Parce que Jenifer n'est pas Tal :

Les reprises de Jenifer restent à l'appréciation de tout un chacun, certes, mais en tous cas France Gall n'a pas eu le droit à sa nécrologie chantée, c'est-à-dire à son "Generation France Gall". Nous faisons là une référence directe à "Génération Goldman", un "concept album" tout droit venu de la twilight zone et sans doute pensé par un esprit perfide et maléfique détenteur d'un gros chat à poils longs, qui se veut être un hommage à toute la carrière de Jean-Jacques Goldman par la jeune génération. Imaginez un peu Bébé Requin repris par Tal au vocoder : si vous pleurez actuellement des  larmes de sang c'est que vous êtes parvenus à vous figurer cette inquiétante possibilité.

 

 

Parce que ça arrondit ses fins de mois :

Vous n’êtes pas sans savoir que la crise, cette chienne, touche tout le monde, même ceux qu’on pensait privilégiés, cf Françoise Hardy qui faisait sa mijaurée l’année dernière en rapport à son éventuel changement de train de vie si la gauche passait  au pouvoir. (Même si au fond on la soupçonne d’être juste une drama queen qui a du faire le même scandale lorsque Didier Derlich l’a coiffée au poteau sur Sacrée Soirée).

Aussi peut être que France Gall, malgré son statut d’ayant droit de l’œuvre très fructueuse de Michel Berger, connaît des fins de mois difficiles. Cet album fortement médiatisé ne saurait que trop renflouer son compte en banque.

 

Parce qu’une reconversion est désormais possible pour elle :

Ses sorties acides à l’encontre de Jenifer mais aussi de Laam (responsable en l’occurrence d’une véritable profanation musicale) telle que « J'avais été effondrée par la reprise de Lââm de "Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux". Tout le monde adorait. Ma mère aussi. Mais la fin en rap, ce n'est pas possible » ont au moins eu le mérite de nous montrer une facette méconnue de France Gall, l’éternelle muse consensuelle de la variété française.

Et comment réagit-elle à la suite de la diffusion de l’émission spéciale sur TF1 dont elle a été la « victime » ? « Un hommage, c'est censé faire plaisir, non ? Les producteurs ne doivent pas beaucoup m'estimer pour faire un show aussi cheap. C'était raté » Tout ceci laisse donc éclater une fourberie qui pourrait faire mouche lors d’une joute verbale chez Laurent Ruquier ou tout autre chansonnier de prestige. 

 

 

Parce que Jenifer n’est pas partie trop loin non plus :

Si Jenifer (ou Jen’ pour les intimes et tous ceux qu’elle invite à la nommer de la sorte) a choisi l’axe de la « modernité », elle ne s’est pas non plus adonnée à un carnage en bonne et due forme du répertoire de France Gall. Entre d’autres termes, elle ne nous a pas sorti une version autotunée de Si Maman si à la flûte de pan suite à une « rencontre artistique et avant tout humaine » avec Shaka Ponk sur le plateau de Taratata

 

Parce que France Gall s’est toujours distinguée de ses consœurs par sa discrétion…

...et c’est  une qualité non négligeable au sein du chaud biz. Aussi, lorsqu’elle le crie à qui veut bien l’entendre que cet album est une infamie, on ne peut que s’empêcher de trouver cela vulgaire et ingrat. Par ailleurs, lorsque l’on ressemble désormais à un mauvais sosie de Paul Williams, on se doit de préfèrer l’ombre à la lumière (et on signe un feat sur l’album des Daft Punk).

 

Sarah Dahan