Elles viennent d’où ?

Lisa-Kaïnde et Naomi Diaz sont les filles jumelles d’un des plus légendaires percussionnistes cubains, Miguel «Anga» Diaz (membre notamment du Buena Vista Social Club). Arrivées en France il y a quelques années dans le cadre de leurs études, ces deux sœurs de 19 ans à peine n’ont pourtant en rien délaissé leurs origines : sur le site Pigeons And Planes, elles avouent d’ailleurs retourner tous les ans sur les terres de leur enfance.

 

Qui sont-elles ?

Lisa-Kaïnde et Naomi forment donc le duo Ibeyi, un terme qui signifie «jumelles» dans la tradition Yoruba, une culture originaire du Bénin et du Nigéria mais importée en Amérique Centrale au XVIIIème siècle. Filles d’une mère vénézuélienne et d’un père cubain, elles souhaitent en toute logique se servir de la musique pour communiquer : leur spiritualité tout d’abord (leurs musiques peuvent être considérées comme des prières), mais aussi leur culture. Comme sur River, où les deux sœurs rendent hommage à Oshun, la déesse des rivières.

 

 

Où en sont-elles ?

Repérées il y a un an grâce à une performance live de leur titre Mama Says, Lisa-Kaïnde et Naomi établissent rapidement le contact avec XL Recordings (qui a notamment signé Basement Jaxx, The XX, Vampire Weekend, FKA Twigs ou encore Adele). Elles montent sur scène d’abord à Paris, où des membres du label font le déplacement pour assister à l’un de leurs concerts, puis à Londres, où les jumelles rencontrent Richard Russell, qui leur propose illico de bosser sur un album. En attendant celui-ci (dont la sortie n’est pas encore prévue), l’EP Oya est disponible depuis début septembre en digital. Autant dire qu’à bien des égards, l’avenir s’annonce radieux pour Ibeyi, qui vient d’ailleurs d’être ajouté au lineup de la 27ème édition du festival Les inRocKs Philips aux côtés de Damon Albarn et de Moodoïd.

 

Ça ressemble à quoi ?

En quelques chansons, les deux sœurs d’Ibeyi se sont attaquées à un univers qu’elles connaissent sur le bout des ongles (la culture Yoruba, donc) tout en déjouant ses codes parfois routiniers. Oya impose ainsi des harmonies vocales d’une rare beauté, River une soul ouverte sur le monde et Mama Says un jazz presque minimaliste. On songe parfois à Björk, mais c’est surtout à un formidable brassage culturel que l’on pense lorsqu’on écoute ce duo interpréter ses compositions, chantées tour à tour en anglais, en français, en espagnol ou en yoruba.

 

 

A quoi ça ne ressemble pas ?

Apparemment, James Blake, King Krule, Nina Simone ou Meshell Ndegeocello font partie de leurs panthéons respectifs. Difficile pourtant d’établir des connexions avec tous ces artistes. Car là où ces derniers subliment le spleen, Ibeyi opte pour des compositions lumineuses et pleines de vie.

 

Que faut-il faire de ces artistes ?

Attendre avec impatience l’album qui s’annonce, ni plus ni moins. Puisque peu d’informations ont pour le moment fuité, tout ce qu'on sait pour l'instant, c'est qu’il a été composé dans l’intimité, qu’il est dédié à leur père et à leur sœur aînée et qu’il est produit par Richard Russell. Ce qui est tout de même un sacré gage de réussite.

 

++ La page Facebook, le compte Twitter et le site officiel d'Ibeyi.

++ Dans le cadre du festival Les inRocKs Philips, Ibeyi sera en concert le 12 novembre prochain au Casino de Paris.

 

 

Maxime Delcourt.