En trois mots :

Motown + 2000’s = Daptone 

 

Préambule à écouter :

Sharon Jones & The Dap-Kings - The Game Gets Old

 

« L’égérie de la marque » s’appelle Sharon Jones. Pas une note ne lui résiste, sa voix est plus puissante qu’une mandale d’Aretha Franklin, pour prendre en exemple un autre « poids lourd » de sa trempe, et son timbre est le plus soul des années 2000. Sharon Jones et ses Dap-Kings, groupe idiomatique du label, c’est en cinq albums et dix ans de carrière sous Daptone la plus belle dévotion à la soul sixties de notre ère Winehouse. Avec un background classique gospel (entraînements à l’église, etc.), et un style encore rentable en 2012 (100 000 copies pour les albums 100 Days, 100 Nights et I Learnt The Hard Way !), la Sharona s’octroie désormais les petits kiffs de prestige qu’elle mérite, tels que ses collaborations avec David Byrne, FatBoy Slim, Lou Reed ou encore Al Green. Pas mal pour une ancienne fonctionnaire de la prison de Rikers Island (bon app' les anglophones). 

 

Story :

Alors que les horribles LMFAO, neveux d’un fondateur de Motown, secouent bêtement leur afro sans cerveau sur un soi-disant Shufflin qui n’a rien d’aléatoire puisque c’est toujours la même chanson, les musiciens de Daptone font avec le cœur ce que la Motown ne fait plus avec les disques : de la soul. Pressée sur de la cire, et enregistré en bande analogique s’il vous plaît. Un savoir-faire traqué de notre côté de l’Atlantique, puisque pour Back To Black, même Amy Winehouse avait eu recours aux Dap-Kings et aux enregistrements de Gabriel Roth, adoubé à juste titre d’un golden Grammy Awards. Le label créé en 2001, tenu par l’ingénieur Gabriel Roth et le saxophoniste Neal Sugarman, fêtait l’année dernière ses 10 ans avec un nouvel album de Jones, étonnamment (sic) parfait. 

 

 

Poids lourds :

L’année dernière sortait No Time For Dreaming de Charles Bradley, l’anti-pathos. Une prestigieuse prestation de crooner à faire mouiller les mamies, comme par exemple Lee Fields, pourtant proche des Dap-Kings, n’en a pas faite depuis des années. The Budos Band est l’autre grande formation du label, un super orchestre qui plonge plus volontiers dans les Caraïbes pour y pêcher ses influences et en sortir un funk pour grandes occasions.  

 

Petits derniers :

Dernier nouveau gang chez Daptone et formé en 2007, les Menahan Street Band signaient en 2008 avec Make The Road By Walking la bande-son rêvée d’un film -rêvé lui aussi- de blaxploitation peace and love, ou d’un après-midi bronzage naturel intensif intégral. Et Dieu sait qu’il ne faut pas se gourer en playlist bronzage intégral. 

 

Où, quand, avec qui, comment et pourquoi ?

Contrairement à la gueule de bois qui n’a pas encore trouvé de solution miracle, le spleen quant à  lui, qu'il soit dans Paris, à la campagne ou sur la plage, se guérit instantanément avec les orgues, les sax, les guitares, les bandes analogiques et les voix de Daptone Records. 

 

 

Quartier général :

Brooklyn, NYC, USA. 

 

Prochaine sortie : Menahatan Street Band, The Crossing, prévu pour fin octobre. Voir le site officiel de Daptone.

 

 

Bastien Landru.