J'ai reçu ces petites claquettes, je devais avoir 6 ans. Ma mère en avait fait dans les années 70, elles étaient trois et elles faisaient souvent des spectacles. Je voulais lui ressembler, je les portais tous les jours dès que j'étais chez moi, et avec ma mère on regardait Top Hat avec Fred Astaire et Ginger Rogers, et je lui demandais pourquoi elle avait arrêté et elle ne me répondait jamais. J'étais très fière de les avoir aux pieds, j'avais le sentiment d'appartenir à ce monde, pourtant je n'ai jamais commencé des cours de claquettes, je ne sais plus pourquoi. Alors avec ma soeur on inventait des choré sur les musiques de Chantal Goya.
 

 

 

Quand j'étais jeune, je voulais être bonne soeur, j'allais à la messe tous les dimanche et je priais tous les soirs, j'aimais cette idée d'abandon total à Dieu, de dévouement : ce mysticisme, je trouvais ça beau. Et puis je me suis mise à faire de la scène et j'étais enfin heureuse, pour la première fois de ma vie, je me sentais à ma place et épanouie. Vers 16 ans, j'ai lu un livre sur une danseuse du Moulin Rouge et ça m'a fait fantasmer cette vie si loin de la mienne dans ma banlieue... Paris, la nuit, Pigalle. Elle avait un petit appartement rue Lepic, je l'imaginais se préparer, se maquiller devant sa coiffeuse fumant des cigarettes, je voulais être comme elle, dévouée. Qu'elle soit malade, qu'il neige, qu'elle soit triste, seule, elle devait tous les soirs refaire le même maquillage, enfiler les mêmes vêtements et danser pour le public. J'aime cette dévotion totale. Quand je suis allée au Crazy Horse j'étais émerveillée.... Ce petit cabaret dans Paris, le Crazy Horse et chez Michou sont mes fantasmes de vie, il y a là quelque chose de beau et de triste.

 

 

Il y a 5 ans, j'ai découvert une chanson de Sylvie Vartan sur youtube, qui s'appelle Ballade pour une fugue composée par Jean-Jaques Debout, cette chanson m'a bouleversée, j'ai été soudainement fascinée par cette femme. Je me suis toujours attachée à des idoles sans être fan, mais émerveillée par les muses. Inspirer un homme ou une femme, s'abandonner assez pour que l'autre vous voit, c'est tellement beau. C'est comme des histoires d'amour.

 

 

Les attrapes rêves ont pour utilité d'empêcher les mauvais rêves. Je les ai acheté il y a trois ans a Montréal pendant la tournée de Miam-Miam, le spectacle d'Edouard Baer. Je ne sais pas pourquoi je les acheté, puisque j'ai un sommeil tellement profond que je ne me souviens jamais de mes rêves. Mais j'aime imaginer que grâce à eux tous mes rêves sont doux, beaux et sensuels. Parfois je les regarde en rêvant qu'ils me racontent des choses incroyables sur moi, des choses enfouies, des choses inavouables du passé que j'ai oublié. Je voudrais qu'ils me sauvent de tous ces trous noirs de ma jeunesse.

 

 

Avant mes 21 ans j'étais complètement perdue, je rêvais ma vie mais la réalité était à l'opposé. J'avais vu peu de films, toujours les même, Peau d'âne, Les Demoiselles de Rochefort, "Top Hat". J'étais très peu cultivée et je me trouvais bête. Je ne savais pas par quoi commencer, j'avais le sentiment d'être dans le vide. Et puis j'ai rencontré un garçon cinéphile, il m'a montré plein plein de films et ça m'a ouvert tout un monde. Ces films m'ont remplie, m'ont construits, m'ont accompagnée. Je n'aime rien de plus que de regarder un beau film, ou découvrir une chanson. Ca me met dans un état de plénitude absolue.

 

 

Tous les dimanches, je fais les vides greniers avec mon petit ami, même sous la pluie. J'ai donc trouvé ce cendrier crabe... Cette phrase va être nulle mais j'adore les crabes ! J'aimerais être parcouru par plein de petits crabes qui fument. C'est sexuel, un crabe, non ? Enfin moi je trouve... Parfois quand je suis amoureuse ça me fait l'effet de plein de petits crabes dans le ventre et c'est tellement bon. Alors quand je fume une cigarette, j'aime l'écraser sur un crabe.

 

 

J'adore le chanteur Lafayette, je chante le refrain sur une de ces chansons : Eros Automatique, et il a aussi remixé une de mes chansons, Bâtards Suprêmes. Un soir, j'étais à une soirée Nova de mon ami David Blot, et un garçon jouait des disques, il a mis Les Dessous Féminins de Lafayette, je ne connaissais pas et j'ai eu un pic au coeur, le fameux pic qu'on a quand on découvre une nouvelle chanson et qu'on l'écoute en boucle des jours et des nuits. J'ai donc voulu le rencontrer, et depuis on travaille ensemble, il est venu faire un duo avec moi sur la scène des 3 Baudets il y a 2 semaines. Quand à Fafi, c'est mon amie. J'adore sa BD et ses fafinettes? J'avais fait une lecture de sa BD au Silencio avec Vincent Cassel, et Nicolas Bogue qui jouait de la basse. Je devais le lire en anglais alors que je suis une grosse nulle dans cette langue. ça donnait une ambiance vraiment étrange, mais c'était merveilleux.

 

 

++ La page Facebook et le compte Twitter d'Alka Balbir.
++ Son EP Bâtards Suprêmes est sorti le 17 juin.
++ L'album paraîtra le 30 septembre chez Digital.

 

Photo de une : Partel Oliva