C’est l’histoire d’une comédienne de stand-up habitant sur la terre natale des hipsters (Williamsburg) qui, à l’approche de la Saint-Valentin, se fait quitter par son petit ami, perd son travail, et après une nuit de fun et de mépris pour les recommandations sur la consommation d’alcool, tombe enceinte d’un type lambda au look plutôt normcore et à l’attitude de propriétaire de monospace familial (ce synopsis sera-t-il encore compréhensible dans 10 ans ? On peut en douter). Tout ça en une semaine. Que va-t-elle faire ? Garder l’enfant ? Hé ben non (désolé pour le spoiler).

 

C’est aussi une comédie romantique, avec des gens pas super beaux, qui reprend intelligemment les codes du genre et se projette dans un monde qui ressemble en toute simplicité au vôtre, de nos jours (on ne dit pas que vous n’êtes pas super beaux, hein). Un peu comme la série Girls de Lena Dunham, avec un zeste de Louie pour le côté stand-up autoréflexif (l’héroïne évoque sa vie privée dans ses numéros). Le réalisme du film est également renforcé par le côté low-cost du film et le jeu des comédiens qui respire la sincérité.

 

 

Enfin, c’est un film où l’on découvre le talent de Jenny Slate, que vous avez sûrement déjà vue quelque part si vous regardez des sitcoms américaines. La comédienne a grandement participé à l’écriture des spectacles de stand-up du film.

 

 

Comme dans Les Combattants, autre comédie romantique sortie récemment, le personnage féminin a un caractère bien trempé, un peu comme sa culotte à la fin de la journée qui, entre autres choses situées en-dessous de la ceinture, lui sert à faire des blagues scatologiques dans ses spectacles (on sait que vous aimez les blagues scatos, nous avons un service entier dédié à l’analyse de vos comportements sur la Page Pute).

 

Le miracle du film n’est pas que l’enfant non-désiré soit finalement sauvé, mais que le scénario n’évite pas l’évidence de l’avortement (tabou dans les films et séries américaines) et ne le traite pas comme un film d’horreur. L’avortement y est démystifié, sans être banalisé pour autant. Les idées reçues sur l’avortement y sont balayées. Le film ne juge personne, mais dépeint avec humour une situation malheureusement assez commune. Mais il ne s’agit pas non plus d’une comédie portant uniquement sur l’avortement. L’humour vient des personnages, des répliques et des situations, et le film résonne souvent juste dans les moments graves.

 

Les meufs, ce film risque fort de vous parler. Les mecs virils, ne vous fiez pas à l’affiche girly. Si votre dulcinée vous force à y aller, vous le trouverez sûrement drôle. Il y a bien pire comme comédie romantique, et puis ça vous permettra de négocier un film bourrin une autre fois (et les plus sensibles d’entre vous vont même le trouver bien).

 

++ Obvious Child sort en salle aujourd'hui 3 septembre.

 

 

Damien Megherbi.