Bonjour, qui êtes-vous ?
Nous sommes microqlima. Dans le dictionnaire, ça veut dire : «ensemble des conditions climatiques observables dans un espace de très faible étendue, isolé du milieu général». 

Qui a trouvé le nom du label et le regrettez-vous ?
C'était moi, il y a 5 ans. Entretemps, je me suis un peu occupé avec autre chose et j’y suis revenu cette année. Non, rien de rien, je ne regrette rien - au contraire, il exprime bien la ligne artistique, c’est-à-dire zéro direction : peu importe le «genre», chaque artiste est une espèce rare qu’il faut cultiver dans un climat particulier, ne pas forcément suivre les saisons. 

Il y a un chef chez vous ou vous êtes en autogestion, pourriture communiste ? 
Alors vu que je suis tout seul, c’est facile : les deux.


Les labels sont-ils, comme les albums et la guitare, des objets du passé ?
Tout à fait. Les labels, ces fantômes du passé et qui existent pourtant encore, comme la radio, le rock, Facebook, les casques HD-25, les majors… Alors qu’à l’inverse, tant de choses du futur ont déjà disparu : le mini-disc, MySpace, le digital download, Ello, la minimale, Hadopi, Le Mouv’…

Pourquoi y a t-il aujourd'hui plus de labels que de groupes ?
Toi, tu ne vas pas tous les jours sur Soundcloud ! Parce que pour un label qui se crée chaque semaine sans business model, il y a dix groupes qui décident de conquérir le monde sans mélodies.

Sachant que l'idée de styles musicaux est fasciste, quel style musical défendez-vous dans votre label ?
Le plus large et le plus vide de sens : la POP. Comme ça, on est bons.

Si vous étiez sur MySpace, quel serait l'univers de votre label ?
Le Qosmos. 

 


Trois morceaux qui résumeraient à la politique artistique du label ?
Michel Berger - La bonne musique 
Notorious B.I.G. - Kick In The Door
Eddy Louis - Blues For Klook 

Hipster, normcore ou les deux ?
Quelle est la différence entre un canard ?

L'underground, ça veut encore dire quelque chose pour vous ?
Ça n'a jamais rien voulu dire : 


N'est-on pas un peu toujours l'indie de quelqu'un ?
Et le cowboy d'un autre.

Ne mentez pas : votre rêve, c'est de devenir mainstream en vrai ?
On l'est déjà ! 

Quel est votre modèle économique (LOL) ?
Néant.

Non, sérieusement, comment gagnez-vous de l'argent ?
Sérieusement, on n'en gagne pas. Au mieux, le disque est remboursé, les artistes perçoivent des royalties, et le bénéfice est investi dans le disque suivant. Le sources de revenus sont multiples : disques, événements, éditions / synchros...

On est d'accord, la musique aujourd'hui, c'est gratuit ; pourquoi voulez-vous encore la vendre ?
Ah, mais la musique en soi, on ne la vend pas (ou presque pas), puisqu’en comparant le coût de production d’une chanson - en euros et en temps - aux dixièmes de centimes que rapportent le streaming, elle est effectivement déjà gratuite. L’Art est à la fois gratuit et d’une valeur inestimable. Ce n’est pas qu’on veut vendre, mais si l'on veut pouvoir produire un second disque après avoir tout mis dans le premier, on est bien obligés de faire payer un tout petit peu la musique d’une manière ou d’une autre. La question, c’est bien la manière, le support : pour le moment, on n’est pas en mesure de monnayer suffisamment notre musique par des moyens alternatifs pour distribuer nos vinyles gratuitement dans la rue. Et encore, est-ce qu’on aurait vraiment envie de pouvoir donner gratuitement des disques sponsorisés par RedBull ou par Carrefour ? Donc on vend de jolis objets contenant la musique - ou autour de la musique, ou le droit de l’utiliser... mais pas la musique en elle-même. D’ailleurs, c’est drôle de monter un label tout en étant soi-même un pirate frénétique. 


Quelle est l'importance du live pour vous aujourd'hui ?
Les concerts ne rapportent rien directement aux labels, et pourtant c'est crucial. Car indirectement, c’est ce qui fait tenir un groupe, un disque, un public ensemble. C’est le ciment.

Vos activités dépassent-elles la seule musique (merci de ne pas prononcer «transmédia» ou «collectif») ?
Pour le moment non, mais à terme, il sera impossible de se cantonner à la seule production et édition phonographiques, en tout cas. 

Un avis sur Hadopi (répondre par non ou par non) ?
Qui ça ?

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes artistes qui voudraient vous envoyer leurs démos, à part «plus personne n'envoie de démos» ?
Jette tes 100 premières chansons, la vie est longue et belle.
Garde la 101ème, celle qui a une mélodie jolie et des paroles un peu folles.
Continue, publie avec parcimonie, exprime-toi sur scène et fais-toi des copains.
N'envoie rien, laisse faire la nature.

Crédit photos : 4ntoine.

++ microqlima sera présent au Marché des Labels Indépendants qui se tiendra le Samedi 7 Octobre 2017 (le jour de Nuit Blanche), à l’Espace des Blancs Manteaux de 11h à minuit.
++ Le site, la page Facebook et le compte Instagram du label.