Bonjour, qui êtes-vous ?
Raphaël d'Hervez : Raphaël d'Hervez, co-directeur artistique de Futur Records.

Qui a trouvé le nom du label et le regrettez-vous ?
Nous avons trouvé ce nom lors d'une fin de soirée. C'est possible de regretter une fin de soirée mais c'est difficile de regretter le futur.

Il y a un chef chez vous ou vous êtes en autogestion, pourriture communiste ? 
On aime bien faire croire qu'on fonctionne en collectif, mais en fait, Quentin Gauvin est le chef des jours pairs et moi le chef des jours impairs. Aujourd'hui par exemple, c'est Quentin le chef - et c'est pour ça que c'est moi qui dois répondre à cette interview.


Les labels sont-ils, comme les albums et la guitare, des objets du passé ?
Tout à fait d'accord, sauf quand tu t'appelles «futur», du coup tu es un objet du futur. Comme la saison 6 de Game Of Thrones en DVD. 

Pourquoi y a t-il aujourd'hui plus de labels que de groupes ?
Probablement parce que mon pote Môme Gormak a sorti 5 maxis sur 5 labels différents l'année dernière. C'est de sa faute.

Sachant que l'idée de styles musicaux est fasciste, quel style musical défendez-vous dans votre label ?
On défend avant tout le rap, même si on n’a malheureusement jamais réussi à sortir un album de ce style musical pour le moment.

Si vous étiez sur MySpace, quel serait l'univers de votre label ?
Un univers de grands docteurs.

Trois morceaux qui résumeraient la politique artistique du label ?
Même si la politique c'est mal, je vais quand même choisir les trois derniers morceaux que Quentin a postés sur notre tumblr, qui est le meilleur tumblr du moment juste devant Brain Magazine :
Unknown Mortal Orchestra - Can't Keep Checking My Phone
Rhum For Pauline - Boyshake Lady
Disco Anti Napoléon - UFO

Hipster, normcore, ou les deux ?
On aime tous les styles, sauf peut-être ceux où il faut mettre un pull col V rose très cher sur les épaules. Enfin ça dépend, ça peut être hyper-stylé quand même.

L'underground, ça veut encore dire quelque chose pour vous ?
Ça ne veut surtout plus dire grand-chose depuis qu'on a une fenêtre dans le studio du label.

N'est-on pas un peu toujours l'indie de quelqu'un ?
Désolé, mais ça me fait penser à ma cousine India. Ça fait longtemps que je ne l'ai pas vue, et je voudrais profiter de cette interview pour lui faire un bisou. 


Ne mentez pas : votre rêve, c'est de devenir mainstream en vrai ?
Tout le monde le sait, pas besoin de mentir. Être mainstream, c'est notre rêve absolu.

Quel est votre modèle économique (LOL) ?
Ça change assez souvent. Avant c'était la Grèce, mais maintenant c'est plutôt la Chine.

Non, sérieusement, comment gagnez-vous de l'argent ?
Principalement grâce à la publicité que nous font les interviews, exceptées celles dans Brain Magazine.

On est d'accord, la musique aujourd'hui, c'est gratuit ; pourquoi voulez-vous encore la vendre ?
La musique ne devrait pas être gratuite, et on la vend encore un peu parce que quand tu achètes l'album de Disco Anti Napoleon en vinyle, tu as vraiment très peu de chance d'entendre une publicité pour Super U dedans.
 
Quelle est l'importance du live pour vous aujourd'hui ?
Le live, c'est l'occasion d'écouter de la musique vivante avec des petites erreurs dedans qui rendent ta guitariste préférée cool et humaine. C'est aussi l'occasion de boire des coups, rencontrer des gens, faire la fête, et surtout, c'est l'occasion de ne pas regarder la télévision.

Vos activités dépassent-elles la seule musique (merci de ne pas prononcer «transmédia» ou «collectif») ?
J'ai déjà prononcé le mot «collectif» au début de l'interview, mais sinon, on donne pas mal de cours de natation durant l'été, mais on essaye d'arrêter. On organise aussi notre premier festival du 9 au 11 juillet à Nantes : ça concerne l'activité de la musique mais aussi l'activité de la nourriture, de la boisson, de l'amour et de l'amitié.

Un avis sur Hadopi (répondre par non ou par non) ?
Je ne comprends toujours pas à quoi ça sert vu que personne n'a d'amende. Je ne comprends pas non plus pourquoi ça n'existe pas depuis 1998.

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes artistes qui voudraient vous envoyer leurs démos, à part «plus personne n'envoie de démos» ?
Je leur conseillerais de faire du rap très novateur, ou alors d'enregistrer leurs démos sur un format rare ou bizarre. Si un jour, je reçois une démo sur mini-K7 par exemple (celle des vieux dictaphones), trouver un moyen de l'écouter deviendrait automatiquement ma nouvelle obsession.

Crédit photos : Clément Dousse / Félix Amadeus / Pierre Ströska.

++ La page Facebook et le compte Soundcloud de Futur Records.