Comment choisit-on un nom de groupe ?
(Please) Don't Blame Mexico : De préférence assis, avec des chaussons de protection. Mais en fait, c'est un vrai truc de gros nerd : sur la première chanson du premier album de Prefab Sprout, un groupe de pop des années 80 que j'aime beaucoup, il est chanté "Don't Blame Mexico...". J'ai trouvé cette phrase extraordinaire de n'importe quoi, donc je l'ai retenue. Et j'ai rajouté (please) parce que je suis quelqu'un de plutôt poli.

A la base, tu es tout seul, mais comment en es-tu arrivé à collaborer avec le chanteur/guitariste d'eLdIA ?
(Please) Don't Blame Mexico : Officiellement, je dis que c'est parce que j'ai beaucoup de respect et d'estime pour le talentueux musicien et l'adorable personne qu'il est, et qu'un jour, je lui ai demandé de venir dans mon groupe... Mais en vrai c'est parce qu'on fréquente le même proctologue. Et on s'est rencontré dans la salle d'attente... Les hémorroïdes, y'a pas à dire, ça rapproche.

Quelles sont tes influences ? Qu'est-ce qui t'inspire ?
(Please) Don't Blame Mexico : La vengeance, la trahison, la méchanceté, les insultes, l'humiliation, la frustration, les maladies vénériennes, la mort, la droite et Wolf Parade. A part ça, mes influences sont Neutral Milk Hotel, XTC, The Supremes, Takeshi Kitano, Modest Mouse, Jose Luis Borges ou encore Brian Eno. Et puis le fait que Laurent et Églantine soient de gros fans des Beatles, des Kinks, ou encore de Pavement a largement contribué au son du groupe.
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Comment définis-tu ta musique ?
(Please) Don't Blame Mexico : J'ai une formule toute faite que je ressors à chaque fois parce que j'en suis fier. Je dis que c'est de la "pop véranda", une revanche sur le diktat du rock garage. C'est pas mal, non ?

Quel est ton parcours, des débuts aux premières scènes puis aux premiers contacts avec des labels ?
(Please) Don't Blame Mexico : En règle générale, je prends la ligne 10, c'est assez incognito. Et comme je suis croyant, je me signe souvent.

Comment en es-tu venu à te poser derrière un piano (ou synthé) et te dire « c'est ça que je veux faire quand je serai grand » ?
(Please) Don't Blame Mexico : Un jour, Michel Berger m'a aperçu lors de la kermesse de l'école Maurice Genevoix à Migennes dans l'Yonne, entre le stand de pêche à la ligne et celui des ballons à raser. Je jouais alors le générique de Motus les yeux bandés avec des moufles Tortues Ninja. Il m'a tapoté sur l'épaule et m'a dit : « Petit, tes moufles sont super classes ». Un vrai déclic.

Pourquoi avoir choisi de chanter en anglais plutôt qu'en français?
(Please) Don't Blame Mexico : Parce que l'Anglais, ça a tout de suite plus de classe.

Tu écris et composes. Comment trouves-tu les sujets de tes chansons?
(Please) Don't Blame Mexico : En regardant "Faîtes Entrer L'Accusé", le dimanche soir - ce qui est quasiment totalement véridique. Je n'aime pas les paroles explicitement autobiographiques. Il n'y a qu'une chanson "autobiographique" parmi celles que j'ai écrites. Il n'est pas difficile de trouver laquelle (un petit indice: ça n'est pas Losing My Religion, c'est l'autre).

On a pu entendre parler d'une « nouvelle scène rock parisienne ». Est-ce que tu te considères comme un membre de cette communauté qui se retrouve pour jouer dans les petites salles à Paris ?
(Please) Don't Blame Mexico : La vraie “nouvelle scène rock parisienne” ne joue pas dans les petites salles parisiennes. La vraie “nouvelle scène rock parisienne” ne fait pas de musique, c'est pour les ringards. La vraie “nouvelle scène rock parisienne” se retrouve dans des salons pour jouer à Pyramide. Comme toujours, les meilleurs ne sont pas ceux dont on parle le plus, et c'est bien dommage : mais sachez toutefois qu'eLdIA et Hey Hey My My sont très Mironton, alors que Nelson ou Maison Neuve sont davantage Barjabulle.

Comment comptes-tu t'y prendre pour être signé ?
(Please) Don't Blame Mexico : En jouant nu. Et en proposant de l'argent (on ne rit pas, certains le font déjà).
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Ton actualité en cours ou à venir, pour faire un peu de pub…
(Please) Don't Blame Mexico : Ce matin, j'ai fait un footing. Ensuite, j'ai reçu les syndicats étudiants pour qu'ils arrêtent de me les briser avec la réforme que je vais faire passer en douce cet été pendant que vous serez sur la plage à bronzer comme des cons. Ce midi, je déjeune avec François (mais je bois pas d'alcool, hein, je tiens à le repréciser, j'ai juste parfois des renvois, c'est comme ça, c'est mon oesophage, il est mal fait, c'est de naissance). Cet après-midi, j'enregistre un single avec Faudel, puis réunion avec les actionnaires de Yoplait pour les marchés publics de Mayotte. En fin d'aprèm, je remets le couvert avec Rachida, et ce soir je me fais l'intégrale de Lost.


Interview Minute

Le premier CD que tu t'es acheté ?
Le single Lemon Tree de Fool's Garden.

Ton premier instrument de musique ?
Des castagnettes.

Le premier morceau de musique que tu as su jouer ?
Oh When The Saints, au flûtiau.

Quel est ton CD / ton livre de chevet?
L'album de Miss Dominique, et la bio d'Arno Klarsfeld par Eric Zemmour.

La bière, blonde ou brune ?
Pastis fraise !

La fille, blonde ou brune ?
Rousse !

Et pour finir, est-ce qu'il y a une chose que tu aimerais dire au monde entier ?
Vends VTT Cannondale F600 Furio Prix : 990 € à débattre. Année 2004, poids 11kg600 | Taille XL, couleur jaune | Excellent état | Valeur neuve 1600 € | Révision complète avec facture | Fourche fatty ultra 80, der avant LX, der arrière XT, boîtier pédalier neuf, freins magura julie neufs, plaquettes neuves, pneu avant neuf .

Et si tu veux ajouter des questions auxquelles tu aurais aimé répondre… fais comme chez toi !
- La famille Fly a trois fils, comment s'appellent-ils ?
- Abdel, Yves et Hakim.


Discographie :
- First Aid EP (2006)
- Michel Foucault EP (2007)


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Par Anissa Boumachouene // Photos : Molokostar