LOVE

Mariage gay : Hawaii et Illinois... et de seize !

 

 

Bien que des groupes d'extrémistes religieux aient une nouvelle fois pété les plombs en attribuant les dégâts de la récente tornade à l'adoption du mariage homosexuel dans l'Illinois (l'an dernier, c'était la tuerie de Newtown : il faudrait choisir), l'Histoire est bel et bien en marche aux Etats-Unis. Malgré la plainte de sénateurs républicains qui souhaitaient temporiser en demandant d'examiner la constitutionnalité de la nouvelle loi à Hawaii (après des allusions étranges au 11 septembre), le juge progressiste Karl Sakamoto a refusé de bloquer le texte. Après deux semaines de lutte tordue, au cours de laquelle même les législateurs ouvertement gays votaient contre le projet, les unions sont désormais légales sur l'archipel du Pacifique, et le seront à partir de 2014 autour de Chicago. Environ un tiers des Etats fédérés ont donc rejoint l'axe du Mal. En France, alors que quelques irréductibles antis font à nouveau parler d'eux (notamment en agitant la liberté de conscience des maires), la «Manif pour tous» fête ses un an d'existence de manière un peu pitoyable, en se trouvant d'autres os à ronger. Preuve que leur détermination politique à emmerder Hollande était inversement proportionnelle à leurs convictions profondes. «On ne ment pas aux enfants» qu'ils disaient. Nous voilà rassurés.

 

 

HATE

«C'est pour qui la balle ?»

 

 

Il n'y a pas que chez nous que le climat se tend, concernant ce bon vieux racisme de peau. Renisha McBride, une jeune Noire de 19 ans, a été tuée d'une balle dans la tête il y a quelques semaines dans une banlieue blanche de Detroit, alors qu'elle tentait de demander de l'aide au voisinage après un accident de voiture. Le tueur, Theodore Wafer, aurait tiré depuis sa fenêtre à travers la moustiquaire. De quoi rappeler l'affaire Trayvon Martin, ce jeune afro-américain abattu en Floride par George Zimmerman, qui effectuait une ronde dans le cadre du programme «Stand your ground» (défendez votre territoire). C'est le même type de défense, utilisé par l'avocat pour faire acquitter Zimmerman à la cour et éviter le procès en racisme, qu'utiliseront dès le 18 décembre les défenseurs du prévenu. Mais si l'affaire dérange, c'est que depuis juillet, les histoires comme celles-ci se multiplient et sont malheureusement plus gênantes que le «black-on-black crime» auquel est habituée l'opinion publique. En juillet dernier à La Nouvelle Orléans, un proprio avait tué Marshall Coulter, 14 ans, pensant que ce dernier venait braquer sa maison. Même chose dans le Kansas, où un type avait buté une femme enceinte sur un trottoir en proférant des insultes racistes. En septembre, Brian Cloninger, 46 ans, appuyait sur la détente et défigurait un gamin de 8 ans qui jouait sur un parking. Enfin, le même mois en Caroline du Nord, des policiers usaient d'un taser puis achevaient de trois balles un type de 24 ans qui demandait lui aussi de l'aide, écho troublant à l'affaire McBride. Les éditorialistes ravivent le débat et appellent à des mobilisations d'ampleur, à l'image de celles des «hoodies». Dans le même temps, les exactions anti-Blancs «pour Trayvon» se sont multipliées depuis le début de l'année.

 

Bonus : pendant que la plus très cool Azealia Banks reproche à Pharrell Williams d'être trop blanc, chez Jon Stewart, comme d'hab', on rigole de tout.

 

 

LOURDS

«Il se peut que les clientes de nos enseignes soient trop grosses»

 

 

A peu de choses près, voilà ce qu'a déclaré la semaine dernière le PDG de Lululemon, une marque de vêtements de sport estampillée yoga. Voulant écarter d'une boutade misogyne une polémique liée à la transparence des pantalons après l'effort, Chip Wilson s'est ensuite confondu en excuses bidon - non pas auprès des clientes mais des employés de la boîte. Un mic-mac de marketing 1.0 qui ne fait pas peur à ce pro des déclarations boderline. Selon lui, divorces et cancers vont de pair avec indépendance féminine, et le nom de la marque fut choisi pour emmerder les Asiatiques qui, faute à tous ces «L», ont du mal à le prononcer. Un peu comme si le PDG de Décathlon annonçait à la télé que les acheteuses sont des gros tas, et que les tentes Quechua, «c'est pas pour les Roms et les putains de clodos». LOL. Dans le même temps, Abercrombie & Fitch accepte à nouveau les gros dans ses sémillantes discothèques-enseignes. Tout va bien.

 

 

Félicien Cassan.