ça en trois jours à la cool dans mon salon. On a parlé de cette maquette là à Charlotte. On a pu poser le chant pour enfin exécuter des démos sur trois, quatre mois.

 

Le premier clip est pour quand ?
Anthony : On est en train de préparer cela activement. En tout cas ce sera sûrement psyché. Et ceci dans le sens répétitif avec l’approche de l’image. On va jouer sur les superpositions d’images, etc.
 

Vous chantez en anglais sur le premier EP. De folles rumeurs disent que vous chantez en français sur le deuxième. Pourquoi ce choix ?
Anthony : On est des français quand même et ça marche bien dans l’esprit disco pourri. Il y a une tendance actuelle, une mouvance dans cette idée là. Il y a de plus en plus de groupes à la Taxi Girl. Il y a clairement une mode. 
Charlotte : On hésitait, on « s’est pris la tête », c’était pas évident. Bref, de toute façon la chanson en français sur le deuxième EP, on pouvait le faire, car c’est la plus « dance ».

 

Un jour, vous ferez une chanson sur Paris ?
Charlotte : En sortie de concert les gens nous disent souvent qu’ils sentent qu’on est parisiens. Notre musique leur évoque une atmosphère liée à Paris la nuit. 
Anthony : En tout cas on a fait une chanson sur une course de taxi pas très heureuse : la chanson retrace des stations de métro. Il y a pas mal de jeux de mots aussi. Du moins, chanter sur Paris, c’est « hard ». Il n’y a pas que du bien, à part écrire sur le coté romantique et sur des chansons d’amour. 

 

Ca vous flatte d’être déjà remixés, est-ce une ambition pour vous ?
Charlotte : C’est cool certes, mais on veut avant toute chose proposer du Night Riders qualitatif avant de penser à tout ça. 

 

J’ai remarqué qu’en live vous êtes particulièrement polyvalents avec les instruments.
Charlotte : On a décidé de faire un truc pop. Anthony est guitariste, batteur de hardcore et on fait du synthétiseur car ça sonne bien sur ce type de son. 

 

Vous arrive-t-il de stresser ou de carrément vomir avant d’entrer sur scène ?
Anthony : Je me demande toujours une fois avant si je dois aller aux toilettes. C’est une forme de petite psychanalyse personnelle.  Si j’y vais, je me dis que tout ira bien pendant le concert. 

 

Une anecdote de concert ?
Anthony : Il y a la fameuse histoire du moelleux au chocolat. 

Charlotte : On était invité à diner à La Maroquinerie. Mon père et sa copine se sont bagarrés au moelleux. Mon père a évité un jet. Mais le gâteau a fini sur le pantalon en lin du patron de la salle. Les insultes ont commencé à fuser. On était pas si bourrés pourtant. On est un peu punks c’est tout. J’y pense là comme ça : parfois je suis si bien que j’oublie de chanter quand je suis au clavier.

 

 

Une salle à Paris qui vous fait rêver ?
Charlotte : Le Point Ephémère pour le son… 
Anthony : … Ou la Gaité Lyrique pour tout… La splendeur. 

 

Tropisme, vous étiez bons en cours de musique au collège ?
Charlotte : Une « nana » à la chorale m’a dit un jour devant tout le monde, droit dans les yeux : tu ne seras jamais chanteuse. Traumatisant. (rires)
Anthony : Ce qu’il y a de pire c’est que les cours de chant à l’école te plombent le moral. C’est l’art et la manière pour te dégoûter des Beatles. Car quand tu joues un mois  Yesterday au pipo tu finis par en avoir clairement assez. Tu es gamin et obligé après d’attendre 10 ans pour commencer à apprécier. 
Charlotte : Moi mon apprentissage scolaire s’est fait en douceur car j’ai eu la chance d’écouter et de décortiquer du Miles Davis ou du Bob Marley. 

 

(Interlude : Charlotte raconte son premier baiser à Anthony.)

 

Vous avez une vie à part la musique ?
Anthony : Oui et non. Je suis graphiste mais je travaille néanmoins sur plein d’idées de projets et de groupes pas très concrets. Il faut savoir qu’on a déjà sorti des « prods » punks ou hardcores. Quant à Charlotte, elle a tenu un bar et a débuté comme chanteuse de variété française. Et sinon pour décompresser après nos sessions de travail, on va aux concerts punks à La Miroiterie.  Charlotte : D’ailleurs on s’en va à chaque fois super tôt, genre 21h00 car on se met « trop de caisses » avant de sortir.

 

Night Riders - Vertige de l'Amour (Alain Bashung cover) 

 

Vous avez déjà joué à l’étranger ?
Anthony : C’est en projet. Notre label indé italien Mozzarella prévoit cela. Il veut nous organiser une tournée en Italie. En ce moment on est plus dans l’idée de se construire à Paris. 
Charlotte : On voudrait davantage partir faire une tournée en province française, dans des endroits cool forcément à Nantes et surtout en Bretagne. 

 

Vous allez donc faire toutes les côtes françaises ?
Charlotte : Non, pas la Côte d’Azur, elle craint. 

 

Et faire le warm up de Bob Sinclar  au High club à Nice ça vous tente ?
Charlotte : Si si carrément et je vomirai sur ses platines. Et même qu’on sera sponsorisés par Coca-cola. 

 

 

++  www.myspace.com/knightsrideon

++ soundcloud.com/nightridersknightsrideon

 

 

Anton Muller.