giphy (1)C’est quand même marrant de constater l’évolution vitesse grand V de l’industrie pornographique dans une société au caractère puritain comme la nôtre. À en écouter certains : personne ne se branle et les sites de cul c’est dégueulasse. Mais bande de fils de Pinocchio,  pas besoin d’être Keynes pour savoir qu’aucune activité ne se développe sans demande. Alors les adeptes du Cachez ce sein que je ne saurais voir, va falloir arrêter de nous prendre pour des billes. Si on est passé du peep show et des magazines PlayBoy à Pornhub et les sites de cam sexe, ça n’est pas par l’opération du St Esprit (Amen). 

Ce qu’on a tendance à oublier aujourd’hui lorsque que seule une page de navigation privée nous sépare des plaisirs de la masturbation, c’est qu’avant, c’était bien galère. Parce que l’imagination simple a vite saoulé tout le monde, le porno remonte à la nuit des temps. On retrouve des représentations d’actes sexuels jusqu’à la préhistoire. L’humanité savait à peine faire du feu qu’elle était déjà chaude comme la braise (sorry). Bon à l’époque, fallait quand même activer deux ou trois neurones pour se stimuler parce que ça ne tombait pas tout cru dans la bouche comme avec ce qu’on a de nos jours. Suffisait pas de cliquer sur un bouton pour se trouver devant une cam girl au chaud derrière son ordi. 

De tout temps, cette forme de voyeurisme a obsédé. Les peep shows qui sont les ancêtres des sites de sexe cam, remontent d’ailleurs à la fin du XIXe siècle à New York. L’idée de payer pour voir une femme performer derrière un écran ou une vitrine ne date pas d’hier. Madonna en parlait même dans son morceau Open Your Heart dans les années 80 (les futurs pro Trump en sueur). Mais avec l’arrivée d’internet, la donne a complètement changé. La diversité de contenu est sans limites, genre sur Jerkmate un bouillon de choix de type de corps, d’ethnicité, de couleurs de cheveux, de tailles de soutien-gorge, de tailles de pénis, de sexe. C’est pire que de choisir un film à regarder le soir sur Netflix, à quelle heure on se touche bon dieu ? 

Cette pratique du sexe cam s’est d’ailleurs largement intensifiée avec les confinements à répétition et la misère sexuelle qu’ils ont entrainée. Ava Moore, une cam girl exerçant cette activité depuis 5 ans témoignait même l’année dernière pendant le confinement qu’elle travaillait de 9h à 23h.  C’est vrai que cette alternative est plutôt pratique : elle évite l’angoisse du sex shop. Toute personne normalement constituée a déjà eu la petite boule au ventre avant d’entrer dans ce havre du sexe. Derrière un écran au moins, on ne risque pas de croiser notre boulanger préféré du quartier au rayon bondage. Après, pour les amateurs de vintage qui aiment prendre des risques et qui pensent que la technologie détruit l’authenticité de nos sensations, il existe encore quelques peep shows en France qui résistent encore et toujours à l’envahisseur.