giphyAvant, on déambulait dans Paris en tombant aisément sur des enseignes à néon attrape-queutards à base de « sex shop » « dvd coquins » « ciné sex » « projection vidéo X », quelques clampins traînant devant, et des mères pressées tirant la main de leur gosse intrigué par des lumières rappelant les stands de Churros. Aujourd’hui, tout ça, c’est fini. Au profit de nouveaux magasins aux antipodes de leurs prédécesseurs. 
 
Dans les années 70, les premiers sex-shops se sont implantés en France comme une évidence salvatrice libératrice, suscitant la curiosité et l’excitation des passant.e.s pour qui le sexe se pratiquait dans le secret, la discrétion et où le tabou enveloppait une société jusqu’alors hypocrite vis-à-vis de la sexualité. Les enseignes tape-à-l’oeil instauraient un nouveau climat pseudo-révolutionnaire, normalisant aux yeux de tous l’existence du désir et les déclinaisons de celui-ci. Enfin, malgré mai 68 et la libération sexuelle qui accompagnait cet élan de décomplexion du zgeg, ces antres de la coquinerie pimpées aux Led étaient construites majoritairement par des hommes et pour les hommes, excluant d’emblée la gente féminine de cet amas de phallus veineux et de vaginettes, et parce que tout ça n’avait rien d’accueillant pour les femmes, elles n’y mettaient que très peu souvent les pieds. Les femmes n’ont jamais trouvé leur place dans les sex-shops, ou alors pour rire entre copines pendant une virée dans la capitale ou à l’occasion d’un enterrement de vie de jeune fille. Ce que proposait le sex-shop, c’était une ambiance testostéronée garnie de DVD de films X aux scénarios écrits par des hommes mettant en scène des actrices soumises, entretenant une idée du coït complètement erronée et bien loin de la réalité. Les sex-shops tout neufs sont peu à peu devenus bien glauques et décrépis, et puis un jour, tout le monde les avait désertés, mis à part deux ou trois fidèles qui n’avaient toujours pas cédé à l’arrivée d’Internet. Le sexe commercial patriarcal devenait obsolète. Mais depuis quelques années, de nouvelles devantures sobres et rose kiki aux vitres bien transparentes ont fait leur apparition ; le love-shop est né. Parce que le sex-shop crade appartenait aux hommes, il devait rester là où il s’était terré, à tout jamais. Des cendres de ces beauferies néonesques s’érigeaient le love-shop, pensé par des femmes et des hommes plus éveillés qui avaient compris un truc : les femmes aussi aiment le sexe. Le magasin d’accessoires érotiques a donc pris un virage à 360° en mettant le désir des femmes au coeur du business. On les avait exclues pendant des années et hop, adapter ce marché du sexe fun autour de la gente féminine lui a clairement redonné un second souffle, si ce n’est sa véritable place, parce que les hommes aussi vont finalement y trouver leur compte. Et pour les projections sinistres sur des banquettes qui collent, le Berveley ayant fermé ses portes en 2019, les pélots devront se contenter du virtuel. En attendant, si vous êtes un peu timide, que vous n’avez pas le temps de magasiner mais que que vous cherchez à enrichir votre collec’ de canards à plumes vibrants et de phallus portatifs, vous devriez aller voir ici