L'Ile de Nantes

C'est un quartier immense et assez récent, investi par une foule de structures culturelles. On s'y rend à pied depuis partout. L'été, les touristes viennent faire une promenade à dos d'éléphant, puisque Nantes possède depuis quelques années un modèle unique d'éléphant mécanique en bois, haut d'une dizaine de mètres, qu'on voit souvent se déplacer au loin, quand on n'entend pas ses barrissements. Les gens se massent pour monter dessus et faire la balade. Aucun de nous ne l'a fait, mais il fait partie de notre quotidien. On y trouve aussi un immense manège sur le thème des fonds marins, où les enfants chevauchent hippocampes et cœlacanthe, le tout dans un design très expo universelle. C'est sympa comme endroit, très ouvert avec le large fleuve qui coule à côté.

 
On y trouve aussi La Fabrique, un grand bâtiment cubique, qui héberge, entre autres choses, un studio de répétition qu'on partage avec les Von Pariahs. C'est là qu'on se réunit pour travailler le concert, qu'on prend nos cafés. Pour s'y rendre, il faut traverser le pont Anne de Bretagne, avec son lever de soleil sur la Loire lorsqu'on est matinal, et passer sous la large structure métallique du Hangar des Machines de l'Ile, immenses halles qui abritent notamment l'Elephant quand il dort, et une expo de monstres en bois et ferraille dans un style très Jules Vernes qu'on appelle «Les Machines de l'Ile». On se croirait dans la gare de King's Cross à Londres, où les trains seraient remplacés par des plantes grimpantes et des animaux mécaniques. Les halles abritent également le Stereolux, la nouvelle salle de concert avec deux salles et deux ambiances, qu'on aime bien pour y avoir joué plusieurs fois. C'est un peu excentré, mais on y est tout le temps, ce sont nos ateliers de travail et on a vu plus sinistre !
 
 
Les Bords de l'Erdre
L'Erdre est la rivière qui coule à Nantes perpendiculairement à la Loire. Il s'y passe toujours plein de choses, des guinguettes improvisées les soirs d'été, des concerts de Blues. On y croise des Joggeurs et des vélos. Au centre, il y a l'Ile de Versailles, qu'on appelle aussi le «Jardin Japonais» : une sorte de parc floral où l'on zigzague sur les pierres qui sortent de l'eau, ambiance nipponne, et qu'on aime bien pour s'y être beaucoup promenés quand Max et moi étions gamins.
 
Les Bars
Il y a toutes sortes d'endroits pour sortir boire des verres à Nantes, au rythme de différents quartiers et populations. On aime se promener dans le vieux Nantes, le quartier Bouffay, et on s'arrête boire une bière au Bar du Coin, où les barmans sont des copains, carrefour des genres qui réconcilie les étudiants de Médecine et des Beaux Arts. On s'arrête aussi souvent au Flesselles, véritable institution de Nantes, mais sûrement le plus parisien de tous les cafés de la ville. Sa terrasse est pleine à craquer l'été, et c'est un des premiers lieux où nous avons joué. On passe aussi dans le quartier de l'Opéra Graslin, plus chic. L'Opéra fait face à la Cigale, cette vieille brasserie du XVIIIème où les vedettes vont diner après leur tour de chant. C'est beau à l’intérieur, mais très bruyant le soir, et très vieux. On préférera le petit dej parce que leur chocolat chaud est à tomber.
 
Il nous arrive de faire un détour par le quai des Antilles qui longe la Loire, illuminé la nuit par les Anneaux du Plasticien Buren. Et on s'arrête au Ferrailleur, club rock survolté décoré comme un film de Caro et Jeunet, dans lequel on adore encore jouer de temps en temps. 
 
Pour un verre en rooftop, on choisira de monter au Nid, nouveau bar logé au dernier étage de la Tour de Bretagne, le seul, l'unique gratte-ciel de Nantes. On monte au 39e pour se retrouver dans un lieu moderne, très épuré, avec tables basses et vue panoramique sur la cité. Quart d'heure «Ah ! On voit l'appartement d'ici !».
 
 
Le Marché de Talensac
Idéal pour un brunch du dimanche, ou même pour poursuivre un samedi soir qui a débordé sur le matin. On achète des huitres ou du fromage, et on prend un verre de vin blanc dans les cafés qui entourent les Halles. Fabuleux.
 
Le Garage Hermétique
C'est un studio-slash-cabinet de curiosité qu'on fréquente beaucoup. Il est situé en périphérie de Nantes, et hanté par Nicolas, son propriétaire, qui, avant d'enregistrer les groupes du monde entier (Les Libertines notamment pendant leur fuite française), était programmateur de Moog et génial collectionneur de claviers, synthés et guitares du siècle précédent. On y a testé des dizaines de synthés et autres instruments, on enregistre très souvent là-bas et on parle de musique avec la faune des habitués. Quelques chansons de l'album sortent de ses murs.
 
Nantes est une ville magnifique, dans laquelle on se sent très bien, qu'on a aimée et qui nous a forgés. On y a écrit toutes nos chansons, on a travaillé dans mille garages, jardins, studios et salles insonorisées. Mais elle donne aussi des envies de plus et d'ailleurs.
 
Notre chanson
Time For A Change parle du passage à l'âge adulte, autant que de Nantes et de l'envie d'en partir pour explorer le monde.
 
++ L'album d'Elephanz, Time For a Change, sortira le 28 octobre chez Naive.