Il vient d’où ?

Il y a 20 ans, le cultissime Southernplayalisticadillacmuzik d’Outkast mettait définitivement Atlanta sur la carte du hip-hop, décomplexant des millions de jeunes en quête d’hybridation sonore. Parmi eux, Raury, qui a grandi à Stone Mountain (petite banlieue sur la côte Est d’Atlanta d’où vient également Childish Gambino), s’impose comme une évidence.

 

Qui est-il ?

C’est avec du Kiri encore au coin des lèvres que Raury écrit sa première chanson (Oh Little Fishy)… à 3 ans. Et c’est tout aussi précocement qu’il apprend à jouer de la guitare à 11 ans, grâce à des tutoriels sur internet. Aujourd’hui, ce chanteur / rappeur / guitariste / producteur a 18 ans et vient de terminer ses études secondaires à la Tucker High School d'Atlanta. Pourtant, les études, Raury s’en fiche royalement. Lui préfère voir les choses en grand. «Quand j’étais petit, j’avais l’habitude de regarder Michael Jackson et Michael Jordan», a-t-il confié à Buzzfeed. «Tout ce que je savais, c’est que je voulais être aussi génial qu’eux.»

 

 

Où en est-il ?

Le récent tweet de Lorde pourrait laisser penser que Raury a déjà fait un sacré bout de chemin. Et c’est un peu vrai : pour fêter son 18ème anniversaire, le jeune homme au chapeau a mis en place à Atlanta l’événement Raurfest, réunissant plus de 300 personnes et lui permettant de jouer pour la première fois sur scène (une fille aurait même jeté son soutien-gorge durant le concert). Depuis, tout s’enchaîne : il vient d’être retenu par Outkast pour assurer leurs premières parties aux côtés de KiD CuDi et de Childish Gambino lors de leur prochaine tournée, il s’apprête à publier son premier EP (nommé Indigo Child, en référence à la génération YouTube) et dernièrement, il a été aperçu dans un studio aux côtés de Thundercat et de Flying Lotus. La base, quoi.

 

Ça ressemble à quoi ?

A l’instar de King Krule, Lana Del Rey ou Lorde, Raury propose sa propre vision des cinquante dernières années musicales et offre ainsi un fascinant mélange de hip-hop et de folk, d’atmosphères cinématographiques et de soul-pop captivante. Rien d’étonnant après tout de la part d’un mec qui cite en référence KiD CuDi (c’est un inconditionnel de Man On The Moon), Outkast, 2Pac, Phil Collins ou encore Adele, et qui a grandi en écoutant les groupes de son frère (Red Hot Chili Peppers, Bloc Party, System Of A Down…) et de sa mère (Sade, Beyoncé, Céline Dion…). En attendant de savoir quelle direction prendront ses prochains titres, God’s Whisper, Bloom ou Sunshine sont déjà de fabuleux condensés de l’histoire musicale américaine. Mieux : ils risquent fort de marquer leur époque, voire la suivante.

 

 

A quoi ça ne ressemble pas ?

A Prince. Contrairement à ce qu’on peut lire ci et là sur le web, les deux Américains n’ont pas grand-chose en commun, si ce n’est leur afro-américanité et un goût prononcé pour la célébrité. Sauf que, quand Prince se rêve en Hugh Hefner de l’industrie musicale, Raury, lui, s’imagine très bien vivre dans dix ans seul dans une cabane en Alaska.

 

Que faut-il faire de cet artiste ?

Tout simplement le suivre, et de près. Pourquoi ? Pour cette déclaration à Buzzfeed : «Je veux créer un mouvement. Je ne veux pas juste sortir un EP, un album ou une mixtape. Je veux devenir un élément important dans la vie des gens, exactement comme l’ont été les artistes avec lesquels j’ai grandi.»

 

++ La page Facebook, le compte Twitter et le compte Souncloud de Raury.

 

 

Maxime Delcourt.