Alcool : liquide contenant de l'éthanol et qui fait vomir.
Mots-clefs : Jack Daniel's, Bashung, grosses murges, Scorpio.

Dick (en toute sobriété) dit : J'ai vraiment tout bu mais je me suis calmé. Personnellement, je préférais le Bourbon comme le Jack Daniel's, et puis un jour, j'en ai été dégoûté. J'aimais aussi le pastaga ou le Gin Bitter Lemon que j'avais découvert en Angleterre. Le Champagne, j'en bois plus car ça me donne mal au crâne. J'adore les mojitos et les margarita que ma femme fait merveilleusement bien. Avec Bashung, on se prenait des grosses murges à Londres avec un cocktail à base de jus de fruit qui s'appelait le Scorpio, ce truc te pétait complètement la tête. Aujourd'hui, je ne bois plus que du vin à table, et du thé entre les repas.

 

Amérique : pays de cœur de tous les rockers.
Mots-clefs : Cinéma, western, grands espaces, Dieu, Austin, Dick Rivers dans tous ses États, bottes.

Dick (sincère) avoue : Gosse je rêvais d'être Américain mais maintenant je me sens très bien comme Français. Moi, j'étais impressionné par les States du cinéma américain, les westerns, les grands espaces... Quand tu vois Monument Valley, tu te dis que Dieu existe. De nos jours, je trouve que les américains se sont trop européanisés, ils sont devenus cons comme nous. Quand t'arrives dans une ville aux U.S.A, t'as l'impression d'être dans une ville française, tu trouves les mêmes marques, Vuitton, Armani, bref, tout se ressemble. Allez, il y a bien des endroits que j'apprécie encore : Austin, Texas, sans doute parce que j'y ai plein d'amis, les plaines du Montana, la Louisiane, bien que ce soit devenu dangereux depuis l'ouragan...
Il y a quelques années, j'avais fait une émission pour la jeunesse sur France 2 qui s'appelait Dick Rivers dans tous ses États. On avait traversé les États-Unis avec mon fils. Le but était de montrer des lieux que le touriste friqué ne pouvait voir : les coulisses du carnaval de la Nouvelle-Orléans, l'atelier de Paul Bank qui fabrique mes bottes depuis 30 ans, Nogales en Arizona...

Aznavour : chanteur momifié.
Mot-clef : retraite


Dick (vanneur) envoie un petit taquet : J'ai un énorme respect pour Charles que j'ai connu très jeune. Mais bon, je me dis des fois qu'il est temps pour lui d'arrêter.

Banane : fruit phallique.
Mots-clefs : Lucien, Margerin, cheveux, De Caunes, Didier l'Embrouille.

Dick (pas d'accord) rétorque : J'ai pas de banane, tu m'as déjà vu avec une banane ? Honnêtement, je n'ai jamais eu la banane. C'est l'imaginaire collectif qui me flanque une banane à cause de Lucien, le personnage de la BD de Margerin, mais surtout  à cause de mon copain De Caunes avec Didier l'Embrouille. Dans ce sketch, Didier l'Embrouille disait toujours qu'il était le plus grand fan de Dick Rivers après Dick Rivers lui-même. Les gens ont fait une association d'idée, et puis c'est resté, c'est tout.

Bashung : Artiste.
Mots-clefs : Pifou, frère jumeau, groupie numéro 1, Oh Gaby, héritage.

Dick (touché) raconte : Mon amitié avec lui date bien d'avant qu'il soit connu. On a commencé à se fréquenter vers la fin des années 60. On aimait les mêmes choses, la même musique, les mêmes gens, on était comme deux jumeaux, je l'appelais Pifou à cause de son pif, et lui me surnommait Dieu. C'était ma groupie numéro 1. Il me suivait partout, il était tout le temps chez moi, quand j'allais enregistrer en Angleterre, je l'emmenais dans mes bagages. C'était plus qu'un frère, c'était mon meilleur pote. Ensuite on s'est un peu perdus de vue, et un jour, au début des années 80, j'ai entendu Gaby, je ne l'ai pas tout de suite reconnu mais j'ai trouvé ça vachement bien. La dernière fois que je l'ai croisé, c'était en 2006, quand je bossais sur mon album éponyme. Lui était dans un studio, moi dans celui d'à côté, et on était vachement contents de se retrouver. L'un de mes plus grands compliments sur mon dernier disque, Mister D, c'est quand on m'a comparé à lui. En mourant, il m'a un peu donné de son héritage.

Blousons noirs : Il est comment Fonzie ?  
Mots-clefs : mecs formidables, petits voyous, Vespas, branleurs.

Dick (nostalgique) se souvient : Ado, j'étais admiratif des blousons noirs. À l'époque, c'était des mecs formidables. Pour moi, Elvis était aussi un blouson noir, car si tu regardes sa filmographie, Love Me Tender mis à part, il a toujours eu des rôles de petits voyous, il allait en prison, il avait le coup de poing facile... À Nice, je traînais souvent avec eux, même s'ils étaient plus âgés que moi. C'était déjà des petits hommes avec leurs Vespas, des rebelles comme James Dean dans La Fureur de Vivre. Sauf qu'ils ne branlaient rien de la journée.

