Fortes de leurs deux (gros) tubes récents en Angleterre - leur pays d'origine - les Stooshe (et leur maison de disque) ont cru bon de céder à "la tentation d'empocher des sous sans trop se fouler", aka la cover. Dans le milieu de la pop, la reprise est mal vue, souvent synonyme de facilité, voire de lâcheté, d'abandon devant le challenge que constitue la création artistique. Lorsqu'en plus elle fait figure de 3ème single après 6 mois de carrière, c'est, comme dit le proverbe, un pas en avant, deux pas en arrière. On se souvient par exemple que No Doubt avait choisi de reprendre Talk Talk en guise d'ultime single avant leur break, et que Britney Spears a attendu son troisième album pour sortir I Love Rock 'N' Roll, une reprise que le monde entier attendait avec impatience (ahem, pas vraiment).

C'est aux TLC que les Stooshe ont choisi de rendre hommage. Un choix mûrement réfléchi. Elles auraient pu reprendre les B*Witched que personne n'aurait levé un sourcil. Ou alors si, justement. En reprenant le classique du groupe US et en l'agrémentant d'une production 100% pop, Stooshe proposent ici une version efficace si ce n'est dispensable, et surtout, loin du charme désuet de Black Heart, leur précédent single. Mais bonne surprise, alors qu'elles auraient pu éviter de toucher au couplet rap de Left-Eye, celui-ci est bel et bien présent, en version raccourcie et transformée en jolie harmonie à trois voix façon quartette féminin des sixties.
En ce qui concerne le clip, là aussi, service minimum, comme un RER B qui passe deux fois par heure un jour de grève en plus propre et moins bondé. Les Stooshe dansent, la peinture gicle à foison (sûrement les stocks non écoulés de Willow Smith), ça remue, ça sourit, ça fait des saltos... ça pète la forme, quoi.

Et puis surprise : alors que l'on commencait à perdre foi en ce clip à peine digne d'une publicité pour GAP, T-Boz et Chilli, les deux dernières rescapées des TLC déboulent à l'écran. Alors okay, elles n'ont beau apparaître approximativement que 8 secondes, on est quand même bien content d'assister à ce qui semble symboliser une éventuelle "passation de pouvoir". Manque de bol, leur regard relève plus de la condescendance un peu moqueuse que de l'approbation divine. Ca n'en était sûrement pas leur intention, mais c'est tout ce qu'on retient.

A dire vrai, à quoi bon courir après la validation de ses idoles ? Si Stooshe cherche à tout prix à laisser une empreinte dans le paysage pop anglais, il va falloir faire mieux que ça. D'autant plus qu'avec les retours annoncés des Girls Aloud et des Sugab... de Mutya Keisha Siobhan, la concurrence sera bientôt féroce. Bon allez Stooshe, ça passe pour cette fois, mais il va falloir revoir votre copie pour le prochain test, celui de l'album (prévu le 12 novembre).



Thomas Rietzmann.