Comment l'aventure musicale a-t-elle démarré pour vous ?

Asa Taccone: A l'école primaire j'imagine. Je chantais dans une chorale et je jouais dans un petit groupe de jazz.
Matthew Compton: Mon meilleur ami jouait de la guitare quand j'étais gamin et on voulait former un groupe, alors je me suis mis à la batterie. Il en n'a pas fallu plus pour que je tombe accro.

La légende raconte que vous vous appelez Electric Guest parce qu'une femme bizarre dans un Dunkin Donuts a dit à Asa qu'il était "un invité électrique de l'Univers". Depuis, vous avez compris ce que ça voulait dire ?
Asa:
J'essaie toujours de comprendre. Pour moi, c'est une opportunité. Ca me rappelle mon poème préféré qui dit "In these latter-day, Degenerate times, Cherry-blossoms everywhere!" Tu saisis ?

 

Non, mais passons à un question bien plus importante: est-ce que vous aimez les Dunkin Donuts ?
Asa:
Ca fait des années que je n'ai pas été dans un Dunkin Donuts parce qu'ils sont tous sur la côte Est, or nous habitons en Californie. Mais, j'en garde un très bon souvenir.
Matthew: J'adore Dunkin Donuts, le café est bon marché et le "chef" sait faire des délicieux sandwiches aux œufs et au fromage pour les journées de gueule de bois.
 

 

Asa, tu as l'air légèrement taré dans le clip d'American Daydream. Vous êtes fous ou juste un peu foufous ?
Asa:
Je suis fou.
Matthew: J'ai l'impression d'avoir perdu une partie de ma santé mentale au cours de ces deux dernières années, mais c'est le jeu.
 

Ca a l'air compliqué pour vous les histoires de filles, non ?
Asa: Hmm… Je vois pas du tout pourquoi tu dis ça.
Matthew: Il est facile de bien s'entendre avec les humains, tous autant qu'ils sont.
 
Ca aide avec les filles cependant d'être un peu célèbre ?
Asa: Je ne saurais pas le dire. Je ne suis pas célèbre.
Matthew: Qui est célèbre ?

 

 

Comment avez-vous rencontré Danger Mouse ?
Asa: Lui et mon frère étaient potes quand ils habitaient tous les deux à Los Angeles. J'avais pour habitude d'appeler mon frère et de lui jouer des extraits de mes morceaux au téléphone. Un jour, après lui avoir joué un morceau, il m'a passé Brian. Je lui ai rejoué le morceau et il m'a demandé de lui envoyer, ce que j'ai fait. A la suite de ça, nous sommes devenus amis.
   
Qu'as-tu appris de lui ?
Asa: Beaucoup. Mais plus des leçons de vie que des leçons de musique en fait. Il m'a aidé sur tous les sujets, par exemple comment ne pas me mettre trop la pression ou comment apprendre à finir un album, ce qui est difficile!
Matthew: J'approuve. C'est quelqu'un qui a les pieds sur terre, et ses critiques sont toujours très constructives.
   
Comment vous êtes-vous rencontrés tous les deux, et qu'est-ce qui vous a décidé à travailler ensemble ?
Asa: On s'est rencontrés à LA. J'ai enregistré la majeure partie de cet album dans ma chambre, dans une grande maison de Los Angeles. C'est là où j'ai rencontré Matthew. Il était le pote d'un de mes colocs et venait très souvent à la baraque. On s'est mis à très bien s'entendre. Il est un très bon musicien et peut jouer tout ce que je suis incapable de jouer.
Matthew: A chaque fois que je venais dans cette maison, j'entendais Asa jouer de la musique et j'adorais ce qu'il faisait. Je me suis mis à venir aussi souvent que possible pour trainer avec lui et jouer avec lui les morceaux qu'il avait commencés.

