De la dream pop lo-fi et intello

Si l’on se base purement sur un principe socio-géographique, on pourra décréter que les membres de Galaxie 500 (un nom choisi en clin d’œil à  la Ford Galaxie 500 d’un de leurs amis) sont bien nés puisqu’ils viennent de l’Upper East Side à New York. Mais Naomi Yang, Dean Wareham et Damon Krukowski ne formeront le groupe que quelques années plus tard, en 1987, pendant leurs études. Un hobby somme toute assez classique, sauf qu’eux trainent leurs guêtres à Harvard, en toute simplicité et ce aux côtés notamment d’un certain Conan O’Brien. Mais très vite, leur réputation dépasse les frontières de la Ivy League pour mieux se frayer un chemin dans le Downtown New York. Après quelques concerts dans les rades habituels du circuit indé ainsi qu'au légendaire CBGB, le groupe est repéré par le label Aurora sur lequel il signe son premier album, Today, très inspiré par le Velvet Underground. Le disque fait chavirer le coeur de nombre de nerds romantiques outre-Atlantique, et notamment celui des Sonic Youth qui deviennent des fans invétérés (Thurston Moore le qualifiera même de "guitar album" de l’année). Mais c’est pourtant en Europe, et plus particulièrement en Angleterre, qui voit sûrement en eux des cousins de Felt, que le groupe trouve un public dévoué, grâce à une très longue et intense tournée sur le vieux continent.

 

 

Et ce qui devait arriver arriva : Rough Trade, LE label indé par excellence (The Smiths, Young Marble Giants, entre autres) les prend sous son aile et leur deuxième LP On Fire sort un an plus tard en 1989. Leur ultime album, This Our Music, voit lui le jour en 1990. Lorsque les trois LP sont réédités en 2010, l’un d’eux récolte même un 10/10 sur Pitchfork, l’incontournable webzine pourtant réputé difficile à satisfaire.

 

«It’s better to burn out than to fade away»

«It’s better to burn out than to fade away» est une citation extraite de la chanson Hey Hey, My My de Neil Young et c’est sans doute cette philosophie de vie (et de mort) que le trio s’est évertué à suivre. Point d’histoires sordides de drogues (souvenez vous, les membres du groupes sont des gens lettrés et de bonnes familles), pas de disputes enragées à cause des groupies ou des royalties (le groupe affirmera quelques années plus tard n’avoir quasiment rien gagné), non, juste de la lassitude. La lassitude causée par les tournées interminables et l’envie simple et légère de passer à autre chose. Et c’est sans doute ce choix, osé mais aussi incompréhensible pour certains, qui les rendra cultes. D’ailleurs, de nombreux artistes indés de bon aloi ne manquent pas de les citer en tant qu’influences majeures : British Sea Power, Sonic Youth ou encore Liz Phair qui dans sa chanson Stratford-on-Guy,  chante "and I was pretending that I was in a Galaxie 500 video" tant le groupe incarnait le summum du cool nonchalant et intello qu’il fallait absolument connaitre. 

 

 

 

Ecouter et télécharger : 

* Galaxie 500 - Spook

* Galaxie 500 - Tugoboat

 

 

Sarah Dahan.