Bonjour, qui êtes-vous ?
Arthur Peschaud : Arthur Peschaud, fondateur et gérant du label Pan European Recording.

Qui a trouvé le nom du label et le regrettez-vous ?
Du temps de la bande à Turzi, dans un van lors d’une tournée. Je regrette un peu la faute d’orthographe (il devrait y avoir un "s" à "Recording", ndlr) mais en fait je crois que ça fait classe.

Il y a un chef chez vous ou vous êtes en autogestion, pourriture communiste ? 
Il y a bien des chefs chez nous, mais ils sont uniquement spirituels. Jah, Lennon et Usain Bolt en ce qui me concerne.

Les labels sont-ils, comme les albums et la guitare, des objets du passé ?
Pan European Recording n’est pas un objet du passé, c’est un attribut du futur. 

Pourquoi y a t-il aujourd'hui plus de labels que de groupes ?
Bah, le meilleur moyen pour un groupe qui n’arrive pas à signer c’est bien de monter un label, non? D’où le nombre de labels et de mauvais groupes… C’est normal.

Sachant que l'idée de «style musical» est fasciste, quel style musical défendez-vous dans votre label ?
On défend juste la musique et le droit d’en écouter. Par contre, attention : uniquement des trucs super. Il est là le fascisme - on ne rigole pas du tout avec ça, par chez nous.

Si vous étiez sur MySpace, quel serait l'univers de votre label ?
Un truc genre Unis vers l’Uni de Michel Jonasz, le maître de l'Univers.

Trois morceaux qui résumeraient la politique artistique du label ?
Ganja Smuggling - Eek a Mouse
Pink Floyd - Set the Control for the Heart of the Sun
OMD - Of all the Things we’ve Made

Hipster, normcore, ou les deux ?
Plutôt rasta, hippie ou hip-hop. 


L'underground, ça veut encore dire quelque chose pour vous ?
Ça veut souvent dire être coupé de lumière du jour pendant de longues plages de vie, ce qui est pas mal notre cas...

N'est-on pas un peu toujours l'indie de quelqu'un ?
Alors dans ce cas, je voudrais être l’indie de Stevie Wonder.

Ne mentez pas : votre rêve, c'est de devenir mainstream en vrai ?
Ce n’est pas déjà le cas ? Alors le rêve n’est pas réalisé encore.

Quel est votre modèle économique (LOL) ?
Le situationnisme.

Non, sérieusement, comment gagnez-vous de l'argent ?
Euh… En vendant des disques. (LOL bis)

 
On est d'accord, la musique aujourd'hui, c'est gratuit ; pourquoi voulez-vous encore la vendre ?
Quand t’achètes un truc, tu l’aimes d’avantage - je ne sais pas pourquoi mais c’est comme ça. C’est complètement con et ça pousse des gens comme moi à acheter des tas de vinyles que je connais par cœur et que je n’ai plus envie d’écouter dès que je les ai. Mais c’est un truc rassurant, ça donne l’impression de ranger ses souvenirs dans une grande bibliothèque. Une sorte de guerre perpétuelle contre l’oubli et la dégénérescence du cerveau.

Quelle est l'importance du live pour vous aujourd'hui ?
Je pense que c’est essentiellement pour prouver aux gens que l’artiste est vraiment vivant, ou que c’est une vraie personne. Personnellement, je n’en suis malgré tout pas toujours convaincu...

Vos activités dépassent-elles la seule musique (merci de ne pas prononcer «transmédia» ou «collectif») ?
Euh, je ne sais pas, tu veux dire genre «diversification» ? J’ai toujours eu le fantasme de monter une ligne de sportswear avec des joggings intégraux en peau de pêche. Peut-être un jour...


Un avis sur Hadopi (répondre par non ou par non) ?
Je ne suis pas Hadopi.

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes artistes qui voudraient vous envoyer leurs démos, à part «plus personne n'envoie de démos» ?
Je leur demanderais d’écouter plus attentivement les groupes du label avant d’envoyer.

Crédit photos : Fleur Morel, Axelle Von Dorpp, Juan Trip, Eat Gas.

++ Le site officiel de Pan European Recording, la page Facebook et les comptes Twitter et Soundcloud.