 


Vous habitez à Los Angeles, donc. Votre maison est-elle remplie de mecs à barbes avec des t-shirts sales, de canettes de bière et de mecs éternellement saouls qui dorment sur des canapés ?
Asa:
Avant oui, mais plus maintenant. On a grandi. Maintenant, notre maison est propre, tout le monde est rasé et bien habillé, il y a des bouteilles vides d'eau minérale et le mec qui dort sur le canapé a un boulot.
Matthew: Par contre, notre guitariste et synthé a vécu dans une tente dans le jardin pendant quelques mois.
   
Est-ce que L.A est la meilleure ville au monde pour faire de la musique ?
Asa:
Je n'espère pas. J'espère qu'il existe un endroit mieux encore.
Matthew: Il me reste tant d'endroits à découvrir. Où que tu habites, tu as toujours le sentiment qu'il existe un endroit mieux quelque part.

 

Votre album s'intitule Mondo, une référence aux films Mondo ?
Asa: Non, rien à voir. C'est le petit surnom de studio de Brian (Danger Mouse ndlr). Quand nos morceaux mixés s'affichaient sur iTunes, ils étaient nommés "Electric Guest-Mondo".
 
Le morceau Trouble Man, un hommage à Marvin Gaye ?
Asa: Non. Mais j'adore cette chanson.

 


Votre musique a un gros feeling 60's. C'est votre décennie préférée ?
Asa:
Je dois admettre que j'adore la façon dont la musique était enregistrée dans les années 60. Cette douceur. C'était moins envahissant que la musique d'aujourd'hui. De même, je préfère écouter les films faits entre les années 60 et les années 80 car je préfère la façon dont ils sont enregistrés.
Matthew: Je suis très influencé par les musiciens français des années 60, leur façon de jouer est d'une finesse incroyable et d'une vraie intelligence, c'est jamais surjoué.

 

Quelques albums qui ont vraiment compté pour vous ?
Asa:

Richie Havens - Mixed Bag
Leonard Cohen - Song's of Leonard Cohen
Wu Tang Clan - Enter The Wu Tang
Soul's of Mischief - 93' Till Infinity

Matthew:  
Serge Gainsbourg - Vu De L'extérieur
Scott Walker -  Scott 4
Blonde Redhead - Melody Of Certain Damaged Lemons

 

Asa, tu as produit la chanson Dick In A Box, dont nous sommes fans. S'il te plait, raconte-nous une anecdote sur ce morceau.
Asa:
Je l'ai produite avec Katrese Barnes. C'était drôle. Ma mère n'a jamais été très fan de cette chanson, ceci dit. Elle a écrit une lettre à mon frère et à moi-même pour nous expliquer que de l'humour de mauvais goût d'étudiant attardé.
 

 

Asa, il parait que tu es féru de musique de merde. On réclame des noms.
Asa:
Argh. J'aimerais bien mais je me suis promis de ne jamais devenir un "hater". Je ne veux pas donner de noms pour ne pas commencer de guerres.

Cet album est-il l'album que vous rêviez de faire ?
Asa:
Oui, je crois bien que oui.

Il était dur à faire ?
Asa:
Oh mon dieu, oui. Cet album m'a entièrement vidé, j'y ai tout donné.
Matthew: Ca a pris longtemps pour nous de le finir. Brian Burton est un homme occupé, donc on était en studio selon ses disponibilités. C'était assez plaisant en fait de bosser comme ça. Ca nous a donné du temps entre les sessions pour réfléchir à ce qu'on voulait vraiment enregistré. La plupart des disques sur lesquels j'ai travaillé étaient au contraire enregistrés dans l'urgence.
 
Vous avez le potentiel pour devenir l'un des groupes importants de 2012. Ca vous fout la trouille ?
Asa:
Oui, ça me fout la trouille.
Matthew: Ca fout la trouille mais c'est excitant.
 

 

Electric Guest est en concert jeudi 1er mars à la Boule Noire.

 


Propos recueillis pas A.C // Photos: Noha Abrams.