A JETER

 

Le Beanie

Ce bonnet de schtroumpf porté à l'envers très haut sur le front ne sert en rien à se protéger du froid mais plutôt à mettre en valeur un visage (il est donc rarement arboré par les laids et davantage par des gens qui ne savent pas qu'ils sont laids). Pourtant, vu de dos, l'aspect sac vide qui pendouille ressemble à un sein en gant de toilette du plus mauvais effet. Version amincie et urbaine du bonnet rasta, cousin occidental du bonnet afghan, le beanie est devenu en quelques années le couvre chef officiel du m-pokorisme autant vous dire que c'est vous qui voyez.

 

Le Sarouel

Comme Smaïn, ce pantalon unisexe nous vient d’Afrique du Nord et se caractérise par son entrejambe très bas. Un côté legging baggifiant qui, n’en déplaise à son confort évident et son côté « rootsy chic » sympatoche, donne juste l’impression que vous vous êtes fait dessus.

 

Le Col Mao

Le saviez-vous? On appelle "structures vestigiales" les parties du corps « vestiges du passé » ayant perdu leur fonction originelle, du fait de l'évolution. Exemple : l'os du coccyx, qui est un reste d’une queue qu’auraient eue nos ancêtres. Il en va de même pour les vêtements: lorsqu'on porte une chemise sans cravate, le col de la chemise est une structure vestigiale puisqu'il ne sert plus à rien. Ce n'est pas pour ça qu'il faut s'en débarrasser complètement en portant d'affreuses chemises à col mao. Pour vous convaincre, pensez aux ongles, qui ne servent plus réellement à grand chose de nos jours à part faire joli. Or, imaginez une main sans ongles. Oui: eeeew beurk beurk dégueu. Col Mao, main sans ongles: même combat.

 

Le Pantacourt

Bien malin fut le coquin qui croyait avoir trouvé le juste milieu entre le pantalon et le bermuda. Seulement se doutait-il que ceux qui porteraient ces immondices donneraient l'impression d'être des adolescents ayant grandi d'un coup sec pendant la nuit sans avoir eu le temps de s'acheter un nouveau pantalon à leur taille. Du coup, l'inventeur fou créa une immondice supplémentaire : les lacets de serrage. Censés permettre de resserrer l'ouverture du pantacourt et ainsi créer un short plus court, ils sont le plus souvent laissés pendouillant, ou pire: en petits nœuds. Peut-être avait-il inconsciemment compris que ces lacets feraient finalement d'excellentes mèches pour faciliter l'immolation de cette ignominie.

 

Tout ce qui est cache-cœur

Toutes les filles en ont eu un dans les années 90, parce que c’était la mode, étrangement. Pourtant, si aujourd’hui ce gilet paraît hyper- pratique pour quiconque souhaiterait allaiter en ce qu’il permet de dégainer ses miches en moins de deux, mieux vaut s’en séparer et se souvenir qu’il demeure pour toujours l’incarnation de la mode mémère milfesque façon la Redoute, d’autant plus si vous décidez de mettre un col roulé en coton en dessous, ce qui indiquerait que vous avez renoncé à tout. Pardon, mais seules les danseuses ont le droit de porter ce vêtement pour éviter d’attraper la mort entre deux étirements.

 

 

A GARDER

 

Le Chino à la couleur passée

C'est au moment où un ami nous confie qu’à l’origine son pantalon n'était pas taupe mais gris souris que l’on réalise que le gris ma foi c'est surfait. Survinrent alors dans les rues de nos contrées des jeunes gens en pantalons en toile de couleur unie un peu passée, délavée par le soleil. Ceux qui portent ces pantalons nous rappellent que ce salaud de soleil dévore la couleur, alors que l'hiver, le moindre éclat coloré donne envie de faire des claquettes avec tout le quartier. En substance, ceux qui portent ces pantalons nous aident à aimer l'hiver plus que l'été afin de mieux supporter l'attente. Les gens qui portent ces pantalons sont donc les vrais humanistes.

 

Les grosses chaussettes en laine

Le chausson peut vite tourner au drame. Même une charentaise ironique flirte avec la catastrophe si elle est couplée à un pyjama en éponge. C'est pourquoi, nous vous suggérons de vous équiper en grosses chaussettes en laine de chantier nordique. Un modèle à énorme maille, un truc importable avec une chaussure autre qu'une botte en caoutchouc, qui porté par dessus une fine paire de chaussettes en coton pour les allergiques à la laine, est le remplaçant idéal du chausson: il tient chaud et permet de se la péter flashdance entre la chambre et la salle de bain. Ces chaussettes font par ailleurs d'excellents baillons ce qui peut s'avérer bien pratique si vous devez séquestrer quelqu’un.

 

Les Chelsea Boots

Ces bottines furent inventées au 19ème siècle en Angleterre pour la pratique de l’équitation, puis revinrent grave à la mode chez les Mod’s dans les années 60. Valeur sure vestimentaire, les Chelsea Boots incarnent à la fois le vestiaire rock rebelle rebelle des années 60 et le conformisme bourgeois prout prout d’un dimanche au centre hippique de Jardy, et se portent aussi bien avec un jean qu’une petite robe. Veillez cependant à ce que votre pantalon ne se coince pas au dessus de la languette, disgrâce équivalente à celle occasionnée par le bout de papier toilettes coincé sous la semelle.

 

Le pull ironique

Au delà du fait qu’il nous mette en joie par son caractère ridicool et campissime, le pull ironique (pull de Noël, pull de mamie, pull de prof d’anglais etc…)  possède en général des couleurs qui flattent réellement le teint et est idéal les jours de gueule de bois, de mine d’hiver ou de dépression saisonnière. Par ailleurs, le pull ironique constitue un excellent point de départ à une conversation entre gens qui n’ont rien à se dire.

 

La petite robe noire

Ben ouais, on fait pas mieux comme basique. Car en cas de doute vestimentaire, la petite robe noire est la réponse idéale, la valeur sure devant l’Eternel, celle qui passe partout comme le nain de Fort Boyard.

Rendez-vous amoureux? PRN. Entretien d’embauche ? PRN. Mariage ? PRN. Enterrement ? PRN. Soirée sataniste avec sacrifice de nourrisson sous la pleine lune ? PRN.

De plus, l’avantage avec la PRN, c’est qu’il suffit de l’accessoiriser chaque jour différemment pour faire croire qu’on a changé de tenue, ce qui est un plus en ces temps de crise, vous en conviendrez (cf ce site).

 

 

Par Géraldine de Margerie et Maxime Donzel. Photo : Olivier Marty.

 

Dress Code est disponible depuis le 8 octobre chez Laffont. Un livre de Géraldine de Margerie et Maxime Donzel. Photos par Olivier Marty. 176 pages, 22 euros.