1. L'Intellectuelle négligée
Les énormes lunettes, on les lui connaissait déjà. Mais sans make-up et avec une telle coiffure, elles complètent l'intransigeant masque de l'Intellectuelle. On différencie l'Intellectuelle de la Responsable du courrier par sa manie de torturer son épaisse chevelure, d'où l'effet saut du lit / page blanche / Robert Smith. Cette image sert évidemment à casser celle, bien plus lisse, de la journaliste TV découverte sur une chaîne du câble. Madame travaille désormais dans la Presse écrite, où l'on se moque de l'apparence. Merci quand même d'avoir évité la main dans les cheveux pour la photo : le macramé ajouré laissant entrevoir une aisselle velue aurait pu choquer certains spectateurs.

2. Le bordel rassurant
Audrey Pulvar, en prenant son poste de nouvelle directrice de la rédaction des Inrocks, entend s'appuyer sur ce qui existe déjà : une étagère Casto mal rangée débordant de choses culturelles. Elle n'est pas là pour imposer un style entièrement neuf et hyper-rationalisé, et respecte l'équipe en place, son côté chevelu, croulant sous les envois promos. Elle rappelle aussi que les choix de la rédaction ont toujours titillé les lecteurs se réclamant du canal historique : par exemple, lorsque ces derniers ont découvert qu'il n'y avait pas que les Smiths dans la vie, mais aussi Justin Timberlake. Elle est consciente que son arrivée agace mais veut nous faire comprendre qu'on s'y fera. Gageons que Mme Pulvar saura dénicher les Timberlake du futur et montrer plus de clairvoyance que lors de son face à face gênant avec Sébastien Tellier.

3. La robe élégance au naturel
OK pour l'apparence négligée mais pas au point de se saper comme Houellebecq. Audrey Pulvar a choisi pour ce photoshoot une robe de bergère chic, hippie mais bien coupée. Allure naturelle et classe. Avec cette robe, elle se met dans la poche à la fois les mères et les filles dans les pubs Comptoir des Cotonniers. Elle se plie certes à l'exigence d'élégance qu'on impose aux femmes, mais se distingue d'une Anna Wintour, trop élitiste, d'une Françoise Giroud, trop bourgeoise, ou d'une Christine Ockrent, trop PS.
 


Crame.