Castagne : sport de rue sans règle.
Mots-clefs : bagarre d'Antibes, histoire de gonzesse, panier à salade, appât.

Dick (épique) relate : J'ai vu pas mal de bastons, mais celle qui m'a le plus marqué, c'est « la bagarre d'Antibes ». Les bandes de Nice s'étaient unies pour aller casser la gueule aux mecs d'Antibes pour une sombre histoire de gonzesses, je crois. Y'avait vachement de monde, et ça s'est fini avec les flics. J'avais les boules de rentrer en panier à salade, car mon père m'aurait tué. Je m'en suis plutôt bien sorti. En vérité, je n'ai jamais été un grand cogneur, c'était souvent mes potes qui tapaient à ma place... Je leur servais d'appât, en quelque sorte.

Chats Sauvages : boys band des sixties.
Mots-clefs : école buissonnière, Gérard Jacquemus, The Joycemen, Martin Wilde, 16 mois

Dick (en mode Fréquenstar) miaule : Les Chats Sauvages, c'était une bande de copains qui faisaient avec moi l'école buissonnière pour faire de la musique. Il y avait deux guitares, ma voix et un batteur qui n'était pas terrible, Michel Mouillot, qui allait devenir le maire de Cannes par la suite. Après s'est joint Gérard Jacquemus, et on a formé notre premier groupe, Jerry Joyce and The Joycemen. On l'avait appelé comme ça parce qu'il nous semblait impensable d'avoir un nom à consonance française, et parce que notre rêve était de percer aux U.S.A, le pays du rock'n'roll. On était naïfs, quoi... Ensuite, on a enchaîné les auditions, et on nous a dit que notre nom était trop compliqué. J'adorais Martin Wilde, le papa de Kim Wilde, qui avait un groupe qui s'appelait The Wild Cats, j'ai alors traduit et décidé que l'on se nomme Les Chats Sauvages. Le succès est venu relativement vite, mais cette aventure n’a pas duré plus de 16 mois.
Dark Vador : Asthmatique cosmique.
Mots-clefs : Georges Lucas, potentiel beau-frère, mariage, Cannes, avant-première, La Revanche des Sith.

Dick (coquin) aime bien faire des blagues : Ma fille est restée pendant trois ans avec Georges Lucas, à San Francisco et ils ont failli se marier. Bon ça ne s'est pas fait mais ils sont tout de même restés très amis. Quand le film La Revanche des Sith est sorti à Cannes, j'ai demandé à ma fille si je pouvais assister à l'avant-première avec Georges Lucas. Non seulement, Lucas m'a trouvé des places mais en plus, j'ai monté les marches avec lui, comme si je faisais partie du film. Je me souviens que les médias n'arrêtaient pas de me demander ce que je foutais avec l'équipe de Star Wars, moi, pour déconner, je leur disais que j'avais le rôle de Dark Vador... Un peu ridicule comme blague, mais ça m'a fait bien rire...   

Depardieu : poète français du 20eme siècle.
Mots-clefs : Michou d'Auber, Nathalie Baye, contre-sens, pet.

Dick (grand seigneur) explique : Contrairement à ce qui a été écrit dans le bouquin de Sam (ndlr : Sam Bernett, auteur de sa biographie),  il ne s'est jamais rien passé de grave avec Gérard Depardieu. En fait, j'avais été à l'avant-première d'un film formidable qui s'appelle Michou d'Auber dans lequel il jouait avec Nathalie Baye. Nathalie avait été charmante avec moi, et lui il m'avait un peu snobé. En fait j'ai dit qu'il m'avait pété à la gueule, et ça a été interprété en « Gérard Depardieu veut me péter la gueule. » Tous les journalistes ont sauté sur cette histoire alors que ce n'était qu'une histoire de pet.

Dick Rivers : légende française.
Mots-clefs : Loving You, Elvis, Deke, ne pas faire de mauvais esprit.

Dick Rivers (innocent) révèle : Une fois qu'on avait décidé de s'appeler les Chats Sauvages, il n'y avait plus aucune raison que je m'appelle Jerry Joyce. J'avais vu le film Loving You avec Elvis, et dans ce film, il s'appelait Deke Rivers, j'ai changé le prénom en Dick, et depuis 50 ans, c'est sur tous mes papiers.  

Drucker : vieux gendre parfait.
Mots-clefs : 1995, je ne vais pas me faire chier, excuse.

Dick (un peu colère) fulmine : J'ai pas fait d'émission avec lui depuis 1995, je lui en veux un peu pour le non-respect professionnel qu'il accorde à ma carrière. S'il était vraiment opportuniste, il saurait que je suis l'archétype parfait pour son public. Crois-moi, il sait tout, c'est un rusé, mais y'a pas de raison que je me fasse chier avec lui. Un jour, il m'accueillera, il s'est même une fois excusé auprès de mon fils, donc on verra..


La suite de cet entretien est à lire ici.

Un peu de promo pour Dick :
Son nouvel album, Mister D, écrit et produit par Oli Le Baron, disponible chez tous les vendeurs de disques.

Voir aussi : www.dick-rivers.com.